Lettre du pape

20 mars 2010 16:46; Act: 20.03.2010 17:21 Print

Les évêques suisses: pas de «nécessité d'agir»Les évêques suisses: pas de «nécessité d'agir»

La Conférence des évêques suisses ne voit pas de nécessité d'agir après la publication samedi de la lettre du pape aux catholiques d'Irlande concernant les abus sexuels d'hommes d'église.

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Cette déclaration les conforte dans leur pratique pour les cas suisses.

L'intérêt des victimes est déjà au centre de la procédure, a déclaré à l'ATS Walter Müller, porte-parole de la Conférence des évêques suisses. Adressée aux catholiques irlandais, la lettre de Benoît XVI n'en est pas moins importante pour la Suisse.

«Elle confirme les directives que l'Eglise a mises sur pied en 2002 pour réagir aux cas d'abus sexuels», a précisé le porte-parole des évêques suisses. Elle réaffirme surtout qu'il faut agir dans l'intérêt des victimes.

Or lorsque l'Eglise a connaissance de cas d'abus sexuels, elle agit déjà de manière à ce que le coupable se dénonce aux autorités. C'est justement ce que le pape préconise aux prêtres irlandais ayant abusé de mineurs.

Selon M. Müller, le dernier cas à l'évêché de Coire le confirme: l'Eglise et la victime ont porté plainte conjointement. La semaine dernière, un administrateur paroissial du canton de Schwyz a avoué avoir commis des actuels sexuels sur un mineur dans les années 1970. Il a démissionné.

Soixante plaintes

Les abus commis par des religieux n'appartiennent pas qu'au passé. La Conférence des évêques suisses a reçu 60 plaintes ces quinze dernières années.

L'évêché de Coire est en train d'examiner dix cas possibles d'abus perpétrés par des prêtres, dont certains dateraient de plusieurs décennies. Les cantons de Zurich, Schwyz et des Grisons sont concernés. Dans un cas, l'auteur est décédé.

L'abbaye d'Einsiedeln (SZ) est éclaboussée. Aucune plainte n'a été déposée, mais cinq moines de la communauté ont dû être éloignés du collège. Ils ont été impliqués dans des affaires d'attouchements et, dans un cas, de rapport sexuel, selon l'abbé Martin Werlen.

En février 2008, l'évêque de Lausanne, Genève et Fribourg Mgr Genoud a mis sur pied la commission SOS prévention, pour écouter les victimes. Sur la trentaine de personnes entendues, trois cas mettant en cause deux auteurs ont été signalés à la justice, a précisé samedi dans «24 Heures» Françoise Morvant, présidente de la commission. Les affaires étaient toutefois prescrites et aucun cas d'abus récent n'a été soumis à la commission.

(ats)