«Sadique sexuel» jugé en Argovie

22 août 2017 11:54; Act: 22.08.2017 12:09 Print

«Pourquoi tu me fais ça?» - «Parce que ça me plaît»

Un sexagénaire est accusé d'avoir drogué et violé sept femmes. Son procès s'est ouvert mardi au Tribunal de district de Brugg (AG).

storybild

On ignore quand le verdict sera prononcé. (Photo: Capture d'écran Tele M1)

Sur ce sujet
Une faute?

Contrainte sexuelle, viol, acte d'ordre sexuel sur une personne incapable de discernement ou de résistance, mise en danger de la vie d'autrui, lésion corporelle, pornographie illicite, violation de la loi sur les stupéfiants et faux dans les titres: tous ces délits figurent sur la longue liste des chefs d'accusation dressée contre Urs W., 63 ans. Son procès s'est ouvert mardi matin au Tribunal de district de Brugg (AG). Le sexagénaire avait été arrêté en 2014. A l'époque, la presse l'avait surnommé le «sadique sexuel argovien».

On reproche à l'accusé d'avoir agressé sexuellement sept femmes et d'avoir documenté les faits en filmant les agressions. Les victimes étaient principalement des Africaines, vivant dans une situation financière précaire. Toutes cherchaient une relation stable ou voulaient rencontrer quelqu'un et se marier.

Rohypnol et GHB

Urs W. a rencontré sa première victime au Maroc; les autres sur des sites de rencontres. Sur internet, il leur proposait 2000 francs à condition qu'elles prennent un médicament. Sa manière de procéder était ensuite toujours la même: il faisait avaler aux femmes le tranquillisant Rohypnol ou leur donnait du GHB, également appelé la drogue du violeur. Les quantités étaient si grandes que les femmes ont subi des altérations de la conscience et ne pouvaient plus se défendre.

Dans l'acte d'accusation, on peut lire que de telles altérations de la conscience peuvent avoir des conséquences fatales. S'ajoute le fait que le prévenu a également mis la vie de ses victimes en danger en bloquant les voies respiratoires des femmes. Il leur a introduit dans la bouche son pénis, un vibromasseur ou d'autres objets.

Décharges électriques

Sur les vidéos tournées par Urs W., on voit comment il torturait les femmes, notamment en leur donnant de petites décharges électriques, en leur mettant un écarteur dans la bouche ou en les blessant avec des pincettes à linges. On le voit aussi les frapper, les violer et les forcer à lui faire une fellation.

Toutes les tentatives des victimes de se défendre sont restées vaines. Lorsque l'une d'entre elles lui a demandé «Pourquoi tu me fais ça?», il lui a répondu: «Parce que ça me plaît.» Une expertise psychiatrique atteste que les risques pour qu'Urs W. récidive sont grands. L'expertise note également que son comportement semble bien être celui d'un «sadique sexuel».

Plantation de cannabis

Les sombres agissements du prévenu ont été découverts par hasard. Après avoir trouvé chez lui une grande plantation de cannabis, en mars 2014, les enquêteurs étaient tombés sur les nombreuses vidéos dans le cadre de la perquisition qui avait alors été menée. Outre les enregistrements produits par le prévenu, les policiers étaient aussi tombés sur 48 films pédopornographiques ainsi que 15 vidéos zoophiles.

L'enquête a révélé que la plantation de chanvre était gérée de manière professionnelle par le sexagénaire. Celui-ci était parvenu à empocher un bénéfice de 125'000 francs en l'espace de trois mois.

On ignore encore quelle peine le procureur demandera et quand le verdict sera prononcé. Urs W. se trouve en exécution anticipée des peines depuis 2015.

(ofu/jen/lüs/ats)