Selon une étude

25 juin 2015 12:24; Act: 26.06.2015 17:45 Print

L'efficacité du cannabis médical n'est pas prouvée

L'efficacité thérapeutique du cannabis est limitée selon les symptômes, révèle une étude américaine. Mardi, la Confédération annonçait qu'elle tiendrait compte des vertus thérapeutiques de la marijuana.

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L'analyse de 79 essais cliniques menés sur 6500 participants suggère que ce psychotrope est lié à une amélioration variable des symptômes, mais aucun de ces essais cliniques ne parvient à le démontrer statistiquement, estiment les chercheurs dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Les auteurs ont constaté que les cannabinoïdes pourraient être bénéfiques pour traiter des douleurs neuropathiques chroniques et les spasmes provoqués par la sclérose en plaques.

Mais ils ont trouvé des preuves jugées faibles que la marijuana procure une amélioration pour les cancéreux qui ont des nausées et des vomissements provoqués par la chimiothérapie ainsi que chez des personnes souffrant d'insomnie ou du syndrome de Tourette. Quant à l'anxiété et à la dépression, aucune amélioration n'a été constatée. Cette recherche montre également un risque accru de plusieurs effets secondaires, dont certains graves. Les plus fréquents sont des étourdissements, la bouche sèche, la nausée, la fatigue, la somnolence, l'euphorie, des vomissements, la désorientation, la confusion, la perte d'équilibre et des hallucinations.

«Il serait prudent d'attendre» avant de légaliser

Les chercheurs n'ont découvert aucune différence claire pour ce qui est des effets bénéfiques ou néfastes selon le type de cannabinoïdes et le mode d'administration. Il existe quelque 100 cannabinoïdes dans la plante de cannabis. Selon les auteurs, il est nécessaire «d'effectuer des essais cliniques étendus solides pour confirmer les effets des cannabinoïdes, ainsi que des recherches supplémentaires pour évaluer la plante de cannabis elle-même étant donné qu'il existe peu de données scientifiques décrivant ses effets».

Aux États-Unis, 23 États et Washington D.C., la capitale fédérale, ont légalisé l'utilisation médicale du cannabis et de nombreux autres pays ont des lois similaires. «Si l'objectif des États dans cette légalisation est seulement d'ordre médical et non un moyen de décriminaliser la marijuana, pourquoi ce psychotrope n'est pas soumis au même processus rigoureux d'approbation que les médicaments», s'interrogent les docteurs Deepak Cyril D'Souza et Mohini Ranganathan de la faculté de Médecine de Yale (Connecticut). Selon eux, «il serait prudent d'attendre avant de permettre un usage étendu du cannabis, d'avoir des preuves solides de ses différents effets afin d'élaborer un processus rationnel d'approbation».

(afp)