Environnement

24 avril 2017 23:17; Act: 25.04.2017 08:31 Print

Une larve dévoreuse de plastique suscite l'espoir

Des chercheurs ont découvert une larve capable d'ingérer le polyéthylène, un espoir pour le traitement de ce plastique.

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(Photo: Image d'illustration / @velkr0 - Flickr Creative Commons)

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La découverte d'une larve capable de dévorer le polyéthylène, l'une des matières plastiques les plus résistantes, utilisées dans de nombreux emballages, offre la perspective de bio-dégrader rapidement ce polluant qui s'accumule dans l'environnement, notamment les océans.

«Les déchets plastiques sont un problème environnemental mondial, surtout le polyéthylène, particulièrement résistant et qui est très difficilement dégradable naturellement», explique Federica Bertocchini, une chercheuse au Centre espagnol de la recherche nationale (CSIC), auteur de la découverte de cette larve de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella), un papillon très répandu.

Chaque année, quelque 80 millions de tonnes de polyéthylène sont produites dans le monde, précisent ces chercheurs dont la découverte est publiée lundi dans la revue américaine Current Biology.

Cette larve, élevée commercialement en grand nombre pour servir d'appât pour la pêche, est à l'état sauvage un parasite des ruches qui se niche dans la cire d'abeilles, partout en Europe.

Cette scientifique, également apicultrice amateur, a observé que les sacs en plastique dans lesquels elle plaçait la cire des ruches infectée par ce parasite, étaient rapidement criblés de trous.

D'autres observations avec un sac de supermarché au Royaume-Uni, soumis à une centaine de ces larves, ont montré que celles-ci pouvaient endommager le plastique en moins d'une heure.

«Extrêmement rapide»

Des trous commençaient à apparaître après seulement quarante minutes et au bout de douze heures, la masse de plastique du sac était réduite de 92 milligrammes, ce qui est considérable, expliquent ces chercheurs.

Ils soulignent que ce taux de dégradation est «extrêmement rapide» comparativement à d'autres découvertes récentes telle que celle d'une bactérie, l'an dernier, qui peut également dégrader certains plastiques mais au rythme de 0,13 milligramme par jour seulement.

Les auteurs de cette dernière découverte, pensent que la larve de la fausse teigne de la cire n'ingère pas seulement le plastique mais qu'elle le transforme ou le brise chimiquement avec une substance produite par ses glandes salivaires.

Grande échelle

«L'une des prochaines étapes sera de tenter d'identifier ce processus moléculaire et de déterminer comment isoler l'enzyme responsable», expliquent-ils.

«S'il s'agit d'une simple enzyme on pourra alors la fabriquer à une échelle industrielle grâce à la biotechnologie», estime Paolo Bombelli de l'Université de Cambridge au Royaume-Uni, un des principaux co-auteurs de ces travaux.

Selon lui, «cette découverte pourrait être un outil important pour éliminer les déchets de plastique polyéthylène qui s'accumulent dans les décharges et les océans.»

400 ans dans la nature

Le polyéthylène est surtout utilisé pour l'emballage et compte pour 40% de la demande totale des produits plastiques en Europe dont 38% se retrouvent dans des décharges. Mille milliards de sacs plastiques sont utilisés dans le monde chaque année et chaque individu utilise en moyenne chaque année plus de 230 de ces sacs, produisant plus de 100'000 tonnes de déchets.

Actuellement, le processus de dégradation chimique de ces déchets plastiques avec des produits très corrosifs comme l'acide nitrique peut prendre plusieurs mois. Laissés dans la nature, il faut environ un siècle pour que ces sacs plastique se décomposent complètement. Pour les plastiques les plus résistants, ce processus peut prendre jusqu'à 400 ans.

Environ huit millions de tonnes de plastique sont déversés tous les ans dans les mers et océans du globe, selon une étude publiée en 2015 dans la revue américaine Science. Les scientifiques pensent qu'il pourrait y avoir jusqu'à 110 millions de tonnes de déchets en plastique dans les océans. Des petits fragments de plastiques peuvent être absorbés par les poissons et les autres espèces marines.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Lola le 25.04.2017 08:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Éducation nécessaire

    L'être humain est un porc, il préfère jeter ses déchets dans la nature plutôt que dans une poubelle. Les détritus qui jonchent les bords du lac après des journée plages/fêtes en sont la preuve. Il faut éduquer les gens et leur apprendre que non, tous les déchets ne se décomposent pas facilement dans la nature !

  • ecolobizounours et fière de l'être le 25.04.2017 08:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    supprimons le plastique

    et si nous arretions simplement d'utiliser des sacs en plastique? que chaque individu sur terre se rende compte de son comportement et se responsabilise ! je vois venir ceux qui estiment que environnement n'est pas leur problème. Allez donc respirer un bon coup de pot d'échappement, mangez donc un petit sac en plastique, ejectez vous quelques bons petits pesticides. Vous trouvez absurde? c'est pourtant ça que vous faites subir au autres êtres vivants de cette planète !

  • Ecologie le 25.04.2017 09:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Plus de plastics plus de pollution

    Et pourquoi pas une loi qui interdirait tout simplement la FABRICATION et donc l'UTILISATION de ces sacs !!!! CQFD !!!!!

Les derniers commentaires

  • Punky1 le 26.04.2017 15:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Réfléchiser !

    En lisant ces commentaires je me demande si vous réfléchisez à ce que vous ditent. Si on produit ces larves à grande échelle et qu'elles bouffent le plastique qui traîne dans la nature et dans les déchetteries sa sera bien pour les pollueurs qui continueront à polluer plus, mais aussi il y aura une invasions de papillon qui iront s'en prendre aux ruches et exterminerons les abeilles. Souvenez-vous de ce que Monsieur Einchtein disait ! Le jour ou il n'y a plus d'abeilles sur terre, l'humanité n'aura plus que trois ans à vivre ? Cette production à grande échelle n'est pas forcément bien, c'est à nous les humains d'être respectueux de la nature.

  • Angie le 26.04.2017 15:15 Report dénoncer ce commentaire

    Organigramo-écolo

    L'éducation certes ( ça fait bien des années qu'on le répète d'ailleurs ) mais ça ne règle pas les milliers de tonnes de plastiques produits à travers le monde. Arrêtons de le produire sous cette composition, il y a des prototypes résistant à base d'algues biodégradables, faisons nos courses avec des sacs réutilisables, et décomposant le plastique coincé dans les décharges avec cette enzyme au concept très ressemblant à ce que j'avais proposé en 2015 sur ma page artistico-écolo de réseaux social.

  • Fait vivre le 25.04.2017 23:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    l'espoir

    J'espère que cette larve va devenir un magnifique papillon quand elle a fini de manger, car il va en avoir partout dans le monde et en grande quantité

  • Intransis Jean le 25.04.2017 18:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vive les larves

    Pour supprimer le polyéthylène, on pourrait élever des centaines de milliards de ces larves qui, quand elles auront tout boulotté, pourraient s'attaquer à l'être humain pour régler définitivement le problème, et adieu les apprentis-sorciers.

  • lollololo le 25.04.2017 16:07 Report dénoncer ce commentaire

    Cause / Effet

    Et produire moins de plastique...? Non ? Moins polluer ? Tout le monde s'en fout ? ......