Asile

20 novembre 2013 14:39; Act: 20.11.2013 14:59 Print

La politique envers les requérants dénoncée

L'Observatoire du droit d'asile et des étrangers (ODAE) romand a dénoncé mercredi dans son rapport annuel la politique de dissuasion menée par les autorités à l'égard des demandeurs d'asile.

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Il s'agit de décourager ceux qui seraient tentés de venir en Suisse et d'envoyer un signal clair à ceux qui y sont déjà que tout sera fait pour qu'ils partent, a critiqué devant la presse Mariana Duarte, coordinatrice de l'ODAE romand. De nombreux efforts sont entrepris pour «diminuer l'attrait de la Suisse».

Aux yeux de l'ODAE romand, l'Etat a souvent le tort de réduire les demandeurs d'asile à des statistiques. On martèle un message de dissuasion sans regarder qui il va toucher, a souligné Mme Duarte. «Il y a toutefois un prix humain à payer pour cette politique», a souligné la coordinatrice.

Lenteur de certaines procédures

Par ailleurs, l'accélération des procédures en matière d'asile, évoquée par tout le monde, demeure très relative, constate l'ODAE romand. Si certains dossiers en bénéficient, des personnes, dont le besoin de protection est manifeste, continuent toujours d'attendre longtemps avant d'être fixées sur leur sort, a relevé Mme Duarte.

Les Sri Lankais, les Érythréens ou les Iraniens qui ont fui leur pays pour venir en Suisse sont le plus souvent dans cette situation d'attente interminable. Ils vivent de façon précaire dans des logements collectifs et n'ont pas droit au regroupement familial, a noté Aldo Brina, du Centre social protestant (CSP) de Genève.

L'ODAE romand ne compte pas sur un assouplissement de la politique d'asile en Suisse dans l'immédiat. Une série de durcissements est en vue pour 2014, a même déclaré M. Brina. Des restrictions seront notamment imposées à l'asile familial et les requérants ne pourront plus mener d'activités politiques sous peine d'être punis.

Jungle législative

Pour M. Brina, il faut être un expert de la question pour pouvoir se retrouver dans la législation sur l'asile, tant les réformes sont nombreuses et l'activité parlementaire sur le sujet «frénétique». Restent les chiffres, qui indiquent que les demandes d'asile en Suisse ont baissé d'environ 30% cette année par rapport à 2012.

Ce recul n'a pas de lien significatif avec le durcissement des lois sur l'asile, a cependant estimé M. Brina. Selon lui, l'image du robinet ne peut pas être utilisée ici. Les demandes d'asile fluctuent aussi en fonction de la situation internationale et des routes privilégiées par les passeurs pour rejoindre l'Europe.

(ats)