Etats-Unis

17 août 2016 23:26; Act: 18.08.2016 11:28 Print

Un insecte résistant aux pesticides fait peur

Cet insecte, une «mouche blanche», est porteur de virus faisant redouter une catastrophe pour l'agriculture.

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Des hibiscus dans une pépinière à Miami. On vient de découvrir que l'insecte, porteur de virus dévastateurs pour les cultures, s'est répandu dans la nature en Floride (Photo: Keystone/Kerry SHERIDAN)

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Un puceron résistant aux pesticides et porteur de virus dévastateurs pour les cultures a été trouvé pour la première fois dans la nature aux Etats-Unis, soulevant de nombreuses inquiétudes pour les récoltes de fruits et de légumes.

Ce puceron a été repéré en avril dans les jardins manucurés du riche comté de Palm Beach, en Floride (sud-est), où les jardiniers pulvérisent pourtant régulièrement des insecticides sur les parterres de fleurs et les arbustes.

L'insecte, d'une des espèces les plus invasives au monde, avait déjà été trouvé dans une pépinière privée en Arizona (sud-ouest) il y a plus de dix ans et a depuis été signalé dans plus de 20 Etats. Mais, à chaque fois, il était dans des serres ou chez des pépiniéristes, pas dans la nature.

Une première

C'est la première fois qu'il est découvert en pleine nature sur le sol américain, ce qui constitue une réelle menace pour les cultures de tomates, de haricots, de coton ou de melons.

«Le problème va être beaucoup plus difficile à contrôler» et ces pucerons pourraient bien ne jamais être éradiqués, estime Lance Osborne, professeur d'entomologie à l'Université de Floride.

«Ce qui les rend vraiment différents, c'est cette résistance aux pesticides», a-t-il prévenu lors d'un rassemblement de plusieurs dizaines de producteurs qui souhaitaient en apprendre davantage sur ce nuisible à Homestead, zone agricole près de Miami. «Le meilleur traitement que nous avons tue 90-91% d'entre eux», reprend M. Osborne.


Cent maladies virales

Les pucerons consomment l'humidité des feuilles, et leurs déjections permettent le développement de champignons. Les feuilles brunissent, ce qui rend la photosynthèse plus difficile. En outre, ces insectes transportent plus de 100 maladies virales qui affaiblissent les plantes et peuvent rendre fruits et légumes non comestibles.

Il y a des dizaines de pucerons différents de par le monde. Celui-ci, dit de biotype Q (Bemisia tabaci, de son nom scientifique), trouverait son origine dans les régions méditerranéennes, probablement dans les champs de tomates en Espagne et au Portugal, des pays où le puceron est entre temps devenu résistant aux pesticides.

Europe vigilante

Le danger est pris très au sérieux en Europe, où les autorités appellent les agriculteurs à la vigilance, et jusqu'en Israël où, là aussi, le puceron résiste aux traitements.

Pour le ministère de l'Environnement du Royaume-Uni, cet insecte «a le potentiel pour devenir un fléau majeur».

En Floride, il a été trouvé depuis avril dans plus de 40 endroits sauvages à travers cet Etat. Ce puceron peut vivre sur 600 sortes de plantes différentes, dont 300 sont cultivées en Floride, selon le département de l'Agriculture.

«Outre le fait qu'il est résistant aux pesticides, nous sommes aussi inquiets à cause du nombre de plantes dont il peut s'accommoder», reprend M. Osborne. «Ils trouveront toujours quelque chose dans le sol à quoi s'attaquer».

Risque sérieux

Le «biotype Q» n'a pas encore fait de gros dégâts en Floride mais les autorités multiplient les contrôles et inspections, préparant des plans pour tenter de contrôler la prolifération de ce puceron en imposant par exemple des quarantaines quand nécessaire.

«Le puceron biotype Q représente un sérieux risque pour l'industrie agricole en Floride, qui représente 120 milliards de dollars, et les deux millions d'emplois qui en dépendent», prévient Adam Putnam, commissaire pour l'agriculture de Floride.

