Education

04 septembre 2016 14:23; Act: 05.09.2016 07:13 Print

L'école à domicile reste une option marginale

On estime aujourd'hui à mille le nombre d'élèves concernés par cette alternative à l'enseignement public ou privé. Ce choix dépend également beaucoup des cantons.

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S'improviser prof à domicile pour ses propres enfants: ce choix n'est pas si aisé. Il dépend pour beaucoup du canton plus ou moins libéral où l'on habite. La Suisse compte un millier d'enfants scolarisés à la maison, soit moins de 0,1% des inscrits à l'école publique.

On est loin des 43'000 (4,7%, chiffres 2015) élèves qui fréquentent les écoles privées et à des années-lumière des près de 880'000 qui suivent l'école publique. L'école à domicile reste un phénomène très marginal.

Bien qu'il n'y ait pas de statistique nationale, on estime aujourd'hui le nombre à 1000 élèves, indique Marcel Hanhart, membre du comité directeur d'Education à domicile Suisse, faîtière des diverses organisations présentes dans les cantons. Et il n'a pas relevé d'évolution notable dans son canton, Berne, plutôt tolérant en la matière.

Même constat dans le canton de Vaud, également assez souple envers cette pratique: la progression observée pour l'enseignement à domicile est proportionnelle à celle de la scolarité obligatoire. Cette année, 217 familles se sont annoncées pour 329 élèves. Cela représente moins de 0,4%, selon Serge Martin, directeur général adjoint du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture.

Vaud et Neuchâtel souples

A Fribourg, où les conditions sont plus restrictives, les effectifs sont tout aussi stables (entre 10 et 15 enfants) tant dans la partie francophone qu'alémanique, relève Marianne Meyer, conseillère scientifique à la Direction de l'instruction publique de la culture et du sport.

Le Valais compte 5 enfants, Genève 35, a relaté récemment le quotidien 24 Heures. Ces différences tiennent pour beaucoup aux régimes très différents d'un canton à l'autre.

Alors que Berne, Argovie, Appenzell Rhodes-Extérieures, Vaud et Neuchâtel ont les législations les plus ouvertes à l'école à domicile, le Tessin, St-Gall, la Thurgovie et Bâle-Ville sont considérés comme les plus restrictifs, ne délivrant des autorisations qu'au compte-goutte, selon Marcel Hanhart.

Les autres cantons, à l'instar de Fribourg, exigent pour la plupart que le parent dispose d'un titre d'enseignement correspondant au niveau des enfants qu'il instruit ou qu'il engage un précepteur. Les exigences en matière d'acquis des élèves diffèrent aussi d'un canton à l'autre.

Ecole publique pas menacée

Les raisons invoquées par les parents qui choisissent cette méthode varient beaucoup: approche pédagogique différente, rythme adapté à l'enfant, adhésion à certaines valeurs spirituelles, notamment.

Mais pour Marianne Meyer les parents ne choisissent pas cette voie par défiance envers l'école publique. «C'est parce qu'ils sont convaincus de leur apporter plus». Serge Martin ne craint pas non plus une remise en question des qualités du public. L'école libre reste bien trop marginale.

Ce qui n'empêche pas l'Etat de se montrer à bien des égards plutôt jaloux de ses prérogatives en matière d'enseignement. A l'image de la France, qui prévoit un renforcement des contrôles de l'enseignement dispensé aux enfants instruits dans la famille dans le cadre du projet de la loi «Egalité et citoyenneté», la tendance à un durcissement est redoutée.

Explorer de nouvelles méthodes

Le canton de Vaud est par exemple en train de revisiter la loi sur l'enseignement privé. «Dans cette loi figurent aussi des éléments en lien avec l'enseignement à domicile. Il est possible que des précisions soient apportées à ce propos», indique Serge Martin. A Fribourg, les conditions restrictives pour l'école à la maison n'ont pas été remises en cause lors de la révision de la loi sur la scolarité obligatoire en 2014, rappelle Marianne Meyer.

