Primes maladie

28 septembre 2017 13:19; Act: 28.09.2017 18:50 Print

Les cantons romands sont les moins bien lotis

La hausse va même dépasser 5% dans la plupart des cantons romands en 2018. La progression est également plus forte chez les enfants.

Une faute?

Les primes de l'assurance maladie de base augmenteront de 4% en moyenne en 2018 pour les adultes, et même de 5% pour les enfants, d'après les données publiées jeudi par l'Office fédéral de la santé publique. Les cantons romands sont les plus touchés.

Comme toujours, ce taux moyen cache de grandes différences selon les assurés. La hausse la plus forte, de 6,4%, concerne le canton de Vaud. Dans ceux du Valais ( 5,9%), de Genève ( 5,4%) et de Neuchâtel ( 5,4%), la hausse est clairement au-dessus de la moyenne. Seul Fribourg, parmi les romands, est en dessous (3,8%).

Selon le canton, la hausse de la prime standard, c'est-à-dire l'assurance obligatoire des soins pour un adulte avec une franchise de 300 francs comprenant la couverture accidents, sera comprise entre 1,6% et 6,4%. L'augmentation sera inférieure à 3% dans huit cantons (LU, OW, ZG, AI, GL, NW, SZ, UR), voire même 2% pour les cinq derniers. Elle dépassera 5% dans quatre autres (GE, NE, VD, VS). Dans les 14 autres, elle se situera entre 3% et 5%.

Berset appelle tous les acteurs à faire des efforts

Le Conseil fédéral est préoccupé par la hausse permanente des primes maladie, mais il agit pour tenter de la contrer, a dit jeudi Alain Berset. Le ministre de la santé a toutefois aussi appelé tous les partenaires et acteurs du secteur à se sentir concernés et à faire des efforts.

Si les primes augmentent davantage ( 4%) que les coûts de la santé ( 3,8% en 2016), c'est notamment parce que certaines caisses doivent renflouer des réserves insuffisantes ou ont un besoin de rattrapage car leurs primes étaient fixées trop bas, a détaillé Alain Berset devant les médias à Berne. Ces deux facteurs correspondent à environ 1 point de pourcentage de la hausse.

Pour expliquer la croissance plus forte dans la plupart des cantons romands, certains médias ont évoqué Assura et le Groupe Mutuel, qui ont des grandes part de marché dans ces cantons et qui doivent faire face à ces problèmes de réserves insuffisantes et de primes trop basses. Interrogé à ce sujet, Alain Berset a confirmé ce scénario, sans toutefois citer nommément les deux caisses mentionnées.

Rares baisses

Illustration des grandes différences qui apparaissent selon la situation de chaque assuré, il s'en trouve même certains dont les primes vont baisser l'an prochain. Quelque 200'000 assurés seront dans ce cas, plutôt de l'ordre du symbolique, surtout que pour trois quarts d'entre eux, cette baisse sera inférieure à cinq francs par mois, d'après les tableaux publiés par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Si les primes ne devaient répondre qu'à la hausse prévue des coûts, leur augmentation moyenne ne serait que de 3%. Le pourcent supplémentaire, soit un quart de la hausse, est dû au fait que certaines caisses ont vu leurs réserves passer au-dessous du minimum prescrit parce que leurs primes étaient trop basses ces dernières années et que d'autres ne couvrent pas leurs coûts avec les primes qu'elles demandent.

Révision du Tarmed bénéfique

Le conseiller fédéral a aussi souligné l'effet positif de la révision des tarifs médicaux (Tarmed), qui entrera en vigueur le 1er janvier et dont le gouvernement attend des économies de 470 millions de francs. «Nous avons demandé aux assureurs d'en tenir compte en fixant leurs primes pour l'année prochaine», a dit M. Berset.

Il est difficile d'évaluer comment les assureurs ont pris en compte ce facteur, reconnaît le socialiste. «Mais sans cet élément, la hausse aurait été de plus de 5%», estime-t-il.

Une des raisons de la hausse des coûts de la santé réside dans la très nette augmentation des prestations, parfois inutiles à cause de fausses incitations. «Or la révision du Tarmed permet de réduire les coûts de certaines prestations surévaluées et de supprimer des fausses incitations», a rappelé Alain Berset. «Nous espérons qu'il sera bien appliqué dès son entrée en vigueur».

Meilleure compensation des risques

Autre élément positif: la nouvelle réglementation appliquée depuis cette année pour une meilleure compensation des risques entre les différentes caisses, a relevé Pascal Strupler, directeur de l'Office fédéral de la santé publique. Le système a été affiné en prenant en compte davantage de critères, ce qui permet de mieux rééquilibrer les primes entre les assureurs, a expliqué M. Strupler.

Les grandes disparités de primes entre les cantons résultent de multiples facteurs, comme la structure d'âge de la population ou la densité de l'offre médicale, a encore noté Alain Berset.

Moins que la moyenne à long terme

La hausse moyenne de 4% de la prime pour adultes avec franchise minimum représente 18 francs, soit 465,30 francs. Pour un jeune adulte de moins de 25 ans, cela fait 18,20 francs ( 4,4%), à 432,50 francs, et pour un enfant, la hausse moyenne est de 5,30 francs ( 5%), à 110,50 francs.

