Schaffhouse

02 décembre 2015 11:37; Act: 02.12.2015 11:38 Print

Accusés d'avoir fomenté un attentat en Suisse

Trois Irakiens, soupçonnés d'appartenir à une cellule de l'EI en Suisse, ont été arrêtés en 2014 à Beringen (SH). La «NZZ» dévoile ce que le MPC leur reproche.

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Trois hommes, accusés de participer à une organisation criminelle et de la soutenir, se trouvent en détention préventive depuis le printemps 2014. Jusqu'à présent, peu d'informations concernant ces Irakiens ont filtré. Dans son édition de mercredi, la «NZZ» livre davantage de détails sur cette affaire. Le quotidien alémanique affirme en effet avoir pu se procurer l'acte d'accusation du Ministère public de la Confédération (MPC).

On apprend ainsi que les trois Irakiens - Osamah M., Mohammed O. et Wesam J. - se connaissaient déjà bien avant de se retrouver en Suisse. Les hommes, tous originaires de Kirkouk, une ville située au nord de l'Irak, avaient en effet l'habitude de se retrouver en Syrie, où ils se partageaient un appartement. Les trois suspects sont accusés par le MPC d'avoir agi au sein d'un groupement actif à Damas, en Syrie, avant de venir en Suisse. Si le MPC ne donne pas le nom de ce groupement, il révèle les noms de ceux qui le dirigent: Abu Hajer, plus communément appelé «lion de l'Etat islamique», et Abu Fatima, un gouverneur présumé de l'EI.

En chaise roulante à cause d'une blessure de guerre

Osamah M., soupçonné d'être le leader de la cellule helvétique du groupe Etat islamique, se déplace en chaise roulante en raison d'une blessure de guerre. Il est arrivé en Suisse le 16 janvier 2012. Sa demande d'asile a été acceptée par les autorités suisses. Selon l'acte d'accusation du MPC, Osamah M. s'entretenait régulièrement avec Abu Hajer et Abu Fatima via Skype ou Facebook. L'Irakien aurait également agi en tant que coordinateur pour faire entrer des membres de l'EI en Suisse, en Finlande et au Canada.

En ce qui concerne la Suisse, Osamah M. aurait tenté de faire entrer Mohammed O. sur le territoire helvétique fin 2012. Mais sans succès. Il est finalement parvenu à ses fins un an plus tard, soit fin 2013. Mais les autorités ont rejeté sa demande d'asile et voulaient le renvoyer en Italie. Mohammed O. a alors disparu et s'est installé mi-janvier 2014 chez Osamah M. à Beringen (SH). Les deux hommes sont accusés de soutien, voire de participation à une organisation criminelle, avec préparation d'un attentat terroriste.

Message codé pour des armes

En février 2014, le commandant Abu Hajer les avertit qu'il va envoyer quelqu'un «de l'entreprise qui s'y connaît en melons». Pour le MPC, c'est un message codé pour des armes et des explosifs. Dans un des nombreux messages envoyés à Abu Hajer, Osama M. se plaint par ailleurs de la cherté de la vie en Suisse, qui l'empêche de trouver tous les «ingrédients pour la cuisson de son pain». Il demande donc à Abu Hajer de le mettre en contact avec «le centre». Qui devra lui envoyer un spécialiste capable d'organiser et d'exécuter un attentat en Suisse qui devra être revendiqué au nom de l'Etat islamique.

Osamah M. suggère également de lister ce dont il a besoin sur une clé USB que Wesam J. doit aller récupérer chez un contact d'Abu Hajer en Turquie. Le courrier se rend donc à Mersin en mars 2014 et en revient deux jours plus tard. Le lendemain, il rencontre Osamah M. dans son appartement de Beringen (SH).

Des «fils de chiens» et des «ânes»

C'est ce moment que choisit l'Office fédéral de la police pour arrêter les deux hommes. Le logement abritait également Mohammed O. mais il ne fut arrêté que deux semaines plus tard. En juillet, la procédure a été étendue à un quatrième Irakien qui a délivré du matériel à l'Etat islamique à Alep. Les quatre hommes nient tout ce qui leur est reproché mais leurs messages montrent très clairement ce qu'ils pensent de la Suisse et de ses habitants. Ceux-ci ne sont que des «fils de chiens» et des «ânes». «Ils doivent être décapités et ne méritent pas d'être convertis», juge Osamah M. qui a obtenu l'asile sur de fausses déclarations et a été soigné en Suisse.

(ofu/smk/nxp)