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04 septembre 2007 10:41; Act: 04.09.2007 18:00 Print
La délinquance juvénile progresse depuis les années 50
Le nombre d'adolescents poursuivis pour des infractions au Code pénal progresse lentement mais de façon constante depuis les années 50.
La population dénonce plus facilement les délinquants, explique l'Office fédéral de la statistique.
L'OFS a publié mardi sa première étude sur les jugements pénaux concernant les adolescents depuis 1946. Selon les statistiques, la fréquence des condamnations pénales de jeunes âgés de 15 à 18 ans est passée d'environ 6 pour mille dans les années 1960 à 18 pour mille en 2004.
L'augmentation est particulièrement rapide depuis l'an 2000. Cette année-là, 3500 condamnations ont été prononcées (14 pour mille). En 2004, le chiffre est passé à plus de 4600. Interrogé par l'ATS, le chef de la section criminalité et droit pénal de l'OFS Daniel Fink précise: la hausse pour ce groupe d'âge est nettement plus marquée pour que pour les autres groupes.
Selon lui, cela s'explique surtout par la propension en hausse de la population à dénoncer un comportement délictueux. Avec l'anonymat accompagnant l'urbanisation croissante de la Suisse, on fait plus souvent appel à la police, a expliqué M. Fink.
Tolérance zéro
Pour l'OFS, la radicalisation de la courbe des condamnations depuis 2000 s'explique aussi en partie par la tolérance zéro appliquée. De manière plus générale, l'OFS évoque encore les transformations de la société avec l'apparition des libres- services, l'accent mis sur la consommation et l'accroissement de la mobilité.
Le nombre des infractions dénoncées contre la vie et l'intégrité corporelle a doublé dans les 15 dernières années, mais reste une part assez mineure des condamnations pénales des mineurs (10 %). Là encore, l'OFS invoque une sensibilité accrue de la population à la violence depuis les années 1980.
La majeure partie de la délinquance dite «juvénile», soit 70 %, correspond à des infractions contre le patrimoine, en particulier des vols. Ce pourcentage n'a pas varié depuis les années 50.
Les chiffres doivent toutefois être maniés avec précaution, avertit le chef de la police de sûreté neuchâteloise Olivier Guéniat, auteur d'un ouvrage sur la violence juvénile, interrogé par l'ATS. Le nombre de vols simples et de cambriolages commis par un mineur a ainsi nettement diminué depuis 1982, date de la création de la statistique de police.
Davantage d'adultes
La part des infractions imputables aux mineurs par rapport au total des auteurs dénoncés en Suisse a également reculé, souligne M. Guéniat: de 36 % en 1982, elle n'était plus que de 19,8 % en 2006 après être même tombé à 17,7 % en 2004, soit le minimum des 25 dernières années.
Les infractions à la loi sur la circulation routière sont peu nombreuses tout comme les condamnations pour trafic de drogue. Ces dernières sont surtout liées au délit de consommation.
L'OFS ne relève pas d'évolution marquante chez les filles. Un jugement de mineurs sur cinq concerne une adolescente, et cette proportion n'a pas varié.
Une comparaison entre les Suisses et les étrangers n'a pas été possible. Les données ne sont collectées de manière distincte que depuis 1999. Selon M. Fink, les étrangers sont toutefois surreprésentés dans les statistiques récentes de criminalité juvénile.
Sanctions
Pour ce qui a trait aux sanctions, les peines d'astreinte au travail sont celles qui ont le plus augmenté depuis 1974. Les mesures éducatives ambulatoires se sont substituées aux placements extrafamiliaux. Quelque 20 % des jugements pénaux débouchent sur des peines privatives de liberté, contre 50 % dans les années 70.























