Médias

14 septembre 2017 13:11; Act: 14.09.2017 14:54 Print

Manifeste de Schweizer Medien pour la diversité

La fédération des médias alémaniques demande une meilleure aide financière à la presse écrite et une suppression de la publicité à la SSR.

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(Photo: dr)

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La fédération des médias alémaniques publie un manifeste politique en faveur de la diversité des médias. Schweizer Medien réclame des conditions cadres libérales tout en demandant une meilleure aide financière à la presse écrite et une suppression de la publicité à la SSR à long terme.

Chaque jour, neuf personnes sur dix s'informent en Suisse à travers les médias. La démocratie directe a donc besoin de médias indépendants, écrit Schweizer Medien dans un manifeste publié jeudi à Lucerne lors de l'assemblée de ses membres.

Le document est soutenu par l'ensemble des éditeurs, a indiqué lors d'une conférence de presse Markus Somm, membre du comité présidentiel. Avec la crise actuelle, la politique voudrait voler au secours de la presse. Mais les éditeurs indépendants ne veulent pas d'une telle intervention directe, a souligné celui qui est également le patron de la Basler Zeitung.

Les médias privés travaillent de manière critique et indépendante dans tous les domaines, relève Schweizer Medien dans le manifeste. Ils contribuent à façonner une identité régionale à travers leur couverture. Ils assurent aussi une diversité en garantissant un accès aux médias dans toutes les régions linguistiques.

Formation et aide à la presse écrite

En tant que partenaire du secteur publicitaire, la branche des médias contribue en outre au développement économique. Elle compte en Suisse plus de 20'000 collaborateurs. Dans son manifeste, la fédération pose les conditions permettant de garantir la diversité des médias en Suisse, selon elle.

En investissant dans la recherche, la formation et la compétence médiatique, l'Etat peut contribuer à développer la qualité des médias dans un contexte de transition numérique, estime Schweizer Medien. Autre revendication, la distribution de journaux aux abonnés doit être mieux subventionnée. Soit en réduisant les tarifs postaux en la matière, soit en augmentant l'aide indirecte à la presse.

Recadrer la SSR

La fédération demande en outre que la SSR se voie interdite de concurrencer les médias privés sur le plan commercial. Les éditeurs alémaniques ont notamment dans leur collimateur la société publicitaire Admeira, une coentreprise de la SSR, de Swisscom et de l'éditeur Ringier.

A long terme, les chaînes de radio et de télévision du service public doivent pouvoir se passer de publicité et de sponsoring, exige Schweizer Medien. Les rentrées de la SSR devraient être réduites de 1,65 à 1 milliard de francs, a plaidé Markus Somm.

Peter Wanner, l'éditeur de l'Aargauer Zeitung, ne croit pas à l'argument de la SSR selon lequel l'abandon d'Admeira ferait partir la publicité vers des chaînes de télévision étrangères. Les annonceurs veulent travailler dans un contexte suisse, une condition que les médias étrangers ne peuvent offrir, a-t-il dit.

Discussions pour une nouvelle CCT

La fédération des médias alémaniques rejette par ailleurs toute «régulation inutile» dans le cadre d'une nouvelle loi sur les médias. Celle-ci ne ferait que menacer leur indépendance. Avec les développements technologiques effrénés dans la branche, de nouvelles règles seraient de toute manière peu efficaces. Il s'agit en revanche d'adapter les structures de la SSR dans une révision de la loi radio/TV.

Enfin, au chapitre du partenariat social, les éditeurs alémaniques s'étaient dits prêts l'année dernière à reprendre les discussions avec les syndicats Impressum et Syndicom en vue d'une nouvelle Convention collective de travail (CCT). Une première rencontre devrait avoir lieu en octobre, a fait savoir le directeur de la fédération Andreas Häuptli.

(nxp/ats)