Suisse

13 septembre 2013 14:31; Act: 13.09.2013 14:31 Print

La «ligne de coeur» pour paysans cartonne

par Désirée Pomper/dmz - Divorces, solitude, idées suicidaires. La ligne téléphonique d'aide aux paysans n'arrête pas de sonner. Les associations d'agriculteurs veulent agir.

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Avec une vie bercée par 365 jours de travail par an, peu de temps pour le couple et des problèmes relationnels, les paysannes suisses sont de plus en plus nombreuses à quitter la vie à la ferme. Silvia Hohl, du Centre agricole du canton de Saint-Gall, dirige le groupe de recherche sur les femmes séparées ou divorcées du monde paysan de Suisse orientale. Elle estime que le nombre de divorces a doublé au cours des dernières années.

«Beaucoup d'agricultrices entre 40 et 50 ans en ont assez», déclare-t-elle. Les sacrifices induits par leur travail et les conflits avec les beaux-parents, qui souvent vivent aussi dans l'exploitation ne leur sont plus supportables. «Les paysannes ont souvent une autre formation et n'hésitent plus à tenter leur chance seules, surtout quand les enfants quittent le foyer familial.»

Les hommes solitaires

Du coup, les agriculteurs se retrouvent seuls aux commandes de leurs fermes. Pas étonnant que la ligne d'aide téléphonique aux paysans soit très sollicitée. «Les appels sont toujours plus longs et préoccupants», explique une conseillère de «Portes ouvertes en cas d'urgence», centre de soutien aux travailleurs de la terre de Suisse centrale.

Dans presque la moitié des cas, les appels concernent des problèmes amoureux. Le fait est que les moeurs ont beaucoup évolué: «Les jeunes paysannes décident davantage par elles-mêmes que par le passé. Elles ne supportent plus d'être commandées par leurs belles-mères.» En outre, de nombreux couples travaillent à n'en plus pouvoir et leur vie intime passe à la trappe. La conseillère est néanmoins étonnée de la rapidité avec laquelle les femmes jettent l'éponge. Avec des conséquences parfois désastreuses: dans les fermes, les femmes sont souvent responsables de la comptabilité et de l'administration. Quand elle quitte son mari, elle ne lui laisse pas seulement plus de travail, mais elle le plonge aussi dans l'embarras financier.

Le problèmes avec les femmes de l'étranger sont aussi plus fréquents. Un agriculteur lucernois a notamment été escroqué de 6000 francs par une femme à qui il payé des soins dentaires et dont il attend toujours le retour, a rapporté la «Zentralschweiz am Sonntag». Autre exemple, une ressortissante de l'est de l'Europe a pris la poudre d'escampette après qu'un fermier tombé sous son charme lui a payé une formation très coûteuse.

Un problème reconnu

Markus Ritter, président de l'Union suisse des paysans (USP), reconnaît que le nombre de cas rapportés d'agriculteurs au bout du rouleau est en augmentation. Les cas de suicide sont aussi en hausse, ce qui pousse Markus Rieder à chercher des solutions: «Nous sommes conscients qu'il y a des difficultés et nous souhaitons agir», déclare le conseiller national PDC. Aucune statistique officielle ne permet toutefois de chiffrer précisément le phénomène.

Jeudi prochain, le comité de l'USP se réunira afin de définir ses mots d'ordre à propos de la politique agricole 2018-2021. Les problèmes sociaux seront largement abordés. Markus Ritter souhaite mettre en place une stratégie de prévention. «Il faut aider les paysans à organiser leur vie de manière à ce qu'ils aient du temps pour leur vie de couple, leur vie sociale et les loisirs. La seule façon de s'en sortir, c'est de trouver un équilibre.» Jacques Bourgeois, directeur de l'USP, ajoute qu'«améliorer la situation économique et sociale des agriculteurs réduira les risques de geste fatal.»

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