01 novembre 2007 19:58; Act: 01.11.2007 20:03 Print

Les Emirats Arabes tentent d'étouffer l'affaire du viol d'une SuissesseLes Emirats Arabes tentent d'étouffer l'affaire du viol d'une Suissesse

Les autorités émiraties ont tenté d'étouffer des informations selon lesquelles l'un des agresseurs d'un jeune Français, violé cet été à Dubaï, était porteur du virus du Sida, a affirmé jeudi la mère de la victime.

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Le 14 juillet, deux jeunes Français ont été enlevés et l'un d'eux violé par deux hommes. Les deux mineurs ont été approchés tandis qu'ils rentraient chez eux après un passage dans un centre commercial de Dubaï. Mercredi, les deux accusés, âgés de 18 et 35 ans, ont comparu brièvement devant un tribunal. Une prochaine audience a été fixée au 7 novembre.

La mère de l'adolescent violé, Véronique R., journaliste, accuse les autorités de Dubaï d'avoir su que l'un des agresseurs de son fils était séropositif et d'avoir dissimulé l'information pour, dit-elle, ne pas avoir à admettre l'existence du sida dans leur pays. Elle fonde ses accusations sur un document officiel datant de 2003 qu'elle s'est procuré et qui prouve que le ministère de l'Intérieur des Emirats arabes unis (EAU) étaient au courant de la séropositivité de cet homme.

Elle affirme que les autorités émiraties lui ont menti sur ce point ainsi qu'aux diplomates français à quatre reprises. «C'etait un mensonge d'Etat, et je pèse mes mots», a-t-elle déclaré jeudi à l'Associated Press. «Ils savaient qu'il était séropositif. On nous a volontairement empêchés de traiter notre fils pour que surtout, surtout, on ne sache pas que le sida existe aux Emirats.»

Selon elle, un télégramme diplomatique envoyé le 6 septembre au Quai d'Orsay par l'ambassadeur de France aux EAU disait: «Grave défaillances ou incohérences de l'enquête paraissent résulter pour une part d'une incompétence des services impliqués aux Emirats d'Arabie mais aussi de préjugés moraux pseudo-scientifiques et politiques qui ont sans doute influé sur l'enquête.»

A Dubaï, où le crime de viol sur un individu de sexe masculin n'existe pas dans la loi, cette affaire d'enlèvement présumé de deux mineurs et viol à caractère homosexuel sur l'un d'eux âgé de 15 ans, embarrasse tout le monde.

La mère de la victime affirme que son fils demeure largement traumatisé par ce qu'il a subi, d'autant que le médecin de la police judiciaire qui l'a examiné sur place après les viols l'a accusé d'être homosexuel. «Il en a pleuré, ça le rend malade», a-t-elle confié.

Certains expatriés, nombreux à Dubaï, qu'il s'agisse de cadres ou d'ouvriers sous-payés, se plaignent depuis longtemps du peu de droits dont jouissent les étrangers dans cette fédération d'Etats.

Le jeune Français -qui possède aussi la nationalité suisse- et sa mère ont quitté les EAU début octobre pour la Suisse sous protection consulaire et sur les conseils des diplomates français. Selon ces derniers, l'adolescent risquait en effet d'être poursuivi pour homosexualité, ce qui constitue une infraction aux EAU.

Le garçon ne saura qu'en janvier de façon certaine s'il a été infecté par le VIH ou pas, a précisé sa mère qui s'apprête à porter plainte en France et en Suisse contre les autorités émiraties pour mise en danger de la vie d'autrui.

Les deux accusés, qui ont plaidé non coupable d'enlèvement et de rapports sexuels illicites, risquent la peine de mort s'ils sont reconnus coupables. Un troisième suspect est actuellement jugé à huis-clos par un tribunal pour mineurs. La mère de la victime a dit à l'Associated Press qu'elle ne souhaitait pas que les coupables soient exécutés car elle est contre la peine de mort.

(ap)