Zurich

08 mars 2018 19:07; Act: 08.03.2018 20:14 Print

«Combien de fois j'ai dit stop? C'était un demi-viol»

Une ado a accusé son ex-petit ami d'avoir abusé d'elle à deux reprises. Mais l'apprenti a été acquitté mercredi, et cela malgré certains éléments compromettants.

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Une faute?

«Des doutes persistent.» Tels ont été les mots du juge du Tribunal de district de Meilen (ZH), mercredi, à l'annonce du verdict. Il a acquitté un jeune homme de 19 ans, accusé d'avoir violé son ex-copine, âgée de 16 ans au moment des faits.

L'issue du procès est d'autant plus étonnante qu'une conversation en ligne compromettante entre l'accusé et la victime présumée a été présentée lors de l'audience. «C'était un demi-viol! Combien de fois j'ai dit «stop»? Combien de fois je t'ai repoussé?», avait ainsi écrit la mineure après la première agression présumée. Le prévenu, lui, avait répondu: «Je ne voulais pas en arriver là. Tu as raison. Je suis désolé. Pardonne-moi.»

«Je voulais parler avec elle»

Interrogé par la Cour, le Macédonien, qui a grandi en Suisse, a expliqué que ses excuses ne se référaient pas aux accusations de viol, mais à une dispute que le couple avait eue. «Elle voulait rompre tout contact, mais moi, je voulais parler avec elle.»

Selon la «Zürichsee-Zeitung», le couple s'était réconcilié après cette première agression présumée. Mais peu après, l'accusé aurait violé l'ado une seconde fois, dans sa voiture, sur un parking public d’Erlenbach (ZH). La mineure avait finalement porté plainte contre lui.

«Elle a mis toute la faute sur moi»

Face au juge, l'apprenti n'a cessé de clamer son innocence. Il a assuré que les rapports sexuels étaient consentis. «Elle a des racines kosovares et est musulmane. C'est pour ça qu'elle a dû se justifier pour son premier rapport sexuel, qu'elle a ensuite prétendu avoir regretté. Elle a mis toute la faute sur moi.»

Reste que pour le Ministère public, il n'y a pas l'ombre d'un doute: l'accusé a bel et bien violé son ex. Il estime non seulement que leur chat en ligne est une preuve suffisante, mais rappelle également que les médecins ont constaté divers hématomes sur le corps de la jeune femme après que celle-ci avait déposé plainte. Il a demandé une peine de prison de 4 ans. L'avocate de la victime présumée, elle, a par ailleurs requis un dédommagement de 25'000 francs.

L'avocate de la défense a quant à elle demandé l'acquittement de son client, tout comme un dédommagement de 10'000 francs. Selon elle, l'apprenti a été accusé à tort. Elle a par ailleurs rappelé qu'après le premier incident, la victime présumée a continué à écrire au prévenu tout en faisant des allusions sexuelles. «Tout cela est juste impensable si elle avait réellement été victime d'un viol.»

«Soyez plus sensible à l'avenir!»

Pour finir, la Cour a tranché en faveur de l'accusé. Selon elle, le récit concernant le viol dans la voiture n'est pas cohérent. Elle a aussi estimé que les hématomes avaient pu être causés lors de rapports sexuels consentis. Et même si le tribunal a qualifié de «plus crédible» le premier incident, il a souligné qu'il n'existait aucune preuve concrète pour un acte de violence. La Cour a donc décidé d'acquitter le Macédonien et de lui accorder un dédommagement de 4000 francs. Le jugement n'est pas encore entré en force.

Avant de clore l'audience, le juge a néanmoins durci le ton envers l'apprenti. Il lui a fait comprendre que son comportement était tout sauf noble. «Soyez plus sensible à l'avenir!»

(ofu)