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Journée contre le sida
30 novembre 2011 18:54; Act: 01.12.2011 11:31 Print
Un séropositif interdit de service du feu
par Anne-Isabelle Aebli - L’Aide suisse contre le sida dénonce les attitudes discriminatoires à l’égard des séropositifs, notamment dans le milieu professionnel. Freddie*, un jeune Romand, est passé par là. Il témoigne.
Tout ce qu'il reste à Freddie de ses années passées chez les pompiers, ce sont des souvenirs, dont un casque des sapeurs parisiens. (photo: aia)
Les traitements ont beau rendre les risques de contamination extrêmement faibles, voire inexistants, le sida fait toujours peur. A tel point que les personnes vivant avec sont régulièrement victimes de discrimination. C’est ce que dénonce l’Aide suisse contre le sida à l’occasion de la journée mondiale. Elle a déjà recensé 84 cas ces douze derniers mois, en précisant qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg.
Un manque de 7 milliardsPour réaliser les objectifs de la communauté internationale d'ici à 2015 dans la lute contre le sida, il faudrait entre 22 et 24 milliards de dollars par. Actuellement, il en manque sept, ont relevé mercredi l'OMS, UNICEF et l'ONUSIDA. Les fonds reçus sur le plan international ont baisé de 10%.
Sur le front de la lute contre l'épidémie, "des progrès sans précédent ont été accomplis depuis dix ans", explique le Dr Gottfried Hirnschall, directeur du département VIH/sida de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Il est possible de prendre le dessus sur l'épidémie, mais on n'y parviendra qu'en intensifiant les efforts ces dix prochaines années".
Actuellement, seuls 23% des deux millions d'enfants ayant besoin d'une trithérapie la reçoivent. Mille enfants par jour continuent d'être infectés par le VIH, une baisse de 30% par rapport à 2002, mais encore loin de la réduction de 90% souhaitée d'ici 2015. Dans le monde, 34 millions de personnes sont porteuses du virus du sida.
Un pas franchi vers le vaccin
Des chercheurs américains, en utilisant une stratégie analogue à la thérapie génique, ont réussi à protéger des souris contre le virus du sida, avec une seule injection, selon des travaux publiés mercredi dans la revue scientifique britannique Nature.
Cette stratégie a permis d'induire une production permanente d'anticorps neutralisants anti-VIH chez des rongeurs génétiquement modifiés, après une seule injection dans le muscle de la patte des animaux.
La technique repose sur l'utilisation d'un vecteur, en l'occurrence un virus inoffensif (un virus associé à l'adénovirus ou «AAV»), qui transporte les gènes chargés de programmer la fabrication, directement dans le muscle, des anticorps protecteurs, qui ensuite diffusent dans l'organisme.
Etant donné le niveau de protection obtenu, avec ce procédé surnommé «VIP» (pour «vectored immunoprophylaxis»), l'équipe de biologistes de Caltech (Institut de technologie, Californie) dirigée par le prix Nobel David Baltimore, espère pouvoir transposer cette approche chez l'humain.
Cette immunoprophylaxie «VIP» a un effet similaire à celui d'un vaccin mais sans faire travailler le système immunitaire, explique Alejandro Balazs, auteur principal de l'étude dans un communiqué de presse de Caltech.
Schématiquement un vaccin comprend un antigène, une bactérie tuée ou un élément reconnaissable d'un virus, et après injection dans le corps, le système immunitaire apprend à fabriquer des anticorps pour le combattre. Mais cette approche classique n'a jusque là pas permis de mettre au point un vaccin efficace contre le virus du sida.
L'équipe projette de tester cette méthode dans des essais cliniques limités, d'abord pour vérifier s'il est possible d'obtenir une production suffisante d'anticorps au niveau du muscle humain.
«Comme nous savons déjà que les anticorps (utilisés dans l'expérience, ndlr) marchent, mon avis est que si nous pouvons induire la production de suffisamment d'anticorps chez des gens, les chances que la méthode VIP réussisse sont réellement assez élevées», avance Balazs.
Freddie* fait partie de ces séropositifs frappés de discrimination. Ce jeune Romand qui préfère désormais témoigner dans l’anonymat travaille, a différentes activités, des amis. A 20 ans, après quelques péripéties qui auraient pu lui coûter la vie, il choisit d’en sauver et s’engage comme pompier volontaire. Avec passion. Jusqu’à ce qu’une rupture de couple le mette KO.
