Suisse

26 juillet 2017 12:30; Act: 26.07.2017 12:37 Print

Septicémies: les hôpitaux mis en cause

Un tiers des infections généralisées chez l'enfant ont été contractées à l'hôpital, selon une étude publiée mercredi.

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(Photo: Keystone/Archives/Photo d'illustration)

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Les septicémies font partie des causes de mortalité les plus fréquentes chez les enfants en bas âge. Un tiers de ces infections sont contractées à l'hôpital, selon une enquête nationale réalisée par les cliniques pédiatriques suisses.

Les dix plus grands hôpitaux pédiatriques de Suisse ont étudié pendant quatre ans les causes et les effets des septicémies, en langage courant «empoisonnements du sang». Près de 1200 enfants de moins de 17 ans sont tombés malades au cours de la période considérée.

Ce travail, publié dans la revue britannique «The Lancet Child & Adolescent Health», montre pour la première fois quels enfants tombent malades, à cause de quels germes, quelle est la gravité des infections et quelles en sont les conséquences, a indiqué l'Hôpital de l'Île à Berne mercredi dans un communiqué.

«D'une part, la septicémie concerne les enfants auparavant sains, avec des évolutions en partie très graves. D'autre part, un tiers de tous les cas de septicémie était dû aux bactéries avec lesquelles les enfants étaient entrés en contact au cours de leur séjour hospitalier», résume Philipp Agyeman, médecin en chef du Service de pédiatrie de l'hôpital bernois, cité dans le communiqué.

Mortalité de 7%

Sur 1181 cas d'infection du sang relevés, 382 (32%) ont touché des enfants précédemment sains, 402 (34%) des nouveaux-nés et 397 (34%) des enfants avec co-morbidité. Les enfants prématurés, ceux qui sont sous chimiothérapie et les enfants hospitalisés aux soins intensifs sont particulièrement à risque.

La bactérie fécale Escherichia coli (environ 20% des cas), le staphylocoque doré (15%), des staphylocoques à coagulase négative (11%) et le pneumocoque Streptococcus pneumoniae (10%) sont les principaux pathogènes, responsables de 57% des épisodes infectieux.

La mortalité a été de 7% sur l'ensemble de l'échantillon, soit 82 décès. Elle est de 11% chez les nouveaux-nés, 7% chez les enfants avec co-morbidité et 3% chez les enfants auparavant sains.

La prévention décisive

Les expériences faites dans d'autres pays montrent qu'une partie des cas de septicémie en Suisse aurait probablement pu être empêchée par une meilleure prévention, soulignent les auteurs.

«C'est surtout en faveur des prématurés et des nouveaux-nés ou des enfants avec une maladie sous-jacente que des mesures doivent être prises», affirme le Pr Christoph Berger, directeur de l'Hygiène hospitalière de l'hôpital pédiatrique de Zurich. Les séjours hospitaliers fréquents ou un cathéter veineux augmentent le risque d'infection nosocomiale.

D'autres indications concernant la septicémie infantile ont également été livrées par une base de données nationale d'échantillons sanguins créée au cours de l'enquête.

«Une analyse du génome des enfants concernés nous permet d'identifier les déficits immunitaires rendant les enfants particulièrement sensibles à une septicémie», explique le directeur de l'étude, le Pr Luregn Schlapbach, de Hôpital de l'Île.

Recherches complémentaires

La septicémie est une grave infection bactérienne pouvant conduire rapidement au dysfonctionnement des organes vitaux ou à la mort si elle n'est pas traitée. Plusieurs millions d?enfants par an en meurent dans le monde. En moyenne, un enfant contracte chaque jour en Suisse une infection potentiellement mortelle.

En coopération avec l'EPFL, des recherches complémentaires sur les causes génétiques favorisant une septicémie chez l'enfant sont planifiées. Les résultats devraient améliorer la prévention et la thérapie.

La «Swiss Pediatric Sepsis Study» a été menée dans les cliniques pédiatriques de Berne, Zurich, Aarau, Bâle, Coire, Genève, Lausanne, Lucerne et Saint-Gall ainsi qu'à l'Hôpital universitaire de Zurich de septembre 2011 à décembre 2015.

L'enquête est étroitement liée avec deux grands projets de recherche de l'UE - EUCLIDS et PERFORM - possédant la plus grande base de données au monde destinée à l'étude des facteurs génétiques de la septicémie infantile.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Dr.HdlR le 26.07.2017 13:32 Report dénoncer ce commentaire

    Qu'en est-il aujourd'hui ?

