Suisse

13 octobre 2017 14:34; Act: 13.10.2017 21:29 Print

Les requérants érythréens devraient être mieux protégés

Face à la hausse des refus aux demandes d'asile des Erythréens, un collectif demande à la Confédération de revoir sa politique.

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La pétition, qui a déjà recueilli 2500 signatures, sera remise à la Conseillère fédérale en charge de justice et police, Simonetta Sommaruga. (Photo: Keystone)

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L'Action citoyenne pour une politique d'asile digne de la Suisse a lancé une pétition en faveur «de la protection des requérants d'asile érythréens». Elle s'inquiète du durcissement de ton de Berne à leur égard.

Depuis 2016, le nombre de refus d'accorder l'asile à des personnes fuyant ce pays de la Corne de l'Afrique est en hausse. «Entre 1 et 3% de refus entre 2010 et 2015, 9,1% en 2016 et 14,6% en 2017», a regretté vendredi à Lausanne Chantal Ebongué, porte-parole du mouvement.

Ce changement ne s'explique «pas par l'amélioration de la situation sur place mais est lié à des politiques internes à la Suisse», insiste-t-elle. «Environ 25% des demandeurs d'asile en Suisse viennent d'Erythrée. Et si l'UDC a décidé de cibler cette communauté, c'est pour une question de nombre, de taille».

Loin de la réalité

«Nous nous expliquons mal pourquoi la politique a pris ce virage», ajoute Diane Barraud, pasteure et médiatrice Eglise-Migration. «Et ce changement heurte un sens de la justice qui nous pousse à vouloir interpeller les autorités».

Par le biais de cette pétition, le comité lance donc un message à la Confédération. Et plus particulièrement à la conseillère fédérale en charge de justice et police Simonetta Sommaruga à qui il projette de remettre les paraphes: ces personnes «fuient avant tout une dictature», le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) doit «assouplir sa pratique» à leur égard.

Tradition d'accueil

«Il ne s'agit pas uniquement de la tradition d'accueil de la Suisse. Il est ici question de morale, d'humanité. Ces gens ne sont pas des numéros», a martelé Veronica Almedom, membre de la commission fédérale des migrations et co-directrice d'Information Forum for Eritrea.

Le texte, mis en ligne le 2 octobre, avait recueilli près de 2500 signatures vendredi en début d'après-midi. Le comité de lancement, composé de membres de la société civile, de différents groupements d'accueil et de soutien aux migrants et d'associations, se laisse six mois pour récolter les paraphes.

(nxp/ats)