Bombes à sous-munitions

25 mai 2011 14:39; Act: 25.05.2011 14:47 Print

Des institutions financières suisses épinglées

Le Crédit Suisse, l'UBS et quatorze autres institutions financières suisses ont été épinglées pour continuer à investir dans la production de bombes sales.

Une faute?

Seize institutions financières suisses, dont principalement le Credit Suisse (CS) et l'UBS, continuent d'investir dans la production de bombes à sous-munitions, a dénoncé mercredi Handicap International. Ce type d'investissements doit être banni, selon l'ONG.

Le traité d'interdiction des bombes à sous-munitions, entré en vigueur le 1er août 2010, mais pas encore ratifié par la Suisse, interdit l'assistance à la production de ces armes qui visent avant tout les civils, ont expliqué la conseillère aux Etats Liliane Maury Pasquier (PS/GE) et le conseiller national Hugues Hiltpold (PRD/GE) lors d'une conférence de presse à Genève.

«L'argent est le nerf de la guerre. Il faut interdire le financement de ces armes», a affirmé Liliane Maury Pasquier. Au total 166 institutions financières de 15 pays fournissent plus de 39 milliards de dollars à huit producteurs connus de bombes à sous- munitions et de leurs composants, selon un rapport de Pax Christi (Pays-Bas) et Netwerk Vlaanderen (Belgique) publié mercredi.

Les banques américaines sont de loin les plus impliquées dans des liens financiers avec des entreprises produisant des bombes à sous- munitions, avec 73 institutions sur 166. Suivent la Corée du Sud (26) et la Chine (21).

Des progrès

«Il y a des progrès d'une année sur l'autre. Le Credit Suisse a exprimé sa volonté d'agir, mais il ne peut pas encore garantir l'application de sa politique de désinvestissement dans toutes ses filiales», a précisé le représentant de Handicap International Paul Vermeulen. «La politique de l'UBS en la matière est toujours insuffisante, faute des clarifications nécessaires», a-t-il ajouté.

Tant le CS que l'UBS ont affirmé qu'un processus de désengagement est en cours. «Nous reconnaissons les difficultés à mettre en place des procédures de désinvestissement complètes», a indiqué Paul Vermeulen.

Les banques arguent qu'il est difficile de différencier les investissements dans de vastes conglomérats à la fois civils et militaires. Pour les ONG, ces pressions financières doivent pousser les producteurs à abandonner le secteur des bombes à fragmentation.

Credit Suisse a souscrit des actions et/ou obligations en 2009 à un producteur de bombes à sous-munitions, Textron (Etats-Unis). A fin janvier 2011, la banque possèdait des actions ou obligations chez deux autres producteurs, Singapore Technologies Engineering et Hanwha Corporation (Corée du Sud), selon les chercheurs mandatés par les ONG.

UBS a aussi souscrit des actions et obligations de Textron en 2009 ainsi que de Lockheed Martin (Etats-Unis) et Poongsan (Corée du Sud) en 2010, selon le rapport, fondé sur des données publiques.

Une recherche de l'Institut Profundo fait apparaître qu'en dehors du Credit Suisse et d'UBS, 14 autres institutions financières suisses sont détentrices d'actions et trois d'obligations des huit producteurs, mais pour des volumes mineurs, inférieurs à 0,1%.

Il s'agit de Bâloise Group, de la Banque cantonale vaudoise, de Clariden Leu, Corner Bank, Gonet & Cie, Lombard Odier Darier Hentsch, Pharus Management, Pictet & Cie, Swiss & Global Asset Management, Swiss Life, Swisscanto, la Banque cantonale de Zurich, Finter Bank Zurich et Swiss Re.

Tradition humanitaire

Les Chambres fédérales ont accepté l'an dernier les deux motions proposées par Liliane Maury Pasquier et Hugues Hiltpold demandant de mentionner dans la Loi fédérale sur le matériel de guerre (LFMG) l'interdiction pour toute personne physique ou morale de financer les bombes à sous-munitions et mines antipersonnel.

«La Suisse doit se montrer cohérente avec sa tradition humanitaire. La place financière suisse a tout à gagner à améliorer sa réputation, sa crédibilité et sa propreté», a argumenté la conseillère aux Etats genevoise.

