Argovie

20 mai 2014 10:48; Act: 20.05.2014 13:29 Print

Une école Steiner accusée d'être une secte violente

Une mère a décidé de lancer une action en justice contre l'école privée basée à Schafisheim (AG). Mobbing, contrainte et même violence physique y seraient monnaie courante.

Une faute?

«Notre fils a été saisi si durement par les épaules qu'il en avait des bleus», confie une maman au «Tages-Anzeiger». Une autre raconte que son enfant a été traîné jusqu'aux toilettes et forcé à se laver la bouche au savon, car il s'était montré insolent. Une troisième s'offusque de la manière qu'a un des enseignants de punir les trublions: dos à la classe, face au mur, afin de réfléchir à ses actes.

Pour certains, c'en est trop. Une maman a donc décidé de porter plainte pour agression contre un des enseignants. Et les reproches ne portent pas que sur les contraintes physiques que supporteraient les élèves. L'anthroposophie (lire encadré), système de pensée qui sert de base à l'enseignement dans les écoles Steiner, y serait trop strictement appliquée. A tel point que certains parents s'inquiètent de voir leur progéniture en retard sur les autres. «Nous avons dû faire suivre à nos enfants des cours de soutien privés, afin qu'ils soient au niveau des autres», raconte une mère, qui a retiré ses enfants de cette école pour les réintégrer dans le système public.

Et quand une autre mère a demandé des explications sur le traitement réservé à sa fille, on lui a répondu qu'elle avait été mobbée «à cause de sa charge karmique négative, héritée d'une vie antérieure». Une autre a vu son fils menacé d'exclusion si elle ne le laissait pas se faire examiner par un médecin anthroposophique.

Politiciens préoccupés

Au courant des plaintes, les autorités cantonales ont réagi. Monika Morgenthaler, inspectrice en chef des écoles, parle de «situation exceptionnelle». Son rapport, rendu public par le gouvernement, ne remet pas en cause les compétences des enseignants, mais souligne des problèmes avec la gestion de la discipline. Selon le «Tages-Anzeiger», le document explique toutefois que l'école a pris conscience de ces manquements et «est sur la bonne voie» et souligne que l'établissement remplit toujours les critères pour fonctionner.

Contacté par le quotidien zurichois, le directeur de l'école Steiner de Schafisheim regrette la situation: «Si des cas de violence ont vraiment eu lieu, il s'agit d'actes isolés. Notre école est contre la violence et le sera toujours», promet Lucio Carlucci. Même le Ministère public a tenté de calmer le jeu. Une séance de conciliation a été organisée la semaine passée entre la mère qui a porté plainte et l'instituteur accusé de violence. Le procureur a demandé à cette dernière de retirer sa plainte. Sans succès.

(dmz)