Suisse

13 février 2018 17:49; Act: 14.02.2018 22:39 Print

250'000 personnes dépendent de la bouteille

L'Etat doit davantage s'engager dans la lutte contre les addictions, qui se diversifient, selon Addiction Suisse.

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L'alcool et le tabac, bien que légaux, demeurent les produits addictifs les plus létaux en Suisse. (Photo: Sigrid Olsson)

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L'alcool et le tabac, bien que légaux, demeurent les produits addictifs les plus létaux en Suisse. Alors que leur consommation stagne, Addiction Suisse s'inquiète de la diversification des chemins menant à la dépendance et en appelle à un engagement accru de l'Etat.

Les exemples de cette diversification ne manquent pas, écrit Addiction Suisse dans son Panorama 2018 publié mardi. A travers ce dossier, la fondation fait le tour des connaissances les plus récentes en matière de consommations problématiques et de dépendance.

Et de citer les cigarettes électroniques ou autres produits du tabac chauffés qui envahissent le marché; le cannabis contenant du CBD ou sous forme de gouttes ou de baume, voire dans les denrées alimentaires, ainsi que les nouvelles substances psychoactives et les jeux en ligne.

Rôle de l'Etat

Cette évolution exige de nouveaux garde-fous. Il s'agit de favoriser les produits qui provoquent le moins de dommages et non pas de céder aux groupes d'intérêt les plus influents. Sans engagement politique, il y a un vide dont les fabricants profitent, affirme le Centre national de compétences Addiction Suisse.

Une action rapide et un concept global sont nécessaires pour mieux réguler le marché et limiter les dégâts pour la santé. Mais à ce jour, aucune ligne politique claire n'a été définie, regrette-t-il. Or l'Etat doit revêtir le costume d'arbitre et intervenir là où la santé de la population est en jeu.

Il doit pour ce faire intensifier la recherche indépendante. A la publicité de l'industrie, l'Etat doit répondre par l'information, la prévention, voire la législation qu'il s'agit d'adapter.

Tabac

Et Addiction Suisse de citer l'exemple du tabac. Le taux de fumeurs stagne en Suisse à environ 25% depuis six ans, alors qu'il diminue dans de nombreux pays européens. Par exemple l'Angleterre et la Suède ont mené une politique antitabac très dynamique et ont activement contribué à faciliter le passage aux produits de nouvelle génération.

En l'absence de mesures de ce type, on court le risque que ces produits génèrent une consommation de nicotine supplémentaire. La Suisse a donc besoin d'une politique cohérente en matière de tabac et de nicotine qui tienne compte des dommages pour la société et l'économie. Selon les derniers chiffres, 9500 décès sont causés chaque année par la fumée.

Alcool

Pour l'alcool, Addiction Suisse avance les chiffres de 1600 décès prématurés par année. Mais si 75% des habitants de plus de 15 ans ne fument pas, ils ne sont que 14% à ne pas boire, une part en légère hausse. Et parmi les millions de Suisses à consommer bière, vin ou spiritueux, près de 250'000 sont dépendantes de la bouteille.

Addiction Suisse met le doigt sur un effet collatéral moins connu: en 2016, 51,6% de la population, des femmes surtout, a été importunée d'une façon ou d'une autre par des tiers alcoolisés, souvent des inconnus. Un taux quasi inchangé depuis 2012.

Drogues légales et illégales

Les autres produits addictifs connaissent des taux de consommation bien moindres, à l'exception du cannabis. Pour ce dernier, une révision de loi est nécessaire afin de clarifier des situations conflictuelles qui se multiplient, à l'image de celles engendrées par les produits du CBD, la conduite d'essais thérapeutiques ou l'inégalité des sanctions.

Au-delà des drogues illégales, Addiction Suisse attitre l'attention sur la hausse de la consommation de médicaments, les antalgiques à base d'opiacés plutôt par les aînés et les psychostimulants par les plus jeunes. De plus, près de 200'000 personnes prennent des somnifères contenant des benzodiazépines depuis plus d'un an. Ces derniers étant remis sur ordonnance, c'est à la responsabilité des médecins qu'Addiction Suisse en appelle.

Internet et jeux d'argent

Restent deux sortes d'addiction, virtuelles mais pas moins dangereuses: celle liée aux jeux d'argent et celle provoquée par l'Internet. Parmi les adeptes des jeux d'argent, 0,8 à 2,2% sont des joueurs problématiques et 0,5 à 0,8% des joueurs pathologiques. Le phénomène touche essentiellement des hommes plutôt jeunes.