De 4% pour 2018, la hausse est légèrement inférieure à la moyenne enregistrée depuis l'introduction de la loi sur l'assurance maladie obligatoire (LAMal) en 1996, qui est de 4,6%. Elle est égale à celles de 2015 et 2016, et légèrement inférieure à celle de cette année (4,5%).

Révision du Tarmed bénéfique

Devant les médias, le ministre de la santé Alain Berset a souligné l'effet positif de la révision des tarifs médicaux (Tarmed), qui entrera en vigueur le 1er janvier et dont le gouvernement attend des économies de 470 millions de francs. «Nous avons demandé aux assureurs d'en tenir compte en fixant leurs primes pour l'année prochaine», a dit M. Berset.

Il est difficile d'évaluer comment les assureurs ont pris en compte ce facteur, reconnaît le socialiste. «Mais sans cet élément, la hausse aurait été de plus de 5%», estime-t-il, appelant tous les partenaires et acteurs du secteur à se sentir concernés et à faire des efforts.

Initiatives prêtes

Concernés ils le sont, à lire les multiples réactions et à voir les quatre initiatives populaires, prêtes à être lancées ou au stade de projets plus ou moins avancés. Le problème est que souvent les acteurs se renvoient la balle.

Ainsi des consommateurs alémaniques ou le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia reprochent à l'OFSP de ne remplir qu'en partie ses devoirs de contrôle. Selon des estimations de l'organisation de défense des consommateurs alémaniques, 20% à 30% de toutes les prestations médicales menées en Suisse seraient inutiles. Imputer ce fait aux seuls patients est un peu court. Ce sont bien les médecins qui délivent les ordonnances.

Via le magazine Bon à Savoir, les consommateurs doutent en outre de l'argument des réserves sous-dotées brandi par les autorités. Certaines le sont certes, mais d'autres en regorgent, selon un document de l'OFSP que le magazine a publié en ligne. Les caisses cumulent ainsi des réserves excédentaires à fin 2017 qui dépassent les deux milliards de francs.

Quant aux médecins, ils tiennent d'abord à relativiser, soulignant que de nombreuses études placent la Suisse parmi les deux ou trois pays au monde qui disposent du meilleur système de santé. Ce qui a un coût, admet la Fédération des médecins suisses (FMH).

Les représentants des assureurs maladie, Santésuisse et Curafutura expriment pour leur part plutôt leur satisfaction de voir que les autorités ont pris au sérieux les doutes qu'ils avaient émis, renonçant à maintenir les primes artificiellement basses.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • El Gringo le 28.09.2017 14:12 Report dénoncer ce commentaire

    Comme d'habitude...

    Et ça continue, encore et encore :-) Nous sommes de véritables moutons et personne ne fait rien de concret pour stopper cela. On se fout de notre gueule...

  • Louis 14 le 28.09.2017 15:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop

    Stop faut pas exagérer!!!! Il est temps de procéder à un audit précis du fonctionnement des caisses!!!! Ou alors une caisse unique au prorata du salaire!!!! La Suisse c'est 40 ou 50 caisses avec autant de conseils d'administration grassement payés!!! Alors de l'ordre svp!!!!!!

  • Clo le 28.09.2017 14:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop

    Ça ne s arrêtera donc jamais. Il faut arrêter de payer. Il faut qu on descende dans la rue maintenant ça suffit de nous prendre pour des cons jusqu'à quand va t on se laisser prendre pour des cons ?????

Les derniers commentaires

  • ZARA le 28.09.2017 23:55 Report dénoncer ce commentaire

    SE REVOLTER

    Nous sommes responsables de la léthargie dont nous avons fait preuve jusqu'à maintenant. Cela fait des années que l'on se fait arnaquer par des décideurs qui nous lavent le cerveau avec des excuses, des explications, aussi nébuleuses et invérifiables les unes que les autres. Il est peut-être temps de ne plus nous comporter comme des moutons.

  • bobby le 28.09.2017 20:30 Report dénoncer ce commentaire

    @ 110'000 CHF par an de salaire

    je relativiserais aussi ...

  • Jersin23 le 28.09.2017 19:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    de la poudre aux yeux

    de toute façon peu importe l'augmentation, que nous soyons content ou pas, on s'est tous que notre système est dépassé. Nos politiciens le savent très bien mais les principaux actionnaires des caisses maladies les tiennent en laisse en leur offrant des primes. Il y a qu'à regarder, ils se battent pour freiner les coups mais pas pour t rouver une vraie solution. On râlera, mais comme toujours on finira par payer. Un jour quelqu'un a crié " Allemagne ré veille toi" la suite tout le monde la connaît !!!

  • Roxy le 28.09.2017 19:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Unissons - nous

    Beaucoup se plaignent sur une plateforme virtuelle en espérant que cela va changer le sort ... Unissons - nous en réel et là nous aurons une chance même infime que cela change réellement !

  • Lausannois_1000 le 28.09.2017 19:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Payez

    Ce n'est pas une question d'être moins bien lotis. Les romands sont de gros consommateurs. Il suffit de voir toute la série de consultations inutiles au chuv ou ailleurs pour s'en rendre compte. 4 mandats à un socialio qui ouvre tout à tout va il ne faut pas s'étonner. Maintenant payez.