Il tombe malade, ne peut plus s’alimenter. «Le médecin m’a dit qu’il y avait trois possibilités: le cancer, l’hépatite et le sida.» Le dernier diagnostic se confirme et c’est le choc. «Heureusement, j’ai une amie qui travaille dans le domaine médical et m’a accompagné durant toute cette période. A ce moment, je me voyais mort.»
«Une nouvelle baffe»
Avec le soutien de son entourage, Freddie remontre très vite la pente. Il reprend ses activités après un mois et demi d’arrêt et révèle sa maladie au commandant des pompiers avec qui il entretien une excellente relation. Son infection ne pose aucun problème dans cette activité, attestent différents médecins. «Nous travaillons toujours avec des gants. Lorsque nous intervenons avec des blessés, nous en mettons au moins deux paires, dont une en latex.» Son supérieur lui demande simplement de se manifester s’il ne se sent pas bien.
Pendant une année, la vie poursuit son cours. La séropositivité de Freddie ne l’empêche pas de vivre normalement jusqu’à ce qu’un nouveau commandant reprenne la tête des pompiers. «Peu de temps après, il m’a convoqué. Je pensais qu’il allait me proposer une nouvelle formation ou de monter en grade. Mais il m’a dit qu’à cause de ma maladie, il me mettait en congé jusqu’à la fin de l’année. Et que j’avais interdiction de mettre un pied dans la caserne. Ça a été une nouvelle baffe.»
Ecrit noir sur blanc
Freddie refuse de se laisser faire. Il demande un entretien et se retrouve devant un véritable peloton d’exécution. Dans le PV de cette rencontre, il est question de sa «fragilité», de la «pénibilité» que lui impose sa maladie, le «sida», le tout écrit noir sur blanc.
Pour celui qui vit comme tout le monde, c’en est trop. D’autant plus qu’après ça, ses collègues l’évitent. «Lorsque je les croisais dans la rue, ils regardaient le bout de leurs chaussures ou entraient dans un magasin pour ne pas avoir à me saluer.» Pire encore, durant six mois, il continue à recevoir toutes les alarmes, y compris au milieu de la nuit.
«Partir la tête haute»
Avec le soutien de Sid’Action, Freddie entreprend des démarches pour se faire réintégrer. «Je savais que je donnerais ma démission, mais je voulais partir la tête haute.» Après plusieurs mois et autant de courriers, sa demande est acceptée: «Mais on m’a réintégré tout en bas de l’échelle. Je trouvais déjà l’attitude du nouveau commandant petite, là, elle l’était encore plus.»
L’expérience a été amère. «J’ai dû faire mon deuil des pompiers. Cela m’a pris une année et demie», raconte ce passionné. Dont la nouvelle devise est: «Plus tu te tais, mieux c’est.»
*Prénom d'emprunt.
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Tous les 20 Commentaires























Pompiers: VIH : non et - Alcoolique : ou
Et tous ces pompiers qui passent du temps à boire l'apéro avant/après les exercices/alarmes ils sont pas dangereux eux... Ne me dites pas que cela n'est plus comme ça.... Mon mari est lieutenant... et cela le gonfle assez....
Ric67
Vous n'y comprenez vraiment rien! Et vu leur accoutrement, les pompiers ne risquent rien! Ça me rend triste de voir qu'aujourd'hui des gens sont encore ignorants sur cette maladie!
mais vous ne comprenez pas
il y a un risque de contamination lors de contact avec des blessés. accepteriez vous de vous faire opérer par un chirurgien qui a le sida?
La richesse de sauver l'ignorance!
Si seulement une fois l'ignorance pouvait se renseigner et faire la différence entre un humain séropositif indétectable et un humain atteint du sida cela permettrai de pouvoir au moins se serrer la main! A bon entendeur salut!
FAUX!
Le risque de contamination en pareil cas n'existe que si la personne infectée n'est pas traitée. Ce jeune homme maintenait le virus sous contrôle grâce à son traitement antirétroviral. Il n'était donc pas contagieux. Dans son cas, les gants étaient une mesure de précaution supplémentaire. De trop nombreuses personnes séropositives ne se savent pas infectées, faute d'avoir effectué un dépistage. Elles seraient 5'000 en Suisse à ignorer leur statut sérologique. Votre chirurgien en fait peut-être partie. Ou peut-être vous a-t-il sauvé la vie, grâce à ses compétences et malgré sa séropositivité...