L'ouverture du marché des jeux d'argent sur Internet menace d'entraîner davantage de gens dans la dépendance, avertit la fondation. L'Internet justement, dont l'usage est devenu problématique pour 1% des plus de 15 ans.

Mais pour les 12-13 ans et les 15-19 ans, ce taux atteint les 7%. De quoi s'inquiéter, sachant que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les jeux vidéos sur le Web comme un trouble et qu'on ignore encore tout des effets à long terme de telles pratiques.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Duvent le 13.02.2018 19:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste vie en perspective ....

    Donc pas de cigarettes, pas de vin, pas de viande (dépendance au steak) pas de chocolat(ça rend obèse) etc .... donc il reste plus qu'à bosser jusqu'à 67 ans (pour bientôt) et crever au boulot, sans avoir droit aux plaisirs de la vie ....

  • Didi02 le 13.02.2018 18:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les années 80 ça avait l'air tellement bien

    je ne suis pas d'accord ... en plus de ça vous avez une autre dépendance les jeux vidéos et les petits crédits et je dois en oublier d'autre ..... je regrette d'être jeune de cette génération

  • Franck Lemoulin le 13.02.2018 19:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Médicament trop distribué

    La dépendance aux médicaments sont un immense problème pour l'ensemble de notre societé, c'est légal et ca fait vraiment du mal... beaucoup d'addiction = beaucoup de probléme dans la societé...

Les derniers commentaires

  • Richard Engel le 14.02.2018 21:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    hypocrisie d'état.

    Alcool, tabac ça rapporte trop à l'état pour que la confédération prenne le problème à bras le corps.

  • D.Matile le 14.02.2018 14:23 Report dénoncer ce commentaire

    Addict.

    Mais que reste t- il au pseudo journaliste d'une prétendument presse de zaping d'haujourd'hui ? si ce n'est que culpabiliser la population avec un article anxiogêne (pompé ); prétenduement composé dans un but informatif qui compile données par tranches d'âges , pourcentages, manque les graphiques!.. ; tout cela pour finir par constater que quand ce n'est pas une addiction de consomation de type rituel social, on dècouvre que la religion ou pseudo.. vient á combler le vide ressenti par l'individu, toutes origines, et races confondues . Journalistes,medecins,pasteurs compris..

  • Kikikoko le 14.02.2018 12:04 Report dénoncer ce commentaire

    Quand lalcool nous tiens

    Les OH chronique on en voit tout les jours regarder juste leurs gueules . Tôt Le Matin ils ont la tremblette il leurs faut aussi la dose autrement cest la déprime ! Une connaissance dort avec sa bouteille il nous dit si je la voit pas sur ma table de nuit je fais des cochmards . Sans sa dose pas besoin de lui parler il devient triste et boudeur !

  • Greg le 14.02.2018 10:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ah le vin convivial. .

    N oublions pas Que les apéros d entreprises, réunion en tout genre , même chez les politiques il y a tjs une bouteille de Blanc, Rosé ou de Rouge qui vas avec. On est dans le pays du vin et de l apéro on connaît tous ces moments là même si on ne boit pas où là bonne bouteille de vin apparait en sociétée, triste mais vrai.

  • A méditer le 14.02.2018 10:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cherchez l'erreur

    L'alcool (violences domestiques, incapacité de travailler, soins hospitaliers et psychiatriques) est un fléau autrement plus important que la cigarette (taxes, interdictions) ... Et pourtant on continue à subventionner la culture du tabac et les vignerons. Cherchez l'erreur

    • Suissesse le 14.02.2018 11:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @A méditer

      Les bouteilles de vodka entières qui se boivent, c'est les vignerons de notre pays qui les fabriquent, c'est des alcools fort qu' ils boivent,

    • Jean entendeconneries le 14.02.2018 12:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Suissesse

      Fort ou non, le problème est le même.

    • Amédée Prougnard le 14.02.2018 12:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Suissesse

      Tu fais une remarque anti-drogues douces, anti-clopes, anti-légalisation et il y a une fronde d accros furieux qui sortent du bois. Ah, qu elle est loin l époque de Tonton Adolf

    • Suissesse le 14.02.2018 16:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jean entendeconneries

      Mais arretez, ils font des concours, C'est celui qui a bu une bouteille le plus vite possible qui est le plus fort.