Suisse

01 septembre 2014 11:41; Act: 02.09.2014 07:31 Print

En finir avec les profs trop politisés

Les jeunes UDC souhaitent que les élèves puissent se plaindre lorsqu'un enseignant, trop à gauche ou à droite, utilise sa classe comme tribune. Les experts sont opposés.

Une faute?

Un prof d'histoire qui plaide pour l'adhésion à l'Union européenne lors de ses cours. Un autre qui conseille d'accepter une proposition de Christoph Blocher. Ces exemples dérangent les jeunes UDC. Pour eux, trop d'enseignants dispensent leurs leçons autour d'idées politiques, surtout au niveau gymnasial ou professionnel. Dans un communiqué, ils ont annoncé qu'ils allaient lutter contre l'«endoctrinement politique des jeunes». Pour ce faire, ils comptent créer une plateforme internet où les élèves pourront faire part de leurs expériences.

Communisme banalisé

Contacté par «20 Minuten», Anian Liebrand, président des jeunes UDC, explique que la problématique n'est pas prise au sérieux par les écoles. Selon lui, la politique de droite est systématiquement diabolisée et le communisme banalisé. Dans un autre sens, «la propagande UDC n'a pas non plus sa place dans les salles de classe», explique-t-il.

Des propos que dément le conseiller national bernois et président des commissions de la science, de l'éducation et de la culture Matthias Aebischer: «Les déclarations de M. Liebrand sont à la limite de la paranoïa. Si l'on en croit les jeunes UDC, tous les médias, les enseignants et les programmes d'études sont de gauche.» Selon le député fédéral, le projet tient plus d'une «propagande risible» que d'un soutien aux étudiants.

«Aucun prof n'est neutre»

Lilo Lätzsch, présidente de l'Association zurichoise des enseignants, partage cet avis: «Si un élève se sent trop influencé, il peut essayer de dialoguer avec l'enseignant ou la direction», lance-t-elle. Et des cours politiquement neutres sont, pour elle, une utopie: «L'attitude de l'enseignant, quelle qu'elle soit, se ressent toujours dans la classe. Et ces derniers le savent. Il est donc exagéré de parler d'endoctrinement. Et dénoncer des enseignants qui se laisseraient aller n'est pas une bonne idée.»

Anian Liebrand refuse toutefois le terme de dénonciation: «Nous voulons simplement que les profs qui se servent de leur classe comme laboratoire politique soient mis sous pression.» Car la plateforme ne permettrait pas que les noms de ces derniers soient publiés.

Pour le conseiller national UDC et enseignant de formation Oskar Freysinger, il y a surtout un problème de subjectivité: «Prenez un cours d'Histoire. Comment peut-on distinguer ce qui est trop politisé ou pas. La frontière est extrêmement ténue», estime le Valaisan.

Tuer la confiance

«Pour que le système éducatif fonctionne, il faut que la confiance règne entre la population et l'école. Je ne sais pas à quoi jouent les jeunes UDC, mais ils essaient d'instaurer une suspicion systématique dangereuse. C'est navrant!», analyse pour sa part le président du Syndicat romand des enseignants (SER), Georges Pasquier.

Et le syndicaliste d'assurer que les profs respectent de facto l'avis des élèves: «Les membres de notre organisation reçoivent par ailleurs un code de déontologie, qui précise que la salle de classe n'est pas une tribune politique. J'ai connu quelques cas où l'enseignant est allé un peu trop loin, mais cela a vite cessé.»

Enfin, les jeunes peuvent avoir accès à tous les points de vue sur internet et dans les médias. «Les élèves ne sont vivent pas dans une bulle, on ne peut pas les formater comme on veut», conclut le Genevois.

(vro/dmz)

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Les commentaires les plus populaires

  • Seymourx le 01.09.2014 14:59 Report dénoncer ce commentaire

    mon expérience

    maintenant à la fin de mes études, j'ai du supporter parfois ce genre de professeurs. Dans une de mes formations, j'ai eu droit à des professeurs, qui avaient également des responsabilités politique dans un parti, souvent Vert ou PS. Je ne suis pas un fervent partisan de la politique, mais si je pourrais dire que j'ai des tendances libérales. Et j'avoue que c'est très désagréable qu'on essaye de m'endoctriner dans une idéologie qui n'est pas la mienne, ( ça allait jusqu'à nous conseiller quoi voter ) à la limite. pour une école laïque et apolitique.

