Votation du 26 septembre

12 août 2010 08:05; Act: 09.09.2010 13:31 Print

L'aide sociale submergée en cas de ouiL'aide sociale submergée en cas de oui

Si les citoyens suisses acceptent la révision de l'assurance chômage le 26 septembre, le transfert des charges vers l'aide sociale atteindra jusqu'à 100 millions de francs.

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Genève, Neuchâtel, Vaud ou encore Bâle-Ville sentiront tout particulièrement passer la pilule en cas de réduction des prestations, a indiqué à l'ATS Dorothee Guggisberg, secrétaire générale de la Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS). Leurs services sociaux devront en effet faire face à un afflux de personnes qui, n'ayant plus droit à des indemnités chômage, se trouveront dans une situation précaire.

Dans le canton de Neuchâtel, qui affichait en juillet un taux de chômage de 6,1%, le transfert de charges est estimé à quelque 4 millions de francs au maximum, selon sa ministre des affaires sociales Gisèle Ory. Anticipant un oui le 26 septembre, la conseillère d'Etat a déjà prévu une augmentation de 10 à 13% des dépenses pour l'aide sociale dans le budget cantonal 2011.

Comme son homologue neuchâteloise, le Jurassien Philippe Receveur se prépare à affronter «un transfert de charges inéluctable». Dans ce canton, dont le pourcentage de chômeurs était de 5,3% en juillet, l'attention sera portée sur l'amélioration de la formation des «working poors» et la multiplication des programmes de réinsertion professionnelle.

Stratégie en trois piliers

Le gouvernement vaudois lutte déjà contre l'explosion des charges de l'aide sociale, grâce à trois piliers: l'insertion professionnelle des jeunes, une rente-pont pour chômeurs âgés et les prestations complémentaires pour familles.

Mais, avec les effets de la crise et une acceptation de la révision de la loi sur l'assurance chômage, cette stratégie ne parviendra même pas à compenser l'augmentation des charges, déplore le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard, aux commandes de l'action sociale.

Dans son canton, où le taux de chômage était chiffré à 5,3% en juillet, le report sur l'aide sociale a été devisé entre 10 et 15 millions de francs. Un impact certes lourd, mais qui est le «moindre de deux maux», nuance Jean-Claude Mermoud, le ministre de l'économie. «En poursuivant sa politique actuelle de réinsertion», Vaud devrait pouvoir limiter les dégâts, selon lui.

Alors que Genève affiche le taux de chômage le plus élevé de Suisse (6,9%), le secrétaire général adjoint de son département de la solidarité affiche la même sérénité que M. Mermoud. «Genève dispose déjà d'un important budget pour la réinsertion des chômeurs», ce qui devrait réduire l'impact pour le canton, «estimé a priori» à 10 millions de francs, selon Bernard Favre.

Yo-yo lourd de conséquences

Du côté de Berne, pourtant moins touché par le chômage que la moyenne nationale (2,9% contre 3,6%), c'est la grogne: «une fois de plus, on lance la patate chaude aux cantons», tonne le chef du gouvernement Philippe Perrenoud. Selon le ministre de la prévoyance sociale, il est temps d'harmoniser par une loi-cadre les mécanismes d'aide, afin d'éviter que les personnes en difficulté ne passent sans cesse de l'un à l'autre.

Un yo-yo entre assurance chômage et aide sociale qui peut avoir un second impact financier, indirect celui-ci: «un chômeur à l'aide sociale est stigmatisé et a encore moins de chances de retrouver un emploi», rappelle Regula Heggli, responsable de la politique sociale chez Caritas Suisse.

Le Conseil fédéral admet dans son argumentaire que la réduction des prestations de l'assurance chômage est susceptible d'entraîner une hausse des demandes d'aide sociale. Il précise néanmoins que les coûts supplémentaires entraînés pour les cantons et les communes devraient diminuer par la suite.

(ats)

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  • manu rodriguez le 12.08.2010 21:19 Report dénoncer ce commentaire

    stop frontaliers

    je travaille dans un commerce du centre ville et 80% sont frontaliers... ma femme a demandé du travail et ils ont refusé, à sa place ils ont engagé une femme frontalière.......sans avoir jamais travaillé dans la vente.... quelle injustice, je suis degouté de les entreprises à Genève.

  • Angélique le 12.08.2010 19:56 Report dénoncer ce commentaire

    Frontaliers/Chômage

    Etant déjà au chômage, on va avoir un sacré souci à l'aide social! Quand au canton qui engage des frontaliers nuance c'est les entreprises! Celles-ci n'ont aucune obligation d'engager des Suisses!! Faudrait déjà sonner l'alarme et obliger les entreprises à engager des Suisses avant des frontalier et ça résoudrait déjà un problème! Je m'attend au pire avec cette réforme!!!

  • Morgarten le 12.08.2010 15:34 Report dénoncer ce commentaire

    Cantons responsables ?

    Faudrait déjà voir comment les OCE de ces cantons fonctionnent (mal ou pas du tout) et comment ces cantons gèrent et contrôlent leur immigration. Ensuite faudra bien que quelqu'un paie, mais il semble assez juste que les cantons responsables assument leur laxisme, magouilles et copinages. ABE.

    • Suzi le 13.08.2010 07:27 Report dénoncer ce commentaire

      vous oubliez que ce sont les citoyens de

      ces mêmes cantons qui en font les frais. votre raisonnement, c'est l'histoire du serpent qui se mord la queue. L'erreur vient, aussi, du CF qui négocie les accords et qui, à chaque votation sur le sujet, manipule les électeurs en leur faisant du chantage. Si vous ne dites pas oui, il se passera cela... Mais, au final, rien ne le prouve et trop de gens se laissent influencer au lieu de réfléchir!