Une info à nous transmettre? Une histoire à nous raconter? Ecrivez-nous à
web@20minutes.ch 
Saint-Gall
15 août 2010 22:33; Act: 15.08.2010 21:26 Print
L’interdiction du voile à l’école fait tache d’huile
La mesure, adoptée dans dix communes, pourrait provoquer un verdict judiciaire sur le plan national.
Le Tribunal fédéral devra certainement se prononcer sur la place du voile en classe. (photo: AFP)
Wil, Rorschach et Bad Ragaz font partie des dix communes saint-galloises qui ont inscrit l’interdiction du port du voile dans leurs règlements scolaires, selon les informations du journal «Sonntag».
Une écolière musulmane fait de la résistanceEnisa C., 15 ans, écolière à Bad Ragaz, continue de porter le voile malgré l’interdiction. «C’est un devoir religieux que de porter le foulard. J’irai ainsi au paradis», a-t-elle confié au journal «Sonntag». «Le fait qu’aujourd’hui, une jeune écolière décide de porter le voile de son propre chef me paraît difficile, estime Hafid Ouardiri, directeur de la Fondation de l’Entre-Connaissance. Il y a certainement des extrémistes religieux ou politiques qui instrumentalisent cette fille.»
A Rorschach, le voile islamique n’est interdit que pendant l’école primaire. D’autres communes saint-galloises autorisent le port du voile à titre exceptionnel, dès lors que les écolières sont non seulement croyantes, mais aussi pratiquantes. Dans le chef-lieu du canton, par exemple, on dénombre cinq musulmanes portant le foulard à l’école. «Il y a quelques situations dans lesquelles le foulard est autorisé, explique la conseillère municipale Barbara Eberhard. Il faut pour cela que la fille le porte de son plein gré.»
L’interdiction recommandée par le conseil scolaire saint-gallois pourrait déboucher sur une décision au plan national. Le Conseil central islamique suisse, en effet, songe à recourir auprès du Tribunal fédéral. Selon Paul Bollhalder, membre du conseil scolaire, c’était l’objectif visé en demandant la prohibition: «Nous voulons délibérément provoquer une décision judiciaire qui serait valable dans toute la Suisse. Beaucoup de communes sont inquiètes; il est aujourd’hui nécessaire d’obtenir enfin une réglementation nationale.»
(bpi)




















