Jura

08 mai 2012 11:14; Act: 08.05.2012 11:38 Print

Pékin veut juger les deux réfugiés ouïghours

Lorsque la Suisse a accueilli, il y a deux ans, deux réfugiés ouïghours, ex-prisonniers de Guantanamo, Pékin n'a pas apprécié. Pour la Chine, il s'agit de terroristes qui doivent être rapatriés et traduits en justice.

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Les deux Ouïghours vivent à Delémont (JU). (Photo: Keystone)

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Interrogées sur place à Urumqi sur leurs ressortissants réfugiés en Suisse, les autorités de la république autonome du Xinjiang renvoient au Ministère des affaires étrangères à Pékin. D'autres interlocuteurs affirment sèchement «ne pas être au courant». Motus et bouche cousue.

«Les présumés terroristes chinois détenus à Guantanamo sont des membres du Mouvement islamique du Turkestan oriental, une organisation terroriste sur la liste du comité des sanctions créé par la résolution 1267 du Conseil de sécurité de l'ONU», a affirmé ensuite à l'ats, par écrit, le Ministère des affaires étrangères à Pékin.

Menace directe

«Ce sont des terroristes qui représentent une menace directe et sérieuse à la sécurité nationale de la Chine et qui devraient être transférés aux autorités judiciaires chinoises», a ajouté le Ministère.

Pékin souligne qu'en vertu de la résolution 1373 du Conseil de sécurité de l'ONU, tous les pays doivent refuser d'accueillir ceux qui financent, planifient ou commettent des actes terroristes. La Chine est hostile à la libération ou au transfert des suspects par les Etats-Unis vers des pays tiers, a encore indiqué le Ministère chinois.

Pékin affirme que la décision prise par la Suisse en 2010, malgré l'opposition de la Chine, d'accueillir «deux suspects chinois détenus à Guantanamo a nui au développement des relations sino- helvétiques».

«La Chine espère que la Suisse prendra au sérieux les préoccupations de sécurité de la Chine, tiendra compte des intérêts des relations bilatérales et de sa propre sécurité et honorera ses obligations internationales en plaçant les deux suspects sous stricte surveillance et en les rapatriant en Chine», a déclaré le Ministère.

«Nous espérons que la Suisse renoncera à recevoir des présumés terroristes chinois détenus à Guantanamo et empêchera ces suspects chinois d'entrer en Suisse ou de s'y installer sous quelque prétexte que ce soit», a conclu le Ministère chinois des affaires étrangères.

Pas de troisième Ouïghour

En 2010, la Suisse avait décidé pour des raisons humanitaires d'accueillir deux ouïghours présumés membres d'Al-Qaïda, arrêtés par les Américains en Afghanistan, détenus à Guantanamo, mais lavés ensuite de tout soupçon. En mai 2011, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a débouté un 3e prisonnier ouïghour, ex-détenu à Guantanamo, hébergé après sa libération aux îles Palaos, et qui avait demandé l'asile en Suisse.

Ces Ouïghours appartiennent à un groupe de 22 hommes de la minorité musulmane et turcophone, arrêtés en Afghanistan fin 2001 et totalement blanchis de toute accusation de terrorisme par l'administration Bush puis Obama.

Sur les vingt-deux Ouïghours, dix-sept ont été libérés dans des pays tiers, comme l'Albanie (qui en a accueillis 5), les Bermudes (4), l'archipel pacifique de Palau (6) et la Suisse (2).

(ats)