bilan

13 décembre 2009 22:33; Act: 04.02.2010 17:39 Print

Le «pacs suisse» séduit de moins en moins les gays

par Raphaël Pomey - Les couples homos sont de plus en plus rares à se rendre à l’état civil pour enregistrer leur union.

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Les milieux conservateurs craignaient une révolution des mœurs. Un séisme. Près de trois ans après son introduction en Suisse, le partenariat gay brille surtout par sa sous-utilisation. Pour sa première année, en 2007, ils étaient un total de 2003 couples à enregistrer leur union. Un pic. Cette année, leur total atteignait tout juste 653 à la fin septembre.

Selon le député vaudois UDF Maximilien Bernhard, les raisons de cette chute sont claires: «Mettre en place ce partenariat ne répondait aux désirs que d’une minorité au sein de la communauté gay.» Opposant de la première heure à ce type d’union, il juge que les problèmes des couples homos auraient pu être gérés avec les lois déjà existantes.

Pour Jean-Paul Guisan, de l’association suisse des gays Pink Cross, l’explication est tout autre: «En 2007, beaucoup de gays se sont «partenariés» parce qu’ils attendaient une acceptation de la société depuis des années.» Ensuite, ce sont surtout les faces sombres de la loi, interdiction d’adopter ou désavantages fiscaux, qui auraient percé au grand jour.

Comment rendre le partenariat à nouveau sexy? Régis Froidevaux, de l’association Juragai, avance: «Quelqu’un qui se «pacse» ne devrait plus avoir à l’annoncer à son employeur.» Un avis partagé par Jean-Paul Guisan: «Sur les questionnaires professionnels, une même case devrait indiquer indifféremment si l’on est marié ou en partenariat gay. Ce serait plus facile à assumer dans certains milieux.»