Bâle-Campagne

07 décembre 2017 21:13; Act: 08.12.2017 13:19 Print

«Je crois que je viens de faire un accident»

Un jeune homme a été condamné mercredi à Bâle-Campagne pour avoir renversé deux piétonnes, en 2014 à Pratteln. Circonstance atténuante: le diabétique était en pleine crise d'hypoglycémie au moment des faits.

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Impossible pour Tobias* de se rappeler comment il est arrivé, en mars 2014, sur le parking situé juste à côté de l'aire d'autoroute Windrose, à Pratteln (BL). En reprenant ses esprits, le diabétique, alors âgé de 22 ans, était assis au volant d'une voiture, endommagée, et les aiguilles de sa montre indiquaient 22h, rapporte ce jeudi la «Basler Zeitung». Une fois arrivé à la maison, il a envoyé un message à sa petite amie, désormais devenue sa femme: «Apporte-moi un Red Bull. Je crois que je viens de faire un accident.» C'est à ce moment précis que le jeune homme s'est rendu compte qu'il avait conduit la voiture d'un ami alors qu'il était en hypoglycémie. Son permis de conduire lui avait pourtant été retiré deux ans auparavant (lire encadré).

Le lendemain, la police s'était pointée à sa porte pour lui expliquer ce qu'il avait fait pendant son délire. Il avait en effet percuté frontalement deux piétonnes, âgées de 16 et de 17 ans. Sous l'effet du choc, elles avaient été propulsées dans des buissons en bord de route. Blessées, elles avaient été emmenées à l'hôpital. Mais la course folle du jeune diabétique ne s'était pas arrêtée là. Il avait aussi mis en danger deux autres piétons, détruit cinq poteaux de circulation et embouti le grillage du parking où il s'était finalement «réveillé».

Responsable ou non?

Son procès s'est ouvert mercredi au Tribunal pénal de Bâle-Campagne, trois ans et demi après les faits. Le coeur du débat tournait autour de la question suivante: dans quelle mesure un diabétique peut-il être tenu pour responsable de ses actes dans ce type de situation?

Interrogé par les juges, l'accusé a assuré qu'il ne se souvenait de rien. Même pas d’être monté à bord de la voiture. Or, comme le souligne la «Basler Zeitung», cette déclaration contredit celle qu'il avait faite lors de son interrogatoire. Il avait en effet raconté aux agents qu'il n'avait plus rien à manger chez lui, raison pour laquelle il avait décidé d'aller faire les courses.

La procureure, elle, est persuadée que Tobias était conscient au moment de se mettre au volant. Elle a donc demandé une peine pécuniaire avec sursis de 320 jours-amende.

Peine pécuniaire avec sursis

La Cour a eu également beaucoup de peine à croire que le jeune diabétique se soit mis au volant de l'auto alors qu'il était en plein délire. «Vous avez consciemment pris le volant alors que vous ressentiez déjà les premiers signes d'une hypoglycémie et sans avoir de permis de conduire», ont estimé les juges. Selon eux, Tobias a pris en compte le risque de provoquer un accident.

Le Bâlois a finalement écopé d'une peine pécuniaire de 200 jours-amende, assortie d'une période probatoire de 4 ans.

*Prénom d'emprunt

(ofu)