Meurtre d'Hemmental (SH)

15 juin 2017 12:01; Act: 15.06.2017 18:25 Print

«Elle n'est pas une parricide»

L'avocat de la femme accusée de parricide, à Hemmental (SH), estime que sa cliente a agi par légitime défense. Il a réclamé une peine n'excédant pas 2 ans de prison avec sursis.

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Selon le Ministère public, la jeune femme a participé au meurtre de son père en lui assénant des coups de couteau. (Photo: Keystone)

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Le doute doit profiter à la jeune femme accusée de l'assassinat de son père à Hemmental (SH). Tout au plus peut-on lui imputer des violences ou un acte de légitime défense. C'est l'avis de son avocat qui demande que sa peine ne dépasse pas 2 ans de prison avec sursis.

«Il n'existe aucun aveu et aucun témoin oculaire vivant», a invoqué jeudi matin l'avocat de la prévenue de 27 ans devant le Tribunal cantonal de Schaffhouse. L'accusée et sa mère n'ont vécu le drame que de manière acoustique, ou principalement, a-t-il souligné.

La jeune femme est revenue sur les aveux qu'elle avait, selon elle, faits sous la contrainte. Elle nie avec véhémence les faits reprochés, se plaignant d'être à présent le «pigeon de service». Et la mère n'a jamais déclaré que sa fille avait poignardé son père. «Aucun d'entre nous autres n'était sur place», a lancé l'avocat de la défense à la Cour. C'est pourquoi il faut acquitter la jeune femme du chef d'accusation d'assassinat et ce, au bénéfice du doute. «Elle n'est pas une parricide», a conclu l'avocat.

Demande de mise en liberté

Comme la prévenue a menotté sa mère «pour la calmer» et s'en est prise à des policiers, l'avocat a demandé aux juges de limiter la peine de la prévenue à 9 mois de prison avec sursis pour contrainte, voies de fait et violence contre des représentants de l'Etat. Après déduction des 550 jours passés en détention préventive, l'accusée serait libérée et toucherait des indemnités.

Dans le cas où la Cour retiendrait un meurtre par légitime défense, chef d'accusation maximal dans le cas présent, selon l'avocat, la peine infligée à la jeune femme ne devrait pas dépasser 2 ans avec sursis. Là aussi, la prévenue serait remise en liberté.

Après le voyage de noces

Le drame sanglant remonte au 13 décembre 2015. Après être rentrés de leur voyage de noces à Paris, l'accusée et son mari se rendent au domicile de ses parents, dans la localité d'Hemmental, sur le territoire de la ville de Schaffhouse. Le père et son gendre se détestent. Ils en viennent aux mains dans l'appartement, pendant que l'accusée menotte sa mère.

Résultat: les deux hommes s'entretuent. Le gendre succombe aux blessures que lui inflige son beau-père à l'aide d'un couteau. Selon le procureur, l'accusée a activement participé à l'assassinat de son père en le poignardant à 49 reprises au cou, à la nuque et aux épaules. Elle aurait même changé de main et de couteau pour achever sa victime.

Expertise peu reluisante

Selon une expertise psychiatrique, la prévenue souffre d'un trouble de la personnalité incurable. Durant son réquisitoire, mercredi, le procureur l'a décrite comme une manipulatrice au sang-froid, sans émotions et séductrice à la fois. Sa mère la qualifie, elle-même, de «menteuse notoire».

Il y a quelques années, l'accusée aurait eu des fantasmes d'assassinat. Elle rêvait de massacrer tout le monde, en commençant par sa propre fille en bas âge. Les grands-parents de la petite ont alors fait en sorte que celle-ci soit placée dans une famille d'accueil.

Le procès se termine jeudi soir. Le jugement est attendu vendredi à 10h30.

(nxp/ats)