    Il serait intéressant que dans un prochain article soient évoquées les causes favorisant la propagation de ces germes en milieu hospitalier. A l'époque où le taux d'infections était ascendant, il était attribué à un laisser-aller du personnel infirmier qui négligeait de se désinfecter systématiquement les mains. Ce n'était évidemment pas le seul vecteur de propagation, mais pour celui-ci la solution existait. Qu'en est-il aujourd'hui ? En espérant que cette question ne soit pas mal accueillie...

  • Bandi le 26.07.2017 12:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une de plus

    Et ce certainement la pointe de l'iceberg. On prétend qu'on a médecine de qualité, mais pour le prix qu'on paye, c certainement pas les meilleures, et côté rendement qualité/prix on est surement ds le ploton, mais en dessous la moyenne des pays européennes. En Suisse, ce n'est pas parce que c'est très cher que c'est de qualité.

  • mourir le 26.07.2017 14:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    failli

    Et pour les adultes? ? moi j'en ai fais deux de septicémie à l'hôpital !!

Les derniers commentaires

  • Bidouillette le 26.07.2017 23:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J avais trouvé hallucinant !

    Ayant eu un proche à l hôpital CHUV dans les soins intensifs, nous allions le trouver quotidiennement, et là SURPRISE ! Jamais personne ne nous a donné une blouse, des "protège chaussures", et une charlotte pour cheveux ! Jamais non plus on ne nous a dis et expliqué de nous désinfecter les mains à l entrée et en ressortant ! RIEN ! C est moi (soignante de métier) qui a dû briefer ma famille en constatant cela ! Hallucinant car ces personnes sont intubées et autres sortes de possibilités de contamination ! On aurait pu avoir les mains pleines de germes et les chaussures crottées on nous rien di

    • Panurge le 26.07.2017 23:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Bidouillette

      Vous avez raison, de nos jours il faut tout dire aux gens car ils ne sont responsables de rien. C'est d'ailleurs la définition d'un assisté. Moi, si on me dit pas de respirer, je finis par m'évanouir. Et c'est de la faute à la société. Je peux pas penser à tout.

    • Dr.HdlR le 27.07.2017 13:15 Report dénoncer ce commentaire

      Panurge, laissez-moi respirer !

      Dans ce cas c'est bien le personnel infirmier qui ne se soucie pas de son patient dont il est responsable, ou obéit à des règles qui jugeraient excessif de prendre des mesures de protection systématiquement dans tous les cas. Qui établit ces règles ? Et qui les approuve ou non, en rapport du temps nécessaire à les appliquer ? Et puis ce n'est pas aux visiteurs d'aller se débrouiller pour trouver ce qu'il faut dans une armoire, ni même d'être instruits à ce sujet. Alors Monsieur Panurge, moi c'est votre définition des assistés et votre ton ironique qui me fait tourner la tête, je manque d'air !

  • compli le 26.07.2017 18:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Se laver les mains pour tout le monde

    Et les gens qui vont dans aux WC et ne lavent pas les mains après? Dommage qu'on n'ose pas les dénoncer ceux-là, car ils propagent des germes partout, que ce soit dans des lieux publics, comme par exemple à l'hôpital.

  • manu le 26.07.2017 16:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    contrôle inopiné

    C'est un comble. Tomber malade dans un hôpital. Que fait le conseil fédéral ?

  • Icing le 26.07.2017 16:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un scandal

    Les hôpitaux Suisses sont gérés par l'état ! Pour cette raison on entend jamais parler des coûts exorbitants,? qu'ils coûtent en impôts et aux assurances maladies ils sont la principales raisons de l'explosions des coûts de l'assurance maladies de base ! Et en plus on est de plus en plus mal soignés et c'est même devenu dangereux de se faire hospitaliser ! Entre les infections les erreurs médicales les actes médicaux bâclés , les erreurs de diagnostics , les erreurs de médicaments et posologie et les infections et le personnel qui ne parle même pas français en Romandie ! Une scandal

  • jijo le 26.07.2017 16:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Hépatites aussi

    Mon fils, lui, c'est une hépatite B qu'il a chopée aux HUG, suite à une brûlure et petite hospitalisation... 2 ans malade...Il est sorti d'affaire, mais il aura toute sa vie une épée de Damoclès sur la tête... C'était il a longtemps, les pédiatres m'ont dit qu'il était inutile d'engager une procédure, car c'esr un risque encouru normal, de contracter une maladie nocosomiale en milieu hospitalier, et qu'ils ne divulgueraient jamais le nom de la personne soignante responsable et contagieuse... Ils avaient voulu nous faire porter le poids de ce désastre dur le dos, nous avons dû tous faire analyser nos sangs dans la famille, et comme nous étions tous négatifs, nous avons tous reçu des doses de gama globulines, même pas gratuites...