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30 janvier 2017 09:42; Act: 30.01.2017 11:22 Print

Une cartographie des neurones à la naissance

L'atlas mis à jour par des chercheurs de l'UNIGE sera utile pour l'étude de maladies comme l'autisme ou la schizophrénie

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Image d'illustration (Photo: Keystone)

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Le développement du cortex cérébral joue un rôle central dans l'évolution des espèces, en particulier chez l'humain. Des neuroscientifiques de l'Université de Genève (UNIGE) ont analysé la diversité des neurones du cortex, plus précisément les interneurones inhibiteurs, lors de la période de développement entourant la naissance.

Notre cortex cérébral est constitué de deux types principaux de neurones: les excitateurs (80%), responsables de l'activité cérébrale, et les inhibiteurs (20%), chefs d'orchestres qui dirigent l'activité des excitateurs, a indiqué lundi l'UNIGE dans un communiqué.

L'équipe d'Alexandre Dayer, professeur aux Départements de psychiatrie et des neurosciences fondamentales de l'UNIGE, s'est intéressée aux neurones inhibiteurs lors de la phase périnatale, soit juste avant et juste après la naissance. Chez l'adulte, plus d'une vingtaine de sous-types de ces neurones sont répertoriés.

«Nous avons rendu les neurones inhibiteurs phosphorescents chez des souris. Nous avons ensuite choisi trois âges d'étude: juste avant la naissance de la souris, à deux jours et à cinq jours. A l'aide de la technique dite de cytométrie de flux, nous avons isolé les neurones qui nous intéressaient, puis nous avons étudié l'expression génique de chacune de ces cellules», explique Alexandre Dayer, cité dans le communiqué.

Trois groupes de neurones

Séquencer ces cellules a permis aux scientifiques d'identifier trois groupes de neurones, plus précisément dans les jours qui suivent la naissance. Ils ont aussi découvert que la localisation de ces trois sous-types d'interneurones inhibiteurs varie en fonction de leur identité génétique.

«Ce qui est surprenant, c'est que l'un des groupes identifiés se situe dans la matière blanche, et non dans la matière grise, comme c'est le cas habituellement», ajoute le Pr Dayer.

En effet, la matière blanche contient les nombreuses fibres qui permettent de transmettre les informations de l'activité neuronale qui, elle, prend naissance dans la matière grise. Pour les scientifiques de l'UNIGE, reste encore à savoir quel rôle joue ce groupe neuronal à cet emplacement et quand les autres sous-types de neurones inhibiteurs apparaissent dans le temps.

Des thérapies plus ciblées

Les analyses détaillées de l'expression génique de chaque cellule appartenant à ces trois groupes d'interneurones inhibiteurs sont mises à disposition de la communauté scientifique sur un site internet. Ces recherches sont importantes dans l'étude de maladies neuro-développementales, car les interneurones corticaux sont une cible privilégiée dans des maladies telles que l'autisme et la schizophrénie.

«Dorénavant, nous allons pouvoir comparer les cellules perturbées par une maladie lors du développement embryonnaire à cet atlas de référence», explique Alexandre Dayer. Il s'agira de trouver à quel stade de développement apparaît la perturbation génétique, puis de mettre au point des thérapies qui cibleront directement les cellules concernées à des moments développementaux précis.

C'est dans cette direction que les futurs travaux de l'équipe s'orientent, dans le cadre du Pôle de recherche national Synapsy. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature Communications.

(nxp/ats)