Initiative Ecopop

26 août 2014 09:33; Act: 26.08.2014 11:51 Print

Un comité écologiste monte au créneau

A plus de trois mois de la votation, les opposants à l'initiative de l'Association écologie et population (Ecopop) lancent déjà la campagne.

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Un comité composé de représentants d'organisations environnementales dénonce le «miroir aux alouettes». Le texte ne résout aucun problème environnemental. Malgré son titre «Halte à la surpopulation - Oui à la préservation durable des ressources naturelles», l'initiative ne propose aucune solution réelle pour contrer l'épuisement des ressources, a déclaré le conseiller aux Etats Robert Cramer (Verts/GE) mardi lors d'une conférence de presse.

Même si le scrutin n'aura lieu que le 30 novembre, il est essentiel de faire comprendre à la population que ce texte qui vise à réduire drastiquement l'immigration n'apporte aucune solution aux problèmes écologiques, selon lui.

Le comité d'opposants «Oui à l'environnement, non à Ecopop» comprend nombre de personnalités issues des milieux environnementaux ou scientifiques. Les problèmes ne s'arrêtent pas aux frontières nationales; «Ecopop ne permettra d'économiser aucun gramme de CO2 ni de modérer notre utilisation du sol ou des ressources», a affirmé l'ancien directeur du WWF Suisse Hans-Peter Fricker.

Non à l'isolement

Le plus grand problème environnemental de la Suisse est son empreinte écologique, correspondant à 2,8 planètes, pour le comité. Son augmentation constante n'est pas due à l'immigration mais aux exigences toujours plus grandes de tout un chacun.

L'initiative évoque un pays idyllique, dans lequel nous ne pourrions maintenir notre prospérité que si nous vivions en vase clos, a renchéri la codirectrice de Greenpeace Verena Mühlberger. Une Suisse propre et concurrentielle a besoin d'innovation et non d'isolement, pour Nick Beglinger, président de l'association économique swisscleantech.

Et de plaider pour une croissance qualitative plutôt qu'une réduction quantitative des habitants. Une Suisse comptant 11 millions d'habitants mais ayant réalisé le tournant énergétique serait plus durable qu'une Suisse de 8 millions sans approvisionnement énergétique durable.

Serrer la ceinture

Pour protéger véritablement l'environnement en Suisse, il faut réduire la consommation par habitant, a ajouté la conseillère nationale Tiana Moser (PVL/ZH). «La mobilité ne peut pas croître indéfiniment, notre territoire est limité et notre environnement ne supporte qu'une dose limitée de polluants.»

Malheureusement, les incitations à corriger les comportements individuels font défaut, selon elle. Quant à l'initiative d'Ecopop, elle ne fait que déplacer les problèmes au lieu de les résoudre: elle est donc «malhonnête et trompeuse», a souligné la Verte libérale.

Pour l'ancien directeur de l'Office fédéral de l'aménagement du territoire Pierre-Alain Rumley, l'immigration n'est pas responsable des problèmes comme la consommation excessive du sol ou le mitage du territoire. Les étrangers ne vont pas habiter dans des maisons individuelles en campagne, a-t-il noté. Le développement territorial problématique est le fait d'une mauvaise gouvernance, des communes en particulier.

Planing familial

L'initiative populaire veut limiter la croissance annuelle de la population due à l'immigration à 0,2% sur une moyenne de trois ans, soit environ 17'000 personnes. Ecopop exige en outre que 10% des fonds de l'aide au développement, soit environ 200 millions de francs par an, aillent au contrôle des naissances dans les pays pauvres.

L'association ferait mieux de distribuer des préservatifs aux riches de la planète, a estimé la codirectrice de Greenpeace. Alliance Sud et la fondation Santé sexuelle Suisse organisent une conférence de presse jeudi pour dénoncer les nuisances que risque de créer Ecopop au développement durable des pays pauvres.

(ats)