Suisse

23 avril 2015 10:55; Act: 23.04.2015 11:10 Print

Une solution contre le gaspillage alimentaire

Face aux établissements qui tirent profit des aliments destinés à la poubelle, des projets plus «sociaux» voient le jour.

storybild

Environ 45% des aliments jetés proviennent des ménages, selon les quatre étudiantes à l'origine du projet «Bern isst Bern».

Sur ce sujet
Une faute?

Il s'agit par exemple de l'installation de réfrigérateurs collectifs ou d'un repas gratuit à base de denrées dont les commerces ne veulent plus.

Quatre étudiantes ont créé «Bern isst Bern» dans le but de combattre le gaspillage alimentaire. Grâce à leur action, trois réfrigérateurs collectifs ont été récemment installés dans le quartier de la Lorraine à Berne.

«C'est un bon concept pour réduire les déchets dans les ménages», souligne Baptiste Marmier, responsable de «Table Suisse» pour Vaud et Neuchâtel. Cette offre ne concerne cependant que les privés et comporte «une part de profit car l'on peut prendre quelque chose en échange».

Aliments gratuits à disposition

Sous l'impulsion de l'association «Neugarten», la ville de Lucerne possède désormais aussi son premier frigidaire collectif, où fruits et légumes boudés par les supermarchés sont mis gratuitement à disposition.

Lauren Wildbolz, blogueuse et propriétaire du premier restaurant végane de Zurich, cuisine quelques fois par année un repas gratuit alliant gastronomie et véganisme avec des aliments provenant des conteneurs des grandes surfaces. L'action, appelée «Good for you for free», s'étend sur plusieurs jours et a rassasié près de 1500 convives durant l'été 2013.

Contrôle strict pour les enseignes anti-foodwaste

Utiliser des produits invendus ou invendables dans le commerce peut poser des problèmes sanitaires.
Les enseignes luttant contre le «foodwaste» sont soumises au service d'inspection des denrées alimentaires, au même titre que les restaurants.

Au «Äss Bar», les denrées revendues ne sont pas dépassées; elles proviennent du surplus de production. «Nos partenaires doivent impérativement réfrigérer la marchandise jusqu'à ce que nous venions la chercher», ajoute Sandro Furnari, co-fondateur de l'enseigne.

Le «Äss-Bar» doit respecter les mêmes prescriptions légales que les autres établissements et est contrôlé par le service d'inspection des denrées alimentaires, d'après M. Furnari.

Passionné de cuisine, l'un des trois créateurs de «Zum guten Heinrich» est chargé de contrôler la qualité des aliments. Ce n'est toutefois pas suffisant. «Nous devons nous annoncer auprès de l'inspection des denrées alimentaires», dit Lukas Bühler. Selon lui, leurs produits ne sont jamais périmés mais simplement inesthétiques.

Contrôles pour tous

Sabine Nerlich, responsable de l'inspection des denrées alimentaires pour Vaud, explique que toute entreprise ayant des activités directes ou indirectes avec les denrées alimentaires est soumise à des contrôles sanitaires.

C'est à l'établissement de s'annoncer. Le cas échéant, «nous pouvons découvrir des irrégularités lorsque nous sommes sur le terrain», dit Mme Nerlich. En d'autres termes, une anomalie dans une entreprise peut mener à en inspecter une autre.

Selon la catégorie de la société ou les résultats du laboratoire, les contrôles peuvent être plus fréquents. «En fonction du risque, nous pouvons faire un contrôle tous les trois mois, alors qu'il se fait d'habitude tous les deux ans», explique la responsable.

(ats)