Crise avec la Libye

24 septembre 2009 11:05; Act: 25.09.2009 11:13 Print

Les otages transférés dans «un lieu sûr»

Les deux otages ne logent plus à l'ambassade de Suisse à Tripoli. La Libye les aurait transféré dans «un lieu sûr», d'après Hans-Rudolph Merz. Mouammar Kadhafi aurait pris ces mesures, craignant que la Suisse tente de récupérer les otages de force.

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Hans-Rudolf Merz a rencontré Mouammar Kadhafi à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, a confirmé jeudi le Département fédéral des finances (DFF). Le président de la Confédération et le leader libyen ont évoqué «la normalisation des relations bilatérales» durant leur tête-à-tête.

Il a insisté pour que les deux Suisses retenus en Libye soient libérés au plus vite, faisant de leur libération une condition pour une normalisation des relations entre les deux pays.

Deux Suisses transférés

Les deux otages ne logent plus à l'ambassade de Suisse à Tripoli. La Libye aurait transféré les otages dans «un lieu sûr», d'après Hans-Rudolph Merz. Mouammar Kadhafi aurait pris ces mesures, craignant que la Suisse tente de récupérer les otages de force. Le président de la Confédération a assuré au dirigeant libyen que telle n'était pas l'intention de la Suisse.

Durant l'entretien de 40 minutes qui s'est déroulé à l'ambassade de Libye, Hans-Rudolf Merz a exigé le retour immédiat des deux Suisses retenus en Libye» depuis plus d'un an, conformément à ce qui a été promis à la Suisse à plusieurs reprises.

«C'est la condition sine qua non pour remplir l'accord entre la Suisse et la Libye» conclu le 20 août dernier, a-t-il déclaré au 19:30 de la TSR. Selon cet accord, les relations entre les deux pays devaient être rétablies dans les 60 jours, soit d'ici au 18-20 octobre.

«Mais j'attends le retour des deux Suisses bien avant cette échéance», a ajouté le président de la Confédération, qui a qualifié l'entretien de «chaleureux». Le chef de la révolution libyenne a assuré le président de la Confédération qu'il s'engageait personnellement dans cette affaire.

M. Merz avait précisé plus tôt dans la journée qu'il ne s'agissait pas «d'une rencontre décisive». Les deux parties vont «poursuivre» les efforts «pour résoudre» la crise entre les deux pays. Et le conseiller fédéral de poursuivre: «Je crois qu'à la fin, on fera la paix même si cela requiert un peu plus d'énergie que ce que j'avais pensé au début».

Promesse pas tenue

Mouammar Kadhafi participe à l'Assemblée générale de l'ONU pour la première fois en 40 ans de pouvoir. Dans ce contexte, les spéculations allaient bon train ces derniers jours sur un possible entretien entre MM. Merz et Kadhafi en marge de ce grand rendez-vous.

Les relations entre la Suisse et la Libye sont tendues depuis l'arrestation de l'un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, en juillet 2008 à Genève. M. Merz s'était rendu en visite surprise à Tripoli en août dernier, sans pouvoir rencontrer le colonel en personne. Il avait à cette occasion présenté des excuses concernant les circonstances de l'arrestation d'Hannibal.

Le président de la Confédération avait alors annoncé avoir reçu la promesse que les deux Suisses retenus à Tripoli dans le cadre de cette affaire seraient de retour chez eu avant le 1er septembre. Une promesse non tenue par les autorités libyennes.

Plainte suspendue

La rencontre à New York est intervenue alors que la procédure concernant la plainte libyenne déposée en avril dernier contre les autorités genevoises a été suspendue à la requête de toutes les parties. Une audience aurait dû avoir lieu jeudi devant le Tribunal de Première instance à Genève.

La Libye, les époux Hannibal et Aline Kadhafi et l'Etat de Genève ont demandé cette suspension, a indiqué Patrick Becker, secrétaire adjoint du pouvoir judiciaire. Il n'a pas pu préciser si cette suspension était liée à la mise sur pied du tribunal arbitral.

Le couple réclame 475 000 francs pour dommage matériel et 50 000 francs pour tort moral. La plainte évoque la disproportion des moyens engagés par la police genevoise pour arrêter le couple Kadhafi, la violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et le montant trop élevé de la caution (500 000 francs).

Hannibal Kadhafi et sa femme Aline, alors enceinte, avaient été arrêtés dans l'hôtel où ils logeaient après avoir fait l'objet d'une plainte pour maltraitance de deux de leurs domestiques. Le fils du colonel Kadhafi avait passé deux nuits en prison.

(maf/ats)