Franc fort

07 août 2011 12:38; Act: 07.08.2011 15:15 Print

La crainte d'une hausse du chômage plane

Le franc fort et les incertitudes qui planent sur l'économie mondiale ne devraient pas rester sans conséquence sur le marché du travail en Suisse. Les autorités et le patronat craignent une hausse du chômage dans les mois à venir.

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Serge Gaillard, responsable de la Direction du travail au SECO. (Photo: Keystone)

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«Si le taux de change reste à ce niveau, nous devons prévoir un grand nombre de délocalisations et des licenciements, principalement dans l'industrie des machines», a indiqué Serge Gaillard, responsable de la Direction du travail au Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), dans la «NZZ am Sonntag».

«Les effets négatifs se feront également sentir dans le tourisme et les banques, soit dans toutes les branches qui sont exposées à la concurrence internationale», a précisé M. Gaillard.

Suisse plus chère

Le SECO tablait déjà sur une hausse du chômage à partir de l'automne lorsque l'euro se situait entre 1,20 et 1,30 franc. Entre-temps, la monnaie unique européenne est passée sous la barre de 1,10 franc. Une telle évolution du taux de change n'est pas sans «graves conséquences pour l'économie suisse», selon Serge Gaillard.

En l'espace de 18 mois, la Suisse est devenue plus chère de nettement plus de 20% rien qu'à cause des taux de change. «Ça a le même effet sur l'économie, que si les salaires avaient été augmentés de plus de 20%», a-t-il expliqué.

Paquet de mesures

Selon le président d'economiesuisse Gerold Bührer, il ne faut pas faire de l'interventionnisme à court terme, mais prendre des mesures à long terme qui renforcent la croissance. Il cite notamment des allégements fiscaux et la poursuite de l'ouverture des marchés par le biais d'accords de libre-échange.

La situation des entreprises varie fortement, constate pour sa part le nouveau président de l'Union patronale suisse Valentin Vogt. «Il y en a qui vont très bien et qui ont de bonnes perspectives pour l'avenir, et d'autres dont l'existence est menacée», a-t-il indiqué dans «Der Sonntag».

(ats)