Le Conseil fédéral doit présenter d'ici la fin de l'année son message aux Chambres sur la ratification de la Convention interdisant les armes à sous-munitions. La Convention a été signée par la Suisse en décembre 2008 à Oslo. Jusqu'ici 57 pays l'ont ratifiée. Des bombes à sous-munitions ont été utilisées récemment en Libye par les forces de Mouammar Kadhafi, selon Human Rights Watch (HRW).

(ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Basil Bazaroff le 25.05.2011 16:44 Report dénoncer ce commentaire

    C'est pas interdit d'être naifs !

    Les bombes à sous-munitions ne sont pas des bombes sales comme le prétend le sous-titre de l'article, je ne connais même pas des bombes propres. Quant à croire qu'interdire les bombes c'est interdire la guerre et la violence, hélas seuls les naïfs et quelques politiciens font semblant d'y croire. Je ne vais désormais investir que dans des entreprises qui fabriquent des armes éthiques et écologiques. Bienvenus aux pays des bisounours, hélas je ne l'ai pas encore trouvé et je dois vivre dans le monde réél.

  • Yuri Orlov le 26.05.2011 00:46 Report dénoncer ce commentaire

    @Basil Bazaroff

    C'est pas non plus interdit d'être intelligent ! Il n'y a effectivement pas de bombes propres mais des bombes qui continuent à tuer des enfants des décennies après la fin de la guerre sont quand même particulièrement dégueulasses. En plus vous êtes incohérent. Vous dites qu'elles ne sont pas sales mais que les propres n'existent pas. Il faudrait savoir, elles sont quoi alors ?

Les derniers commentaires

  • Yuri Orlov le 26.05.2011 00:46 Report dénoncer ce commentaire

    @Basil Bazaroff

    C'est pas non plus interdit d'être intelligent ! Il n'y a effectivement pas de bombes propres mais des bombes qui continuent à tuer des enfants des décennies après la fin de la guerre sont quand même particulièrement dégueulasses. En plus vous êtes incohérent. Vous dites qu'elles ne sont pas sales mais que les propres n'existent pas. Il faudrait savoir, elles sont quoi alors ?

    • Basil Bazaroff le 26.05.2011 14:06 Report dénoncer ce commentaire

      @Yuri Orlov

      Comme vous l'avez écrit, il faut des bombes intelligentes et propres qui ne tuent que les adultes méchants pendant les heures d'ouvertures de la guerre et après c'est finit, on fait la paix et les bombes ont leur date de péremption échue, elles sont biodégradables ou recyclables. Hélas, encore une fois, ce sont les 5 membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU qui auront fabriqué et vendu la presque totalité de ces armements. Le but d'une arme ou munition est de tuer, ne pas l'admettre est de la pure hypocrisie ou déni de réalité. Nos politiciens devraient aller le crier l'ONU.

    • Yuri Orlov le 26.05.2011 21:22 Report dénoncer ce commentaire

      @Basil Bazaroff

      Idéalement il ne faudrait pas de guerres, ni de bombes mais si la guerre est inévitable il faudrait au moins éviter les bombes qui rendent un pays inhabitable longtemps après la fin de la guerre (un peu comme les bombes atomiques que les pays du monde entier se sont mis d'accord pour ne pas les utiliser). Le but d'une bombe n'est pas forcément de tuer comme les bombes à sous-munitions mais parfois aussi de mettre hors d'état les installations ennemies. J'ai bien compris que des bombes qui tuent avant tout des enfants ne vous dérangent pas.

  • Basil Bazaroff le 25.05.2011 16:44 Report dénoncer ce commentaire

    C'est pas interdit d'être naifs !

    Les bombes à sous-munitions ne sont pas des bombes sales comme le prétend le sous-titre de l'article, je ne connais même pas des bombes propres. Quant à croire qu'interdire les bombes c'est interdire la guerre et la violence, hélas seuls les naïfs et quelques politiciens font semblant d'y croire. Je ne vais désormais investir que dans des entreprises qui fabriquent des armes éthiques et écologiques. Bienvenus aux pays des bisounours, hélas je ne l'ai pas encore trouvé et je dois vivre dans le monde réél.