Suisse

19 avril 2017 17:42; Act: 19.04.2017 19:11 Print

41% des femmes victimes de harcèlement sexuel

par D. Pomper/ofu - Selon un sondage de «20 Minuten», 58% des femmes ont peur de se promener seules la nuit et près d'une participante sur deux affirme avoir déjà été victime d'abus sexuel. Des experts demandent la création de cours de conduite pour les garçons.

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(Photo: Keystone/A9999/_henning Schoon)

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Comment se sentent les femmes en Suisse? Pour répondre à cette question, nos confrères de «20 Minuten» ont lancé un sondage en ligne (lire encadré). Et les résultats montrent que même si la Suisse est considérée comme étant un des pays les plus sûrs du monde, 58% des participantes ont peur de se balader seules la nuit.

L'enquête a également permis de révéler un autre état de fait inquiétant. 44% des femmes disent avoir déjà été victimes d'abus sexuel: 41% d'entre elles ont été harcelées sexuellement et 3% ont été violées.

Les cas de violations de l'intégrité sexuelle en hausse

La récente statistique de la criminalité montre que 7329 violations de l'intégrité sexuelle ont été recensées l'an dernier dans notre pays, soit une hausse de 8,5% par rapport à 2015. Si l'on se concentre sur les harcèlements sexuels, on constate que sur les 705 accusés 324 sont suisses et 381 de nationalité étrangère. Dans les cas de viols et de contraintes sexuelles, plus de la moitié des accusés sont étrangers. En revanche, la proportion de ressortissants helvétiques est plus élevée dans les cas d'exhibitionnisme.

Pourquoi autant de femmes sont-elles victimes de violences sexuelles? «Il existe encore trop d'hommes qui ne respectent pas les femmes et leur intégrité corporelle», dénonce Daniela Brühwiler d'un centre de conseil zurichois pour les victimes d'agressions sexuelles. «Dans certains clubs, c'est normal de toucher la poitrine ou l'entrejambe des femmes. Celles âgées entre 18 et 29 ans sont les plus nombreuses à être victimes de violences sexuelles parce qu'il s'agit de la tranche d'âge qui sort le plus.»

«80% des femmes connaissent leur agresseur»

Interrogée sur le nombre élevé d'accusés étrangers dans les cas de violation de l'intégrité sexuelle, Daniela Brühwiler pense que cette proportion s'explique par le fait que l'image de la femme dépend de la culture. «Il existe des cultures où certains hommes pensent que la femme est là pour assouvir leurs besoins et qu'elle doit être disponible à tout moment.»

Malgré cela, l'experte zurichoise met en garde contre les préjugés dangereux: «80% des femmes connaissent leur agresseur. Il s'agit souvent d'un membre de la famille ou d'un ami.» Et au final, résume-t-elle, il s'agit toujours d'une personne qui veut exercer son pouvoir, peu importe sa nationalité.

«Les gens préfèrent détourner le regard»

Afin de faire baisser le nombre d'agressions en Suisse, Daniela Brühwiler souhaiterait que les garçons apprennent, déjà à l'école, qu'ils doivent respecter les femmes. Le conseiller national Thomas Hurter (UDC/SH), membre de la commission de la politique de sécurité du National, propose quant à lui d'augmenter la sécurité dans certains endroits pour que les femmes se sentent plus rassurées. Mais ce qui est encore plus important à ses yeux c'est de ne pas critiquer et condamner après coup les interventions de police. «Cela contribue au fait que les gens préfèrent détourner le regard au lieu d'intervenir.»