Automobile

21 juillet 2017 10:31; Act: 21.07.2017 10:45 Print

L'avenir des moteurs sera électrique

Sous l'impulsion chinoise, l'essence va gentiment laisser sa place à l'électricité pour propulser les véhicules.

storybild

Volvo a déclaré récemment faire le pari du tout vert. (Photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Même des experts renommés ne tablaient pas sur un avenir rutilant pour les voitures électriques jusqu'ici: des véhicules trop peu écologiques et d'une autonomie réduite, selon eux. Ce choix technologique a toutefois été fait pour des raisons très différentes.

Volvo a déclaré récemment faire le pari du tout vert. Dès 2019, le constructeur suédois a promis la fin des véhicules équipés d'un seul moteur à combustion. Un «nouveau chapitre» dans l'histoire de l'automobile s'ouvre, d'après lui.

Tous les acteurs de la branche ne sont pas du même avis. Il y a quelques mois seulement, le directeur général de Mazda Europe, Jeffrey Guyton, déclarait que l'avenir du groupe japonais n'était pas électrique. Certes, il y aura plus de propulsions alternatives d'ici à 2020, «mais les voitures hybrides ou électriques ne figurent pas au coeur de notre stratégie», affirmait-il dans un entretien.

L'avenir montrera qui de Volvo ou de Mazda a adopté la meilleure stratégie. Selon le professeur à l'EPFZ Konstantinos Boulouchos, qui dirige le Centre de compétences suisses pour une mobilité efficace, une nette tendance se dégage. «En ce moment, il est clair que la voiture du futur sera électrique», indique-t-il à l'ats.

Konstantinos Boulouchos y voit une raison essentielle: la Chine. L'empire du Milieu a créé de nouvelles conditions dans la production automobile. En sus de la grandeur du pays et de la forte pollution atmosphérique dans de nombreuses villes, ce nouveau cadre est dû à une stricte politique industrielle.

Choix politique

La Chine ambitionne, en effet, de produire des véhicules pour son propre marché. Celui-ci étant énorme, elle deviendra une superpuissance automobile et le centre des technologies de la mobilité futures. Le gouvernement chinois a décidé de privilégier les véhicules électriques pour des raisons techniques et d'approvisionnement, relève Konstantinos Boulouchos.

Les constructeurs chinois ne parviendront pas à rattraper leur retard par rapport aux occidentaux dans les moteurs à essence. Dans la mobilité électrique en revanche, ils disposent des matières premières nécessaires ainsi que du potentiel industriel et financier pour dominer le marché, estime l'expert. «Ainsi, la Chine a toutes les cartes en main pour inverser la tendance.»

Dans ce contexte, il n'est pas surprenant que Volvo veuille faire figure de pionnier sur le marché de la voiture électrique. Le groupe appartient, depuis 2010, au chinois Geely. Des rachats de constructeurs ou d'équipementiers occidentaux peuvent donc faire partie de la stratégie d'expansion chinoise.

Centrales à charbon polluantes

Le fait que la Chine opte pour la mobilité électrique ne signifie pas qu'il s'agit de la meilleure réponse aux problèmes environnementaux. «La meilleure solution reste pour le moment les voitures à essence et hybrides», affirme l'expert.

La raison en est la production d'électricité. En Europe par exemple, une part importante de l'électricité reste produite par les centrales à charbon, une énergie très nuisible pour le climat.

«Si l'on veut réduire principalement les émissions de CO2, il serait préférable de remplacer d'abord les centrales à charbon au lieu de les exploiter pour les véhicules électriques», relève Konstantinos Boulouchos. Ce serait clairement la façon la plus rapide d'abaisser les émissions de CO2 pour les 10 à 15 prochaines années.

A long terme toutefois, la fermeté de la mise en oeuvre va déterminer le développement de cette technologie. «Si l'on dépense beaucoup d'argent dans les énergies nouvelles et que l'on investit dans l'expansion du réseau de transmission, le changement peut également réduire les émissions». Dans ce but, il conseille aux Etats européens de renforcer leur engagement en termes de politique industrielle.

Chine en bonne position

«Il est important que l'industrie européenne ne soit pas décrochée, surtout dans le domaine des batteries», dit-il. Le Vieux Continent est déjà en retard dans la production. La Chine a renforcé sa propre position en s'assurant de droits d'exploitation minière importants en Afrique dans les matières premières pour les batteries.

Les batteries sont également un point faible de la mobilité électrique sur un plan technique, selon Konstantinos Boulouchos. C'est une illusion de qualifier la recharge rapide de grand progrès, car aucune batterie ne supporte jusqu'à présent une utilisation sur la durée.

