Sondage sur la discrimination

20 avril 2017 20:12; Act: 22.04.2017 10:57 Print

«Les LGBT sont souvent traités de dégoûtants»

par F. Arnold/N. Thelitz/ofu - 48% des Suisses pensent que les membres de la communauté des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres sont discriminés. Les personnes concernées revendiquent le droit à l'adoption et au mariage.

storybild

(Photo: Keystone/Walter Bieri)

Sur ce sujet
Une faute?

Le 8 mars dernier, des milliers de personnes sont descendues dans la rue à l'occasion de la journée internationale des droits de la femme... mais également de ceux de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres).

Selon un sondage en ligne (lire encadré) de «20 Minuten», 43% des Suisses pensent que les gens ont raison de se mobiliser. En revanche, 51% des personnes interrogées estiment que le mouvement des femmes s'engage uniquement pour les membres de la communauté LGBT par crainte de ne plus trouver de thèmes pour lesquels se battre.

«Beaucoup de gens concernés souffrent»

De manière plus générale, 48% des Suisses trouvent que les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres sont victimes de discrimination dans notre pays. Ce sont surtout les jeunes âgés entre 18 et 35 ans (52%), les femmes (61%) et les personnes vivant en ville (52%) qui partagent cet avis. Les autres 52% des sondés ne pensent pas que les LGBT soient discriminés en Suisse.

Pour Stella Jegher, de l'organisation des droits de l'homme Queeramnesty, ces résultats montrent qu'il y a encore un gros effort à faire en terme de sensibilisation et d'information. Elle rappelle ainsi que contrairement à d'autres pays la Suisse n'autorise pas aux membres de la communauté LGBT d'adopter des enfants ou de se marier. «Beaucoup de gens concernés souffrent de ne pas pouvoir fonder une famille et élever des bambins.»

Agressions verbales et physiques

Stella Jegher rend également attentif aux crimes de haine dont sont victimes les personnes concernées: «Nous recevons de nombreux appels de personnes qui ont été agressées verbalement ou physiquement alors qu'elles étaient de sortie.» En vue de ces déclarations, il n'est donc pas étonnant que la Suisse se place en 24e position sur 49 dans le classement 2016 de Rainbow Europe sur les pays les plus «gay friendly». Notre pays fait moins bien que la Croatie, la Hongrie et l'Albanie.

Selon Bastian Baumann, directeur de l'organisation Pink Cross, les LGBT souffrent aussi au quotidien: «Nos membres nous racontent avoir été licenciés après leur coming out ou ne pas avoir obtenu l'appartement qu'ils souhaitaient parce que le propriétaire ne voulait pas d'homosexuels.» Les attaques verbales sont également très pesantes pour les victimes: «Souvent, ils se font traiter de 'contre-nature' ou de 'dégoûtants'.»

«Qu'ils vivent comme ils le souhaitent»

Pour Hans-Peter Portmann, conseiller national (PLR/ZH) homosexuel, ces faits sont certes regrettables, mais il donne une autre image de la situation: «En comparaison internationale, la Suisse ne fait pas si mal en termes de droits accordés aux LGBT. Qu'une personne comme moi ait été élue au Parlement ne va pas de soi dans tous les pays.» Selon lui, l'égalité entre LGBT et hétérosexuels est atteinte à 80%.

Le président de l'Union démocratique fédérale (UDF) Hans Moser, lui, affirme que les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres ne sont pas victimes de discrimination en Suisse. «Les gays ne sont pas discriminés. Qu'ils vivent comme ils le souhaitent», explique-t-il tout en ajoutant que selon lui le droit à la reproduction et au fondement d'une famille est réservé aux hétérosexuels.