Suisse

30 janvier 2018 16:03; Act: 30.01.2018 17:03 Print

L'UDC part en guerre contre la libre circulation

Le parti agrarien souhaite renégocier, voire annuler l'accord de libre circulation des personnes avec l'UE au moyen de son initiative «Pour une immigration modérée».

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L'initiative doit récolter 100'000 signatures d'ici juillet 2019. (Photo: Keystone)

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L'UDC a accusé mardi les syndicats d'être les grands gagnants de la libre circulation des personnes avec l'UE, grâce aux mesures d'accompagnement. Elle veut donc la renégocier, ou même l'abroger, et mettre un terme aux mesures d'accompagnement.

Avec son initiative «Pour une immigration modérée», le parti espère redonner à la Suisse les moyens de gérer et de limiter de manière autonome l'immigration en tenant compte des besoins d'un marché du travail libéral et de la main-d'oeuvre disponible sur place.

Marché du travail libéral

Le marché du travail libéral est traditionnellement une des grandes forces de l'économie suisse, avec des rapports de travail autrefois réglés souplement, une influence de l'Etat et des syndicats beaucoup plus faible que dans d'autres Etats européens, souligne l'UDC.

Depuis l'introduction de la libre circulation des personnes, la quote-part des étrangers a passé de 20 à 25%. Le chômage des étrangers est deux fois plus élevé que chez les Suisses, les branches connaissant une immigration forte affichent le chômage le plus important chez les étrangers, ont souligné les intervenants dans leur analyse des effets de la libre circulation sur le marché du travail.

Le pouvoir des syndicats

Pour éviter une pression sur les salaires suisses, la gauche a réussi à imposer les mesures d'accompagnement, entraînant un lourd appareil de surveillance de l'Etat, un pouvoir disproportionné des syndicats et des conventions collectives de travail (CCT) imposant des salaires et conditions de travail «suisses», dénonce l'UDC.

Le parti estime que ce sont donc les syndicats les principaux profiteurs de la situation, alors que leurs effectifs ont baissé. Et d'accuser: « les CCT apportent aux syndicats non seulement de l'influence et du pouvoir, mais aussi beaucoup d'argent. Elles fonctionnent comme des 'pompes à fric' pour les caisses syndicales».

L'UDC veut empêcher que les quorums pour la déclaration de force obligatoire de CCT soient abaissés et que leur validité soit étendue au-delà d'une branche. Les représentants des salariés autres que les syndicats doivent être renforcés. Enfin, l'UDC voudrait que l'on examine la possibilité d'étendre le droit des cartels au marché du travail.

(nxp/ats)