Reste que la transformation industrielle est en cours. «Nous avons tous sous-estimé la rapidité avec laquelle les prix baissent et combien les autorités politiques travaillent d'arrache-pied à réduire les émissions de CO2 des voitures», conclut l'expert.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • J.-L Bernard le 21.07.2017 12:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Autonomie électrique

    Bon! Question technique? Quelle autonomie en km aurons-nous ? (Malgré tout avec mon véhicule familial en ce moment, je fait environ 780 km sans refaire le plein) Les tests de véhicules électriques se font toujours dans de superbes conditions météos, et pas l'hiver. (Neige, froid, nuit, clim dégivrage, chauffage intérieur, phares, etc,etc) Et les batteries qu'il faudra recycler ?

  • Pour mémoire le 21.07.2017 11:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Électricité = nucléaire

    C'est marrant, personne ne semble réaliser que électrique signifie nucléaire...

  • joe le 21.07.2017 11:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    joe

    Le véhicule électrique n'est pas écolo, depuis sa fabrication à son recyclage... abuser de quelque chose ne mène nulle part : profiter de différentes carburants permettrait d'éviter les problèmes...

Les derniers commentaires

  • Dr. Brunner le 22.07.2017 13:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Électricité: Faux problème

    Et si on comptait dans l'autre sens ? Il faut énormément d'électricité pour produire et distribuer 1 litre d'essence. En fait plus que ce qu'une voiture électrique consomme pour parcourir la même distance (7-22 km, 14 km en moyenne)! Conclusion: Passer le parc automobile en électrique consommera moins d'électricité globalement ! Et pas de pétrole ni de pollution de l'air !

    • dkupf le 22.07.2017 19:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Dr. Brunner

      Oui c'est juste un rapport établi la consommation électrique à 8 kW par litres distribué. Sans compter les autres pertes...

  • Le Grisonnais le 22.07.2017 11:06 Report dénoncer ce commentaire

    Electricité, oui !

    Ce sera un bien pour l'environnement, et on n'aura plus cette odeur d'essence dans les narines...

  • Mr.P le 22.07.2017 10:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    love atmo

    nah laissez moi mon v6 busso et vtec japonais bande rapetou!

  • jps@jpnet.ch le 22.07.2017 10:29 Report dénoncer ce commentaire

    exemple

    J'ai parcouru 3300 km à l'étranger en voiture électrique .ceci avec recharge sur des bornes. Pendant ce temps mes panneaux solaires ont produit assez d' énergie pour parcourir 8200 Km , C'est cela l'écologie .

    • James Watt le 22.07.2017 11:05 Report dénoncer ce commentaire

      être ou ne pas être au courant

      Un moteur électrique, c'est un rotor qui tourne dans un stator. Il y a beaucoup moins de pièces en mouvement que dans les moteurs à combustion. (pas d'admission, pas d'explosion, pas d'échappement, pas de catalyseur....) et, sous un volume réduit, il produit beaucoup plus de puissance. La boîte à vitesse est aussi superflue. Le défi futur résidera dans les batteries. Le reste est excellent.

  • Eric Zucker le 22.07.2017 10:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Article inexact

    L'article est fondamentalement inexact. Une voiture électrique pollue nettement moins qu'un modèle à essence même rechargée avec l'électricité du réseau actuelle. En Suisse on a une électricité plutôt propre. La part de renouvelable dans le réseau augmente d'année en année et du coup le bilan énergétique aussi. Il n'y a pas que le CO2. En particulier les particules fines issues des moteurs essence et diesel posent de graves problèmes de santé. Recherchez GASOMEP. La voiture électrique suffit pour la grande majorité des besoins, il restera toujours quelques exceptions.

    • None le 22.07.2017 10:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @ Eric Zucker

      Dites-moi pour quelle raison Tesla refuse, sous prétexte de ne pas avoir toutes données mais pas en bonne position, de donner une analyse de cycle de vie de leur véhicule (bilan d'énergie grise)?? Je leur ai demandé et ils savent très bien que ce genre d'étude enfoncerait totalement leur marque dans les Abysses s'ils devaient fournir une preuve que leurs véhicules sont parfaitement écolo, du début à la fin! Une batterie de plusieurs centaines de kg ne peut pas être produite et recyclée (s'ils y arrivent) de manière écologique...

    • None le 22.07.2017 10:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @ Eric Zucher

      L'article parle bien de l'avenir des véhicules électrique au niveau mondial... La Suisse n'est pas le centre du monde! Votre réflexion est juste mais l'article n'est pas faux comme vous le dites...

    • Dr. Brunner le 22.07.2017 13:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @None

      Même si l'électricité était uniquement produite par une centrale à charbon moderne, la voiture électrique émettrait moins de CO2 qu'une voiture à essence.