Mali

27 janvier 2016 12:02; Act: 27.01.2016 22:14 Print

Le DFAE exige la libération de la Suissesse

Al-Qaïda au Maghreb islamique a affirmé mardi soir détenir Béatrice Stockly enlevée début janvier. Le DFAE demande sa libération «sans condition».

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La Suisse a exigé mercredi la libération «sans condition» de Béatrice Stockly enlevée début janvier au Mali, qui serait aux mains d'une branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

L'agence privée mauritanienne Al-Akhbar a annoncé avoir reçu une vidéo de «l'Emirat du Sahara», une branche d'Aqmi, qui affirme avoir enlevé Béatrice Stockly à Tombouctou (nord du Mali), dans la nuit du 7 au 8 janvier.

Contrepartie

Un porte-parole du DFAE (département fédéral des Affaires étrangères) a indiqué mercredi avoir «connaissance de la vidéo en question». «La Suisse demande la libération sans condition de la personne enlevée», a-t-il ajouté, en refusant de dire s'il y avait eu une demande de rançon.

D'après l'agence mauritanienne, en contrepartie de la libération de l'otage, le groupe djihadiste, exige «la remise en liberté d'un certain nombre de ses combattants en prison au Mali et d'un de ses dirigeants, Abou Tourab, détenu à la CPI» (Cour pénale internationale) qui siège à La Haye.

«Nous annonçons notre responsabilité dans l'enlèvement de cette mécréante évangélisatrice qui, par son travail, a réussi à faire sortir de l'islam nombre de fils de musulmans», selon les propos en arabe attribués par l'agence Al-Akhbar à un porte-parole de «l'Emirat du Sahara» s'exprimant dans la vidéo que l'agence n'a pas diffusée.

D'après Al-Akhbar, Béatrice Stockly apparaît dans la vidéo, elle y décrit son rapt à Tombouctou et y reconnaît ses activités «d'évangélisation».

Premier enlèvement en 2012

Béatrice Stockly, une quadragénaire qui revendique sa foi chrétienne, était très impliquée dans les actions sociales à Tombouctou, où elle avait déjà été enlevée une première fois en 2012.

Grâce à une médiation burkinabè, elle avait été libérée au bout d'une dizaine de jours de captivité par le groupe djihadiste, Ansar Dine, qui contrôlait alors Tombouctou. Malgré les mises en garde du gouvernement suisse, elle est retournée s'y installer en janvier 2013, lorsque les djihadistes en ont été chassés et ont été dispersés à la faveur d'une intervention militaire internationale déclenchée à l'initiative de la France.

«Les Moudjahidine l'ont détenue en 2012 avant de la remettre en liberté quelques jours plus tard après qu'elle s'est engagée à ne plus revenir à cette pratique condamnable en terre d'islam», une promesse qu'elle n'a pas respectée, «son sort était alors de retomber aux mains des Moudjahidine», est-il encore écrit dans la légende de la photo diffusée par Al-Akhbar.

Séjour déconseillé

Le DFAE qui a mis en place une cellule de crise dès l'enlèvement, a indiqué être en contact avec les proches de Béatrice Stockly et avec les autorités maliennes.

Il a rappelé que depuis le 1er décembre 2009, les voyages au Mali sont déconseillés aux ressortissants suisses en raison du risque élevé d'enlèvement.

A propos de la décision de la Suissesse de retourner à Tombouctou, le ministère a souligné qu'«après l'épisode de 2012, (il) avait attiré l'attention de cette personne sur les risques élevés qu'elle encourait au Mali (...) et lui avait expressément déconseillé de retourner dans ce pays».

(nxp/afp)