Suisse

17 juillet 2017 09:47; Act: 18.07.2017 06:39 Print

L'immigration européenne au plus bas

par Pascal Schmuck, Zurich - Le nombre d'Européens venus travailler en Suisse dépasse à peine les 15'000 personnes sur six mois. La tendance baissière se poursuit.

storybild

De nombreux professionnels roumains et bulgares de la santé seraient intéressés à venir travailler en Suisse. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Le nombre d'Européens choisissant de venir travailler en Suisse a atteint 15'033 personnes lors de six premiers mois de l'année en cours. Il s'agit du chiffre le plus faible depuis l'introduction complète de la libre-circulation en 2007, explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 17 juillet 2017.

Ces chiffres se basent sur les statistiques que s'apprête à publier le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM). On est loin des 39'743 entrées enregistrées en 2008. Un constat s'impose: l'immigration européenne en Suisse ne cesse de reculer depuis 2013, lorsqu'elle atteignait encore un peu plus de 30'000 personnes.

Moins d'Européens du nord et du sud

Plusieurs raisons expliquent cette décrue. La situation de nombreux pays européens s'est améliorée ces dernières années. «L'économie allemande se porte très bien et celles de l'Espagne et du Portugal relèvent la tête», souligne Jan-Egbert Sturm du centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'EPFZ.

L'immigration en Suisse lors du premier semestre

Le nombre d'Espagnols et de Portugais venus en Suisse pour trouver du travail a ainsi chuté respectivement de 41% et de 72% en 2016 déjà. En outre, le marché suisse de l'emploi se développe plus lentement, en raison de la force du franc.

«L'immigration en Suisse est principalement le fait des entreprises suisses à la recherche de main d'oeuvre», confirme George Sheldon, professeur émérite en économie du marché du travail.

Roumains et Bulgares

La provenance de ces travailleurs a fortement évolué, comme le montre un rapport récent du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). En 2008, l'Allemagne fournissait le principal contingent avec 29'000 personnes, ce qui représentait plus des deux tiers des ressortissants européens arrivés sur le territoire national cette année.

Ce sont ensuite les Européens des pays du sud qui ont pris la relève, principalement des Espagnols, des Portugais et des Italiens. Et toujours principalement des personnes hautement qualifiées comme des architectes ou des ingénieurs. Désormais l'immigration arrivant des pays de l'est de l'Europe s'est sensiblement accrue. Roumains et Bulgares montrent un intérêt accru pour le marché du travail suisse.

Clause de sauvegarde

Et pour cause: ils bénéficient depuis juin 2016 de la libre-circulation des personnes. Ce qui s'est traduit l'année passée par une immigration nette de 3400 personnes, en hausse de 126%. Le Conseil fédéral a donc choisi d'activer la clause de sauvegarde en mai 2017 pour freiner cet engouement.

La plupart des migrants venant de ces pays affichent également un niveau de qualification élevé. Mais cet exode de cerveaux se fait ressentir dans leurs pays d'origine. Selon une étude de l'Université d'Aarhus au Danemark, près de 14'000 médecins ont cherché à travailler à l'étranger après l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne en 2007.

En Bulgarie, près de trois millions de personnes ont quitté le pays entre 1992 et 2015 à la recherche d'une vie meilleure, selon le quotidien bulgare «24 Chasa». Sur une population estimée de 7,2 millions de personnes.

(nxp)