Horlogerie

18 mars 2010 11:43; Act: 18.03.2010 11:50 Print

Baselworld 2010 s'ouvre dans l'optimismeBaselworld 2010 s'ouvre dans l'optimisme

Baselworld 2010 marque le retour de l'horlogerie helvétique dans le bon sens, selon François Thiébaud.

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Un léger vent d'optimisme souffle sur la 38e édition de Baselworld. (photo: Keystone)

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Le président des exposants suisses, mais aussi patron de Tissot et membre de la direction générale de Swatch Group, livre son sentiment à l'ouverture du salon bâlois.

«Je sens un léger vent d'optimisme, disons plutôt une brise...»: François Thiébaud reste prudent en matière de météorologie horlogère pour la Suisse. Alors que s'ouvre la 38e édition de Baselworld - un rendez-vous crucial pour prendre la température du secteur -, le patron de Tissot résume la situation encore fragile.

«Distributeurs et importateurs ne veulent pas prendre de risque. L'environnement économique est difficile, regardez par exemple ce qui se passe en Grèce», explique-t-il.

L'industrie horlogère suisse, qui se relève à peine d'une année noire, est donc sur le qui-vive. «J'espère que la reprise s'améliore, mais il n'est pas sûr qu'elle se perpétue», estime François Thiébaud.

Mais le coup de grisou de 2009 aura eu du bon, a en croire le discours délivré presque unanimement par les organisateurs du salon. «La crise a amené du bon sens, de la sérénité dans la refléxion. Elle a permis de se creuser les méninges», selon le patron des exposants suisses à Baselworld.

L'heure, c'est l'heure

C'est tout l'esprit bling-bling qui en pris un coup avec la crise. «Il y a aussi une remise en cause de l'extravagance et davantage de raison. Nous sommes dans un monde où tout n'est pas nécessaire», rappelle François Thiébaud. «L'heure est la même quel que soit le prix!»

D'une édition à l'autre, des marques ont disparu du paysage horloger réuni à Bâle. «Les marques qui ont disparu sont celles qui étaient déraisonnables, celles qui pensaient que la cherté était nécessaire», selon François Thiébaud. «La valeur de la montre doit correspondre à la valeur de la marque.»

«Je l'avais dit avant la crise: attention à ceux qui profitent!», rappelle-t-il. «Et la récession a fait l'effet d'un coup de frein.»

Questions qui fâchent

La récession a touché les enseignes, mais plus généralement le personnel, qui a fondu de près de 5000 professionnels de l'horlogerie dans la tourmente. «La première économie à ne pas faire, c'est le personnel», insiste François Thiébaud.

En tant que patron des exposants suisses et membre de la direction de Swatch Group, François Thiébaud ne pourra pas éviter certaines questions sensibles dans les allées de Baselworld. En premier lieu, le thème qui secoue actuellement le landernau horloger, à savoir la volonté du groupe de Nicolas Hayek de ne plus livrer de mouvements à ses concurrents.

Mémoire courte

«Il est clair qu'à Bâle, on est amené à se voir, et se regarder avec la concurrence», avance François Thiébaud. «Les gens se plaignent? Mais est-ce que ces mêmes personnes ont oublié que lorsque la crise est apparue, ils étaient les premiers à annuler leurs commandes?», lance-t-il.

«Les gens ont la mémoire courte», déplore le patron de Tissot. «Et puis d'autre part, est-ce que des marques comme Jaeger-Lecoultre donnent son savoir-faire à l'extérieur? Le problème des composants ne date pas d'aujourd'hui.»

La décision de Swatch Group «a permis aux autres de se remettre en cause, nous stimulons la concurrence», martèle François Thiébaud. «Pour moi, le monopole est l'opposé de la créativité.»

(ats)