Tribunal fédéral

10 mai 2017 12:17; Act: 10.05.2017 12:21 Print

L'ex-ministre gambien restera en prison

Le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone considère qu'il y a bien risque de fuite de Ousman Sonko, soupçonné de crimes contre l'humanité.

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Ousman Sonko. (Photo: Twitter)

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L'ex-ministre gambien Ousman Sonko, soupçonné de crimes contre l'humanité, reste en détention provisoire. Le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone considère qu'il y a bien risque de fuite et risque de collusion.

Le TPF ne croit pas que l'ex-ministre ignorait les actes de torture commis par la police et des groupements proches de celle-ci. L'ancien ministre du régime de Yahya Jammeh avait été arrêté en janvier au centre de transit pour requérants d'asile de Lyss (BE).

Il avait été dénoncé par l'organisation non gouvernementale (ONG) TRIAL. Celle-ci reproche à Ousman Sonko d'avoir été un élément-clé du régime répressif. Il aurait ordonné des arrestations arbitraires, des tortures et des assassinats d'opposants au régime.

Le Ministère public de Berne avait ouvert fin janvier une procédure pénale contre M. Sonko. Ce dernier a été placé en détention provisoire le 28 janvier pour trois mois. En février, la procédure est passée en mains du Ministère public de la Confédération (MPC). Il existe assez d'éléments pour «ne pas exclure le soupçon de crimes contre l'humanité» qui vise l'ancien ministre, avait expliqué le MPC.

Accusations contestées

Ainsi qu'il ressort de l'arrêt du TPF, diffusé mercredi, l'ex-ministre conteste avoir été témoin de mauvais traitements. Il affirme qu'aucun cas de torture dans les prisons ou dans les commissariats ne lui aurait été signalé durant la période pendant laquelle il faisait partie du gouvernement.

Il soutient par ailleurs qu'il n'avait qu'une responsabilité administrative et qu'il n'avait pas de tâches opérationnelles en lien avec les activités des forces de l'ordre et du personnel pénitentiaire.

Ousman Sonko déclare qu'il a fui son pays en septembre 2016 après avoir refusé d'obéir à un ordre du président. Il dit avoir craint ensuite pour sa sécurité. Avant d'avoir été ministre, Ousman Sonko avait été chef de la police. Auparavant, il avait été commandant de la garde présidentielle. (arrêt BH.2017.1 du 24 février 2017)

(nxp/ats)