Tests ADN en ligne

06 mai 2013 18:20; Act: 06.05.2013 18:41 Print

Ouverture partielle recommandée au CF

En Suisse, seuls les médecins ont le droit de pratiquer des tests génétiques. Des experts de l'analyse génétique humaine recommandent au Conseil fédéral une «ouverture prudente» du marché.

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De nombreux prestataires en ligne proposent des tests génétiques. Or en Suisse, seuls les médecins ont pour l'heure le droit de mener des analyses génétiques humaines. La commission d'experts fédéraux compétente recommande de lever partiellement l'interdiction légale.

Les prestataires étrangers promettent entre autres à leurs clients de leur fournir des informations sur les risques de contracter telle ou telle maladie. N'importe qui peut donc se renseigner, par exemple sur ses chances de devenir diabétique, en soumettant un échantillon de salive.

Ces diagnostics demeurent toutefois souvent discutables. Il existe en outre un risque de mauvaise interprétation, qui peut conduire les «patients» à éprouver des craintes non-fondées.

La loi fédérale sur l'analyse génétique humaine prend en compte ces considérations: elle établit que les tests génétiques ne peuvent être menés que par des médecins.

«Ouverture prudente»

La commission d'experts pour l'analyse génétique humaine (CEAGH) recommande au Conseil fédéral une «ouverture prudente» au marché des tests génétiques privés. Simultanément, elle déconseille à la population d'y recourir.

Ces tests privés ne peuvent devenir intéressants que lorsque leur usage est justifié, écrit la commission dans son rapport au Conseil fédéral, confirmant une information parue dans la «NZZ am Sonntag», le «Tages-Anzeiger» et le «Bund».

Si la CEAGH recommande de lever l'interdiction, c'est entre autres parce que l'offre croît rapidement. Dans un monde globalisé, on ne doit empêcher que des produits comme les tests génétiques soient proposés sur Internet, explique-t-elle.

Une offre helvétique fixée et comportant des limitations constituerait une alternative aux prestations provenant de l'étranger. Elle aurait aussi un effet positif sur la qualité des résultats des tests, souligne Sabina Gallati, présidente de la commission, sur les ondes de la radio alémanique SRF.

Conditions strictes

La CEAGH veut cependant soumettre ces tests à des conditions strictes: ils ne devraient être possibles que pour répondre à des questions peu relevantes pour la santé des personnes, par exemple la prédisposition d'un individu à la perte de ses cheveux.

Les obstacles aux tests relatifs aux maladies devraient donc perdurer. Les tests prénataux ou les analyses impliquant des mineurs ne pourraient en outre n'être effectués que par des médecins.

Autre obligation: les prestataires en ligne seraient contraints d'indiquer à leurs clients la valeur de preuve de ces tests, tout comme leurs effets possibles sur le mental des «patients».

L'OFSP examine

Les recommandations du CEAGH sont en cours d'examen à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Une révision de la loi devrait être mise en consultation cette année encore, signale à l'ats Thomas Binz, responsable de la section biomédecine de l'office.

L'acceptation d'une motion de la commission scientifique du Conseil national avait donné l'impulsion d'une révision légale. Le Conseil fédéral a ensuite été invité à prendre en compte le développement rapide des analyses génétiques et à adapter la loi en vigueur.

(ats)

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