Justice bernoise

02 janvier 2013 10:00; Act: 02.01.2013 15:41 Print

L'état mental du forcené de Bienne en question

Le procès du retraité qui avait défié en septembre 2010, durant une dizaine de jours, les autorités et la police de Bienne s'ouvre lundi.

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Les juges bernois devront dire si le sexagénaire doit être déclaré irresponsable et placé dans un établissement fermé. Le Tribunal régional Jura bernois-Seeland ne devra pas se pencher sur l'accusation de tentative de meurtre et de lésions corporelles graves, le Ministère public régional ayant renoncé à inculper Peter Hans Kneubühl. Le procureur estime que l'homme que les médias ont désigné sous le nom de forcené de Bienne n'était pas responsable de ses actes en raison de troubles mentaux.

Cette conclusion repose sur une expertise psychiatrique. Selon ce document, M. Kneubühl souffrait d'importants troubles délirants au moment des faits. Il ne pouvait pas se rendre compte du caractère illicite de ses actes. L'homme, qui était recherché par toutes les polices, avait grièvement blessé un agent dans sa fuite.

Placement requis

Le Ministère public régional demande donc au tribunal de prononcer une mesure thérapeutique stationnaire dans un établissement fermé. Cette mesure permettrait d'éviter que cet homme, aujourd'hui détenu à Berthoud (BE), ne commette d'autres actes délictueux.

Dans une interview diffusée en décembre par la télévision régionale TeleBärn, le détenu évoque son futur procès. Il s'insurge contre un placement en institution fermée, contestant en bloc cette expertise psychiatrique. Le sexagénaire affirme qu'il n'a rien prévu pour sa défense, ajoutant vivre au jour le jour sans songer à l'avenir.

Policier blessé

En septembre 2010, ce retraité alors âgé de 67 ans se retranche à son domicile pour s'opposer à la vente aux enchères de sa maison. La police boucle immédiatement une partie du quartier des Tilleuls et entreprend le siège de sa maison pour le neutraliser. Mais cet homme, admirateur de George Orwell, réussit à échapper aux forces de l'ordre.

Dans sa fuite, il ouvre le feu sur un policier, le blessant très grièvement à la tête. Durant plusieurs jours, des centaines de policiers tentent d'appréhender le fuyard. Survol de la région avec un hélicoptère, barrages routiers, tracts, tentatives d'entrer en contact, tout a échoué. L'homme finit par être arrêté après neuf jours de cavale au-dessus de Bienne.

Pas d'excuses

Toujours dans l'interview accordée à la télévision régionale depuis sa prison, le retraité explique de manière claire et lucide qu'il n'entend pas présenter ses excuses à sa victime. «C'est lui qui m'a agressé.» Le détenu explique avoir su que ce jour allait arriver et s'être préparé en conséquence.

Peter Hans Kneubühl affirme n'avoir pas vu d'autre issue que le recours à la violence armée. Il rappelle avoir été en conflit durant des années avec les autorités et les tribunaux. Le sexagénaire avait adressé de nombreuses lettres au contenu virulent aux autorités. Il déclare ne rien regretter de ses actes.

Zones d'ombre

Des zones d'ombre subsistent dans ce fait divers qui avait fait la une de l'actualité durant plusieurs jours. Les enquêteurs n'ont pas réussi à savoir où le sexagénaire avait séjourné durant sa cavale ni s'il avait trouvé refuge chez quelqu'un. Le retraité a affirmé n'avoir bénéficié d'aucune aide. Et son arme n'a, elle, jamais été retrouvée.

L'intervention de la police avait été fortement critiquée. Même si elle n'a pas commis de fautes graves, la police aurait toutefois dû davantage se renseigner sur ce retraité pour cerner son profil et remettre en cause l'hypothèse d'un suicide.

(ats)

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