
Plus d’un couple sur deux divorce en Suisse romande. Si Neuchâtel détient la palme avec près de 60% des mariages se terminant par une séparation, Vaud et Genève ne sont pas loin. L'institution du mariage tremble sur sa base.
Comment vivre au mieux, ou au moins mal, la séparation, une étape qui s’apparente pour beaucoup à un échec? En réussissant son divorce, tout simplement. Le salon «Ensemble pour un nouveau départ» qui se tient cette fin de semaine à Lausanne propose justement aux anciens époux de vivre une transition en douceur dans le parcours d’une vie.
«En Suisse, les gens sont plus fermés. Ils n’osent pas dire les choses», note Véronique Lagorce, organisatrice du salon. «J’ai rencontré des gens divorcés depuis dix ans, qui vivaient toujours comme avant leur rupture. Ils se sont détruits». Forte de son expérience personnelle, elle propose aujourd’hui un soutien aux nouveaux divorcés. Tentative de décryptage d'un phénomène social nouveau.
Comment vous est venue cette idée d’organiser ce salon?
- En rentrant en Suisse après dix ans à l’étranger, j’ai rencontré beaucoup de gens en pleine séparation, d’autres qui avaient vécu des divorces mais qui étaient toujours dans leur ancienne histoire. Comme j’ai vécu une divorce-party aux Etats-Unis, j’ai remarqué que c’était un véritable soulagement pour cette personne.
Pourquoi organiser une fête de séparation?
- C’est une sorte de rituel païen, qui répond à une besoin: celui de tourner la page. La religion juive pratique par exemple un acte de démariage devant le rabbin. On ne fête pas le divorce. On fête le début d’une nouvelle vie. Et ce rituel permet de se présenter sous sa nouvelle identité, devant sa famille et ses proches. Cela doit être bien clair dans la tête des gens.
Que vous disent les gens qui viennent vous voir?
- Ils ont souvent envie de franchir ce pas, mais ils n’osent pas. Il y a souvent trop de réticences parmi les proches. Comme c’est nouveau, ça peut encore choquer. Nous, nous aidons simplement à tourner la page. Après une séparation, on a le droit de continuer à vivre, d’aller de l’avant. Le divorce, c’est une étape très douloureuse. Il faut la garder comme une étape de vie et non comme un échec.
Didier Bender
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