  • Jacquolet le 01.09.2014 14:43 Report dénoncer ce commentaire

    Recadrage

    Alors pour une fois, et même si je ne suis pas adhérant au parti, j'approuve à 100%. Marre de ces profs qui vous disent comment voter : contre le Grippen, contre l'initiative du 9 février, contre les renvois, etc.... Non, une salle de classe est faite pour apprendre math, géo, histoire et le reste. La politique doit, tout comme la religion, resté dans la sphère privée. les profs n'ont pas à faire de propagande. Ils ne le font pas tous, mais trop se le permette.

  • Martin le 01.09.2014 14:55 Report dénoncer ce commentaire

    (in)compétence?

    Un enseignant qui n'est pas capable de présenter un sujet historique avec objectivité politique n'a pas les compétences nécessaires à ce poste.

Les derniers commentaires

  • Dan le 03.09.2014 17:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Radiés!

    On a viré un prof au Valais parse qu'il refusait un crucifix dans sa classe... On devrait aussi commencer par virer ces instits corrompus par une politique gaucharde et qui dispensent leurs idées pourries à nos enfants! C'est pas leur rôle! Freysinger devrait aussi une fois intervenir dans ces situations inadmissibles de la part de ces mauvais instituteurs! Je suis aussi prof d'ingénierie, avec des adultes. Gare si je devais imposer mes idées de droite en classe. Je suis prof pas politicien raté! A bon entendeur salut.

  • Victor le 02.09.2014 15:28 Report dénoncer ce commentaire

    Manipulation quand tu nous tient

    Les enseignants sont majoritairement de gauche et commencent leur matraquage, depuis l'école primaire c'est vrai. Mais les JUDC devraient plutôt réclamer une modification des cours civiques et d'histoires qui doivent être neutre, mais aussi s'opposer au matraquage des medias, 99% à gauche, à commencer par la Radio Télévision Suisse Socialiste. Dénoncer un prof est stupide et ouvrirait la porte à des chantages. Aussi inadmissible que faire une enquête sur des votations alors que les bulletins de votes sont déjà dans les boîtes. pour influencer les principaux lecteurs du journal, les jeunes.

  • joejoejoe le 02.09.2014 11:53 Report dénoncer ce commentaire

    délation

    1933 on y retournent ....

    • George Clooney le 02.09.2014 14:02 Report dénoncer ce commentaire

      oui et non

      Tu devrais surtout retourner au dictionnaire et au Bescherelle à mon avis. Sinon pour donner mon avis je suis d'accord que ce n'est pas très éthique de créer une plateforme pour dénoncer les profs, mais ça ne l'est pas non plus que d'imposer ses idées et il y a malheureusement beaucoup trop d'enseignants qui essaient d'imposer leurs idéaux aux élèves ce qui est tout autant inacceptable.

  • Maisoui le 02.09.2014 11:35 Report dénoncer ce commentaire

    Correcte

    On a tous un exemple à faire valoir pour ce genre de comportement "d'enseignants" déviants de leurs tâches d'instructions. C'est pourquoi cette initiative est correcte.

  • libre penseur le 01.09.2014 19:30 Report dénoncer ce commentaire

    Apolitique ok, mais rien ne change

    Avec un prof de gauche qui martèle que la droite c'est pas bien, ils croient que tous les jeunes se font influencer mais en réalité il ne faut pas beaucoup de temps avant de s'apercevoir soi-même du programme douteux crié haut et fort par ces gens à la science infuse. Caisse unique?Impôts des personnes morales?Aménag. territoire?Alloc. familiale? Sacrifier nos entreprises et nos étudiants au nom du nationalisme... Du grand art. Nous sommes avec vous chers helvètes, promis! Pas vraiment, le but est de servir uniquement leurs intérêts personnels de pouvoir et de décision.