D'autres types de pucerons sont considérés comme ayant contribué aux famines en Afrique et ont semé la pagaille dans le monde agricole du sud des Etats-Unis dans les années 1980 et 1990.

Agriculteurs sensibilisés

Les agriculteurs de la région ont de ce fait été sensibilisés à ce danger et sont encouragés à contrôler régulièrement leurs plants. Ils peuvent aussi envoyer gratuitement des échantillons au laboratoire du ministère américain de l'Agriculture (USDA) pour des analyses. Et les autorités mènent de nombreux contrôles inopinés, même si ça ne plaît pas à tout le monde.

M. Osborne a appelé les agriculteurs à ne pas paniquer: l'arsenal d'insecticides existant aujourd'hui est plus efficace qu'il y a 30 ans et «on peut mieux contrôler les infestations si on combine les produits et qu'on établit un programme» de lutte, a-t-il assuré.

Il n'existe toutefois pas de formule magique et si ces insecticides sont plus puissants qu'auparavant, ils sont aussi accusés de décimer les populations d'abeilles et autres insectes pollinisateurs nécessaires aux cultures.

Et étant donné la nature résistante de l'adversaire, des solutions naturelles ou bio ne marcheraient pas, regrette M. Osborne.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • ça val'chalet! le 18.08.2016 08:02 Report dénoncer ce commentaire

    et on se réveil pas là??

    multi-résistants à quoi? aux pesticides? voilà tout simplement la conséquence de l'usage intensif de produits chimique; la nature s'adapte, c'est comme pour les antibio, les virus deviennent résistent. que faire alors? pour les pucerons: introduire ses prédateurs naturels comme la coccinelle p.ex., pour les antibio: suivre les travaux russes des années 50's quand ils ont choisi la voie des anticorps alors que l'Occident à choisi les antibio brevetables. nos fossoyeurs sont les industries chimiques et pharma! mais ces lobbies sont si puissants qu'ils font même plier nos chers politiciens...

  • sebs le 18.08.2016 07:58 Report dénoncer ce commentaire

    Je parie que...

    ...monsanto & Cie vont nous "trouver" une solution miracle... qui tomberait étrangement à pic pour relancer leurs ventes...

  • valaisanne le 18.08.2016 07:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    cocci

    mettre une colonie de coccinelle serait une bonne idée c'est la meilleur mangeuse de puceron

Les derniers commentaires

  • L' Ami le 18.08.2016 14:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    faites comme je dis et non comme j ' achete

    quand le consomateur commencera a acheter et manger des fruits et legumes taches non traites , pour prendre seulement cet exemple, on aura fait un grand pas contre les pesticides.

  • Entomologiste le 18.08.2016 13:41 Report dénoncer ce commentaire

    Aleurode et non puceron !!

    Pour information : Bemisia tabaci est une aleurode et non un puceron ! L'aleurode ne consomment pas l'humidité des feuilles, elle consomme la sève de la plante ce qui engendre son affaiblissement et la transmission de virus ! Cet insecte est présent en France depuis 2001 principalement sur légumes sous abris (tomates, concombres...). Un peu de précision ne fait pas de mal...

  • Albert H le 18.08.2016 12:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ha bon

    Monsanto va bien nous pondre une énième molécule archi dangereuse.... et faire du profit.

  • Sofia le 18.08.2016 09:11 Report dénoncer ce commentaire

    Un grand merci à Monsanto et Bayer

    car grâce à leurs dévires agro-chimiques, la nature a trouvé un moyen bien pire pour éradiquer les cultures. Eh oui, la nature trouve, toujours, le moyen de contourner les dérives humaines et ce n'est jamais à l'avantage de l'homme.

  • Linou B. le 18.08.2016 09:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trop de pesticides tue le pesticide

    A force d utiliser des pesticides pour tout et n'importe quoi, les pucerons aussi ont développé une forme de résistance > merci Monsanto et Bayer Ét toutes vos saloperies de produits qui détruisent la terre et maintenant les cultures aussi, en plus D intoxiquer nos organismes