Vertu spéciale

30 mars 2012 12:26; Act: 30.03.2012 12:26 Print

Du thé vert pour éliminer les traces de dopage

par Olivia Fuchs - Les athlètes pourraient cacher l’absorption de testostérone en buvant une simple tasse de thé vert. C'est ce que révèle une étude de l'université Kingston à Londres.

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Floyd Landis aurait peut-être dû boire du thé vert avant de gagner le tour de France en 2006. Son titre lui a été retiré en 2007. Il s'était dopé à la testostérone. (Photo: DR)

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Certains sportifs prennent de la testostérone pour augmenter leur performance physique. Toujours avec le risque de se faire pincer. Des tests effectués dans le laboratoire de l'université Kingston à Londres démontrent que les traces de cette hormone sexuelle masculine peuvent être dissimulées en buvant une tasse de thé vert bien corsé.

Moins de traces dans l'urine

La testostérone est présente dans le corps des hommes mais aussi dans celui des femmes. Il est ainsi difficile de déceler un produit de dopage à base d'hormones. C'est pour cela que les contrôles se focalisent sur la concentration éventuellement anormale de la testostérone par rapport à une autre hormone, l'épitestostérone, présente dans l'urine. Normalement, l'enzyme UGT2B17 lie de l'acide glucuronique à la testostérone. Cette hormone est ainsi décelable dans l'urine. Mais les chercheurs ont découvert que la catéchine, présente dans le thé vert, empêche l'enzyme UGT2B17 de se lier à la testostérone. La conséquence: l'évacuation de l'hormone sexuelle dans l'urine est réduite, écrit vendredi «20 Minuten».

Test supplémentaire

Cette découverte n'inquiète pourtant pas Antidoping Suisse. Les contrôleurs du centre de compétence disposent d'un test supplémentaire permettant de déceler les traces de dopage. En cas de doutes, ils procèdent ainsi à une spectrométrie de masse isotopique. Le hic: le prix élevé de cette procédure. Un contrôle normal d'urine coûte 250 francs. Mais la spectrophotométrie de masse revient à 400 francs.

Depuis plusieurs années, l'agence mondiale d'antidopage (WADA) souhaite introduire un passeport sanguin pour pister les tricheurs. Les athlètes seraient tenus de faire des prises de sang dans des intervalles irréguliers. «Ce passeport n'est pas encore obligatoire. Mais certaines associations sportives l'ont déjà introduit», affirme vendredi le chef de d'Antidoping Suisse, Matthias Kamber.