Berne

10 janvier 2018 10:57; Act: 10.01.2018 12:47 Print

Terrains de foot saccagés au glyphosate

Pour se venger, l'ancien associé d'un fournisseur de peinture injectait de l'herbicide dans les bidons destinés au marquage des pelouses.

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(Photo: Keystone/Peter Schneider)

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«C'est un sillon profond de 5 centimètres qui s'est creusé sous les lignes», témoigne Alain Wyss, président du FC Court (BE) dans «Le Matin». Comme lui, trois autres clubs de football bernois et jurassiens ont vu leur terrain saboté après une histoire rocambolesque, qui a récemment trouvé son épilogue judiciaire.

Les faits remontent à l'automne 2015. Claude Ciocchi, le président du FC Courroux à l'époque, un village proche de Delémont, remarque alors la détérioration étrange de sa pelouse: «le gazon jaunissait sur les lignes». La peinture, renouvelée chaque semaine par le jardinier, ne tenait plus sur l'herbe et le gazon a fini par sécher, créant un marquage naturel qui, malheureusement pour le FC Courroux, n'était pas agréé par l'Association suisse de football (ASF). Idem pour le FC Franches-Montagnes et le FC Moutier qui ont connu pareille mésaventure.

Immanquablement, tous les regards se sont tournés vers le fournisseur de peinture qui a été dénoncé à la justice jurassienne, rapporte le quotidien orange. Par prudence, le FC Court s'est rapidement tourné vers un autre marchand, tandis que les Loups sont restés fidèles à leur fournisseur habituel. Si les bidons suivants n'ont pas posé de problème, le jaunissement est rapidement réapparu avec ceux d'après.

Un drôle de stratagème

Des analyses en laboratoire ont rapidement confirmé les soupçons. La peinture était responsable. C'est finalement une caméra de vidéosurveillance qui a mis à jour le coupable de ces méfaits: l'ancien associé du fournisseur, lequel possédait toujours une partie de l'entrepôt. Son astuce: introduire à la seringue du glyphosate dans les bidons de peinture. L'herbicide n'avait ensuite plus qu'à faire effet.

Depuis, l'homme a été reconnu coupable de dommages à la propriété et condamné à 70 jours-amendes à 70 francs, assortis d'un sursis de deux ans et près de 1000 francs d'amendes ajoutés à quelque 4700 francs de frais, précise «Le Matin». La remise en état des terrains de football aura quant à elle coûté 5000 francs, remboursés par l'assurance du fournisseur. Claude Ciocchi raconte qu'il a fallu gratter la terre contaminée, la remplacer, utiliser des vers de terre pour la régénérer et semer un nouveau gazon.

Aujourd'hui, les différentes pelouses ont retrouvé de leur superbe et les différents clubs concernés ont pu reprendre le chemin des terrains pour commencer leur préparation en vue de la reprise du championnat.

(jfe)