Réchauffement

06 avril 2013 10:26; Act: 06.04.2013 13:09 Print

Et si le vin «made in Sweden» était la norme?

Avec le changement climatique, de nouvelles régions viticoles pourraient voir le jour.

storybild

Le raisin pourrait souffrir de la sécheresse dans certaines zones du globe, en raison du réchauffement climatique. (photo: Keystone)

Une faute?
Signalez-la nous!
Envoyer

Nous sommes en 2050. Les amateurs de vin s'arrêtent chez Ikea pour acheter quelques caisses d'un cru de Suède. Un rêve scandinave?

Peut-être pas, pour les experts en oenologie et climatologie, qui voient le changement climatique en cours redessiner la carte mondiale des vignobles.

Alors que des territoires nouveaux vont pouvoir accueillir des vignobles, les régions viticoles traditionnelles sont sous la menace de l'augmentation des températures et des sécheresses prolongées.

«Certains sont alarmistes, moi je préfère être dans le camp des optimistes», tempère Fernando Zamora, chercheur en oenologie et professeur à l'Université espagnole Rovira i Virgili de Tarragone.

«Je ne doute pas qu'il y aura toujours des vignobles dans les régions traditionnelles, mais il faut qu'elles réfléchissent à de nouvelles stratégies.» «Il y aura de nouvelles zones de vignobles. Cela ne fait aucun doute.»

«En Allemagne on commence à faire des vins élégants dans des endroits où par le passé cela était excessivement difficile» et «au Danemark on commence déjà à produire du vin», souligne le chercheur.

Des régions touchées

La Tasmanie, certaines régions de Nouvelle-Zélande, le sud du Chili, l'Ontario et d'autres régions du Canada ainsi que l'Angleterre, la Moselle (France) et la région du Rhin en Allemagne sont quelques-uns des territoires qui pourraient tirer profit du changement climatique.

«Est-ce-que les régions viticoles actuelles pourront continuer à faire pousser les mêmes variétés de raisin et à produire les mêmes styles de vins? Si ce que nous savons aujourd'hui est exact, il y a fort à en douter», renchérit Gregory Jones, professeur d'oenologie à l'Université de Southern Oregon (Canada).

M. Zamora et M. Jones sont membres d'un programme international sur le changement climatique dans les forêts et l'agriculture (ACCAF) piloté par l'INRA, l'Institut national de recherche agronomique .

Augmentation de deux degrés

Les climatologues travaillant avec l'industrie du vin prédisent que les températures vont augmenter de deux degrés Celsius d'ici à 2050. Il y aura aussi plus de phénomènes climatiques extrêmes.

Or, le stress hydrique, les changements brutaux de températures, les averses inopportunes et le gel sont quelques-unes des variables ayant un profond impact sur l'équilibre des sucres et de l'acidité, la maturité des tanins et la palette des arômes du vin.

Ainsi, certains vins blancs, autrefois renommés comme vifs et délicats, deviennent plus gras avec des notes florales, de même que les vins rouges de structure moyenne se sont transformés en bombes fruitées, riches et concentrées.

«En Alsace, le changement climatique est déjà un problème car il transforme le profil aromatique et l'équilibre des sucres et des acidités», dit Jean-Marc Touzard, coordinateur de l'ACCAF. Reste à savoir si le consommateur appréciera.

Moins de sucre

A l'inverse, dans le Beaujolais (sud-est de la France), un climat plus chaud augmente la qualité du vin alors que les vignerons étaient autrefois contraints d'ajouter du sucre pour soutenir les niveaux d'alcool dans les vins rouges de table.

«En 2003, lors de la canicule, nos vins ressemblaient à des Côtes-du-Rhône»(plus haut de gamme), reconnaît le délégué général de l'interprofession du Beaujolais, Jean Bourjade.

Dans le Languedoc, un temps plus chaud et plus sec produit des vins plus robustes avec une teneur en alcool plus élevée. Mais «les vignerons ont déjà commencé à s'adapter en plantant des vignes plus en altitude et sur des sols différents», indique M. Touzard.

Une autre solution consiste à changer de variété de raisin en se tournant vers des variétés indigènes adaptées à des climats chauds tels la Sicile, la Grèce, l'Espagne ou le Portugal.

Selon M. Jones, «il existe pour le seul Portugal de 100 à 150 variétés indigènes dont nous ne connaissons rien encore». «Celles les plus au sud, dans des endroits véritablement très chauds, possèdent un potentiel génétique pouvant résoudre à l'avenir les problèmes de tolérance à la chaleur», avance-t-il.

(ats/afp)

Immobiliers

powered by

Trouvez des immobiliers

NPA
Loyer à
Pièces à

Trouver des locataires? Passer une annonce maintenant sur homegate.ch