Crise économique

17 juillet 2009 07:50; Act: 09.09.2009 11:09 Print

Ils vendent leurs bijoux pour faire faceIls vendent leurs bijoux pour faire face

En période de crise, la vente ou la mise en gage de ses biens constitue souvent une solution temporaire pour boucler les fins de mois.

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Si le phénomène n'a pas encore explosé, il se fait déjà ressentir. Et de manière surprenante chez des gens plutôt fortunés.

Administrateur de l'un des trois monts-de-piété existants en Suisse, la Caisse publique genevoise de prêts sur gages, Jean Métrailler a constaté au cours des derniers mois une hausse des prêts importants. Ils sont contractés par des personnes disposant d'une certaine fortune mais qui font face momentanément à des difficultés de liquidité, parce que, suppute-t-il, elles ne souhaitent pas vendre leurs positions en bourse.

Ces personnes déposent auprès de l'institution genevoise principalement des bijoux et montres de grande valeur et obtiennent en échange un prêt qui peut se monter jusqu'à 20'000 francs. La somme correspond à 10% de la valeur à neuf de l'objet, précise M. Métrailler.

A Lugano, Giovanni Santoro, directeur de l'Istituto prestiti su pegno, fait le même constat. Le nombre de personnes plutôt fortunées à avoir recours aux services de son mont-de-piété, qui accorde des prêts pour plus d'un million de francs au total chaque mois, a augmenté entre 30 et 40% au cours des sept derniers mois.

Bientôt tout le monde

«Contrairement à ce qu'on aurait pu attendre», ce ne sont donc pas les gens de modeste condition qui ont davantage recours aux prêts en cette période de crise, se réjouit M. Métrailler. Mais la situation peut rapidement changer et lorsque ce sera le cas, «c'est que ça ira vraiment mal».

Un avis que partage Urs Lusti, directeur de la caisse de prêt affiliée à la Banque cantonale zurichoise. Il s'attend à ce que ses «clients», déjà plusieurs douzaines par jour, soient de plus en plus nombreux au cours des prochains mois, lorsque les premières victimes de la crise n'auront plus droit au chômage.

«On vient chez nous en dernier recours», lorsque tous les autres moyens ont été utilisés, relèvent les trois responsables. Pour l'heure, et contrairement à ses homologues genevois et luganais, M. Lusti n'a toutefois pas constaté de hausse d'un type particulier de clientèle.

Vente d'or en hausse

La vente directe de bijoux est également en plein essor. Yves Rochat, patron de la plate-forme de rachat bijouxor.ch, constate une hausse de ses activités. «On voit arriver des gens avec un demi kilo de bijoux haut de gamme», raconte-t-il.

Si un lien avec la crise est probable, il note aussi que vendre ses bijoux ou l'argenterie héritée de la grand-mère est devenu de manière générale plus courant. En raison de changements sociaux mais aussi d'une «médiatisation du sujet» et de l'envolée des prix des matériaux précieux.

Le kilo d'or, qui atteignait les 12'000 francs à la fin des années 1990, se négocie aujourd'hui autour des 32'000 francs. Vendre les bijoux que l'on ne porte plus est devenu plus rentable, ce qui a créé un marché, explique M. Rochat, qui rachète à 19,50 francs le gramme d'or 18 carrats, soit 19'500 francs le kilo. Les montants de ses achats varient entre 200 et 17'000 francs.

Occasions recherchées

Installé à Engwilen dans le canton de Thurgovie, Peter Hagen est prêt à racheter à peu près tout ce qu'on lui propose, des bijoux aux voitures. Lui aussi a constaté au cours des derniers mois une hausse des offres qui lui parviennent, mais «c'est souvent de la marchandise de mauvaise qualité».

«Les gens qui avaient l'habitude d'acheter tous les six mois le dernier cri en matière de télévision et de revendre l'ancienne attendent désormais», remarque Gilles Gétaz, propriétaire des magasins «speedy-cash», présents à Berne, Bienne et Neuchâtel. La marchandise vendue dans ses commerces est donc de moins bonne qualité mais ce phénomène est compensé par une hausse du nombre de personnes à la recherche d'occasions.
Note aux rédactions: encadré suit

(ats)

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  • Robert le 17.07.2009 14:03 Report dénoncer ce commentaire

    Ouais !!!

    Vendez votre or et pas ceux des autres !!!! Cambriolages en hausse ???!!!!!

  • Bijoutier serein le 17.07.2009 11:39 Report dénoncer ce commentaire

    La faim justifie tous les moyens !

    Avant de vendre le sentimental à vil prix, réfléchissez ! Les sentiments sont supérieurs à la monnaie. Aimer, c'est aussi conserver et chérir.

  • Gentilcitoyenmouton le 17.07.2009 09:43 Report dénoncer ce commentaire

    Retour...

    C'est le grand retour en arrière avec son troc, ses petits arrangements, ses puissants et leurs dîmes, ses bandits de grands chemin, ses duels, sa misère, sa famine et pour finir sa révolution et ses executions publiques pour remettre les choses à niveau.