Science

30 décembre 2010 09:05; Act: 30.12.2010 09:20 Print

2010, une année faste pour le CERN

Grâce à son accélérateur de particules, le fameux LHC, l'année 2010 est à marquer d'une pierre blanche pour le CERN.

storybild

Les expériences du CERN ont été suivies par toute la communauté scientifique mondiale. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Le joyau du CERN, le LHC, le plus puissant accélérateur de particules du monde, a tenu pour l'instant ses promesses, franchissant les étapes vers une nouvelle physique à un rythme soutenu.

Le grand collisionneur de hadrons (LHC) avait pourtant connu un démarrage difficile en automne 2008. Un gros incident avait obligé les chercheurs à entreprendre une coûteuse réparation et à mettre l'accélérateur en veilleuse pendant plus d'un an.

Grande première

Le LHC a finalement été jugé à nouveau apte au service en novembre 2009, et en mars dernier, il a été le théâtre des premières collisions de protons à haute énergie. L'événement a suscité l'émoi au sein de la communauté scientifique mondiale.

Avec un accélérateur poussé à 7 TeV (téraélectronvolt), les physiciens abordaient des territoires jusqu'alors inexplorés. A titre de comparaison, le concurrent du LHC, le Fermilab de Chicago, n'affiche qu'une puissance maximale de 2 TeV.

Après les protons, les chercheurs du CERN ont fait s'entrechoquer des ions de plomb dans l'immense anneau souterrain situé à cheval entre la Suisse et la France. L'objectif était de récréer la matière comme elle était aux tout premiers instants de l'Univers.

En novembre, le CERN est parvenu à reproduire cette «soupe originelle», appelée plasma quarks-gluons. Les collisions entre ions lourds ont en effet généré des températures 100'000 plus élevées que celles qui règnent au centre du soleil, faisant littéralement fondre la matière.

Ce résultat a été obtenu seulement trois semaines après l'introduction des ions lourds dans le LHC. Les données qui ont été récoltées doivent encore être analysées et permettront peut-être de percer certains mystères de la matière et de l'univers.

Piège à antimatière

Le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) a aussi réussi cet automne à capturer de l'antimatière. Quelques atomes d'antihydrogène ont été conservés pendant un dixième de seconde dans un piège magnétique.

Malgré le peu de temps qu'il leur était alloué, les physiciens ont pu examiner l'antihydrogène et le comparer à l'hydrogène. Grâce à ces expériences, les scientifiques espèrent pouvoir comprendre où est passée l'antimatière, qui semble avoir disparu de l'Univers.

Certains physiciens pensent que la matière sombre, qui compose 25% de l'Univers, pourrait représenter une partie de l'antimatière disparue. De avancées devraient être réalisées ces prochains mois dans ce domaine.

Le LHC a été mis à l'arrêt pendant l'hiver. Après une pause de deux mois, la machine sera remise en route. Dans les années qui vont venir, l'accélérateur devrait être porté progressivement à sa puissance maximum, à savoir 14 TeV.

(ats)