A peine sorti de prison...

11 novembre 2017 13:52; Act: 12.11.2017 22:22 Print

L'éco-terroriste grison prône le «combat armé»

Marco Camenisch, condamné en 2007 pour l'assassinat d'un douanier, se trouve en liberté conditionnelle depuis mars. Mais une récente interview le montre: il aime toujours la violence.

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Le sexagénaire aura fini de purger sa peine régulière en mai 2018. (Photo: Keystone)

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Surnommé le terroriste écologique ou l'éco-terroriste, Marco Camenisch, 65 ans, a commencé sa carrière criminelle en dynamitant des pylônes à haute tension dans les Grisons à la fin des années 70. Il a été condamné en 2007 pour l'assassinat d'un douanier, en 1989 à Brusio (GR), alors qu'il était en fuite. Rattrapé deux ans plus tard, le sexagénaire, qui a toujours nié les faits, se trouve en liberté conditionnelle depuis mars de cette année.

Comme le révèlent vendredi nos collègues de «20 Minuten», Marco Camenisch semble toujours prôner la violence. Dans une interview accordée au groupement d'extrême gauche Revolutionerer Aufbau Schweiz, il parle à plusieurs reprises de «combat armé». «La société est en guerre et le combat armé est un moyen pour lutter contre la paralysie sociétale et briser la peur.»

«Poison du pacifisme»

Le Grison affirme par ailleurs: «Dans la lutte contre le système, qui ne recule ni devant le génocide ni devant toute autre infamie, il manque la chose la plus importante s'il n'existe aucune organisation armée.» Plus loin dans l'entretien, Marco Camenisch compare par ailleurs la «résistance pacifique» à du «poison du pacifisme».

Le sexagénaire semble également s'adresser directement aux jeunes générations d’extrémistes de gauche: «Tant que tu attaques l'Etat, tu ne seras pas la personne que l'on recherche, mais lui. Tu te bats contre lui parce que tu n'as plus peur de lui.» Il ajoute: «Lorsque tu luttes contre cette société, contre l'esclavage et contre la soumission, alors le combat armé est la plus haute expression de ce combat.»

Une société soi-disant totalitaire

Le psychothérapeute Adrian Oertli, ancien extrémiste de gauche et aujourd'hui expert de cette scène, explique à «20 Minuten»: «Le degré de dangerosité de Camenisch est étroitement lié aux structures d'extrême gauche, dont il dépend. Je dirais qu'il se trouve actuellement au niveau des dégâts matériels.»

Et en ce qui concerne ses déclarations, l'expert souligne: «Il parle comme un combattant qui lutte contre une société soi-disant totalitaire.» Adrian Oertli rappelle que lors de sa détention en prison, Camenisch a été isolé de la société et qu'il a d'autant plus été exposé aux manipulations des quelques rares visiteurs d'extrême gauche, qui lui ont rendu visite durant tout ce temps.

Une argumentation proche de celle des sympathisants de l'EI

Adrian Oertli note également qu'avant, l'éco-terroriste parlait comme un anarchiste, mais que désormais, il s'exprime comme un communiste. «On dirait que ses amis d'extrême gauche lui ont fait subir un lavage du cerveau.» Et d'ajouter: «Son argumentation se différencie que très peu de celle d'un sympathisant du groupe Etat islamique. Il s'agit des mêmes mécanismes et des mêmes justifications de la violence.»

Les tentatives de nos collègues de «20 Minuten» pour joindre l'avocat de l'éco-terroriste, Bernard Rambert, sont restées vaines.

(ofu/ats)