Marcel Hanhart estime lui important de laisser la liberté de choisir et d'explorer de nouvelles méthodes. Il cite en exemple le «Unschooling», qui a fait son apparition en Suisse ces dernières années et qui consiste à laisser les enfants apprendre uniquement ce qui les intéresse: «L'essentiel est que les familles respectent le cadre légal».

Ce qui n'est pas toujours le cas : il est déjà arrivé au canton de Vaud de devoir retirer une autorisation à des parents, confie M. Martin.

(ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • yadlajoy le 04.09.2016 15:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bonne idee

    perso je suis pour, y a maintenant trop de petite racailles dans les ecoles meme en primaire qui rendent la vie impossibles aux autres

  • Ophélie le 04.09.2016 15:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ha si seulement!

    Franchement, si j'avais les moyens de ne pas devoir travailler, je ferais en sorte de ne passer de l'instruction scolaire. Quel luxe de ne pas être soumis à des horaires qui ne conviennent pas, de ne pas écrire des "mots d'excuses" pour une visite chez le médecin, et éviter les bagarres. Une activité extrascolaire suffit pour le côté social des enfants, et le fait de vivre en immeuble également.

  • mia le 04.09.2016 18:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    instruction obligatoire, école non !

    C'était il y a longtemps, car aujourd'hui mon fils a 47 ans... il avait à l'époque 8 ans et pour des raisons que je vais garder ici sectètes, il n'a pu aller en classe pendant 1 année complète. Rien n'avait été prévu pour que l'instruction à laquelle il avait droit n'avait été entrepris et aucune instance ne s'était soucié de cet aspect. J'avais donc entrepris de l'instruire à la maison, en me basant sur ce que ses camarades faisaient à l'école, lesquels enfants j'allais voir chez eux pour obtenir programme et devoirs, etc. Mon fils a repris l'école lorsqu'il a été guéri, et au final, il a sauté une classe !!! la dimension socio-culturelle n'a jamais été rompue, des copains venaient le voir à la maison, nous allions à la piscine lorsqu'il pouvait le supporter. Finalement, si l'instruction est obligatoire, l'école ne l'est pas et mon fils ne s'est jamais plaint de cette année passée en dehors des murs de cette institution. Si aujourd'hui j'avais des enfants en âge scolaire, je reprendrais l'idée de les instruire à la maison. Voilà c'était juste un témoignage.

Les derniers commentaires

  • Julia De Maglie le 11.09.2016 10:14 Report dénoncer ce commentaire

    sur 880000 combien déteste l'école?

    J'ai été obligé déscolariser ma fille, à cause de comportement agressive des certains élèves. L'école à domicile demande beaucoup de travail, ce n'est pas facile. Mais procure énormément de plaisir.

  • Zeitgeist le 05.09.2016 17:08 Report dénoncer ce commentaire

    Suite et fin de "Qu'un début"

    Notre enfant va toute son existence apprendre à vivre dans le monde des humains. Si nous le respectons, il nobéira pas aveuglément à des ordres, mais sera capable de comprendre les personnes et de choisir de faire ou non ce quon lui demande. Notre rôle de parents est bien heureusement devenu complexe. Il nous faut réfléchir à une autre manière de communiquer avec nos enfants, nous former, prendre des informations et des encouragements au sein de groupes, de travailler sur nous. Cest le projet dune vie, mais il en vaut la peine. Il y a un monde meilleur au bout de cette route ! CDK

  • Zeitgeist le 05.09.2016 17:05 Report dénoncer ce commentaire

    suite de "Qu'un début"

    Notre enfant nest pas une marionnette faite pour répondre présent aux personnes quil aime le plus au monde, en lesquelles il a le + confiance : ses parents. Cest une personne sensible qui vit comme nous des deuils, des déceptions, qui a des désirs, des besoins et qui, caractéristique de ses premières années, sattend au meilleur dans la vie

  • andine le 05.09.2016 15:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vive...

    vive l école a la maison.

  • Zeitgeist le 05.09.2016 13:56 Report dénoncer ce commentaire

    Humour et amour, bon mélange