Soins extra-cantonaux

14 septembre 2017 10:03; Act: 14.09.2017 12:58 Print

Feu vert des Etats sur la participation de l'assuré

Le canton de domicile prendrait en charge les coûts résiduels selon les règles du canton où se situe l'EMS.

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Photo d'illustration. (Photo: Keystone)

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Le canton où réside le patient devra plus souvent financer les soins en EMS fournis hors du canton de domicile et non pris en charge. Le National a fini par donner son feu vert jeudi à une réforme rendue nécessaire pour régler des problèmes de facturation.

Il a tacitement approuvé la proposition de la conférence de conciliation, chargée de régler la bataille entre les Chambres sur le financement résiduel des coûts de soins extracantonaux.

Les ennuis sont apparus dès l'entrée en vigueur du nouveau régime de financement des soins en 2011. La loi prévoit que l'assurance maladie prend en charge un montant dépendant du besoin en soins. L'assuré verse jusqu'à 20% d'un montant maximal fixé par le Conseil fédéral.

Les cantons règlent les coûts résiduels. Mais il n'est pas clairement établi quel canton doit les prendre en charge et les pratiques divergent. Un des problèmes est la question du domicile. Il est compliqué par la distinction entre une entrée volontaire dans un EMS (le lieu devient le nouveau domicile civil) et un placement, considéré comme une entrée forcée.

En 2013, le nombre de séjours extracantonaux s'élevait à 5339, soit 3,6 % du total des clients d'EMS. Mais la proportion varie fortement d'un endroit à l'autre. Seuls 1% des pensionnaires vaudois sont dans un home hors du canton. A Soleure, cette part est de 10%.

Canton de domicile

Le Conseil fédéral n'a pas réussi à régler le problème avec les cantons. Le Parlement l'a donc empoigné lui-même sur la base d'une initiative parlementaire de l'ancienne conseillère aux Etats Christine Egerszegi (PLR/AG).

La révision de la loi sur l'assurance maladie prévoyait au départ que le financement résiduel soit toujours assuré par le canton de domicile, comme c'est le cas pour les prestations complémentaires. La nouvelle réglementation s'appliquera aussi aux soins ambulatoires dispensés dans un autre canton.

Quelque 2000 personnes seraient concernées par ce dernier cas. Le problème est alors moins celui du domicile. Mais des patients paient la facture qu'ils devraient renvoyer au canton, se font rembourser très tard ou écopent au final de la douloureuse.

La solution définitive sera moins claire que pour les prestations complémentaires. Le canton de domicile prendra en charge les coûts résiduels selon les règles du canton où se situe l'EMS, si au moment de l'admission aucune place ne peut être mise à disposition «à proximité» dans le canton de domicile. Les règles du canton où se situe le fournisseur de prestations vaudront aussi pour les soins ambulatoires.

Un an de bataille

Le Parlement a bataillé un an sur le sujet. Le Conseil des Etats avait d'abord stipulé que chaque canton devait définir le montant du financement résiduel selon ses propres règles. Avec le risque que l'argent qu'il verse ne couvre pas toujours les coûts réels et que l'assuré doive tout de même passer à la caisse.

Pour l'éviter, le National avait décidé que le canton de domicile prendrait en charge les coûts résiduels selon les règles du canton où se situe l'EMS. Mais pour le Conseil des Etats, pas question de trop empiéter sur la compétence des cantons. Les sénateurs ont développé leur propre modèle.

La Chambre du peuple a eu peur que cette solution empêche les assurés de choisir leur EMS faute d'argent. Chaque conseil a continué à développer sa propre piste.

(nxp/ats)